Juvénal, Sat. iii, 247, et xvi
mSTOTIlE nu COSTUME
lies souliers dits « à la ponlainc », de dimensions si exagérées qne leur exlrémité devait se rallaclier au genou. La manie de réglemcnlalion propre aux sociétés aristocraliques, jalouses des plus puérils privilèges, fit déterminer la longueur que ])Ourraient avoir les chaussures, d’après rim[)ortance des gens. Les simples chevaliers ne devaient pas excéder un pied et demi ; les grands barons pouvaient aller jusqu’à deux pieds ; les princes seuls avaient droit d’atteindre deux pieds et demi. Les roturiers étaient tenus de se chausser à la mesure de leur pied et du sens commun. De là vient notre locution proverbiale « vivre sur un grand pied ' ». ()uand on fut las de celle mode exlnivavagantc, une ordonnance de Charles le Sage, en date du 10 octobre i3G8, la déclara « utie dinbrmité imaginée en dérision de Dieu et de sa sainic église’ ». Toutefois, il est si dillicile à la bizarrerie humaine d’être originale et d’innover réellement, (pi’on a, dans les temps anciens, des exemples de souliers longs et recourbés par la ])ointe, tels qu’étaient ceux dont nous venons de parler. L’archéologie eu signale d’analogues à Home®, chez les Etrusques et jusqu’en l'igyple. — Mentionnons, comme plus extraordinaire encore, la coutume chinoise de mettre, par une compression systématique, les j)iods des femmes à la torture pour en exagérer la jietitessc, même au prix d’une dilTormité voulue qui enqiêchc de marcher. Mais peut-être ce (pie nous prenons pour une recherche de lausse esthétique u’a-t-il été, dans le principe, qu’un calcul de maris jaloux.
Le troisième type de chaussure, en forme de soulier plus haut et couvrant le has de la jamhe, est la bolle ou bottine, dont le nom dérive du celtif[ue bot, pied. Cette forme, également ancienne, convenait mieux que le soulier découvert pour des usages spéciaux. Le cothurne et le brode<[iiin des Grecs étaient des sortes de bottines L Le premier avait été primitivement une chaussure de chasseurs qui, exposes a marcher dans les liallicis,