Uich, DicUonn. d'anliq., v. cateeus, calccolus
cnAussrnES et ga>ts
iiéfaslc lui faisait, dit Suclonc, perdre contenance Los Romains n’ignoraient pas l’artifice des talons hauts, à l’usage des petits hommes désireux de faire paraître leur taille moins exiguë. Auguste, rapporte encore Suétone, avait recours à cette supercherie V On avait aussi coutume, comme de nos jours, de garnir de clous les semelles épaisses dos souliers forts, afin d’en prolonger la durée''. On en a trouvé la preuve sur des hrirpies romaines où lotir em|)rcinte est restée gra\ée. Les chaussures militaires étaient ainsi munies de clous, et Juvénal plaint le malheureux sur le [>ied duquel un soldat a maladroitement posé .son soulier ferré Solon les lois de Lycurgue, les jeunes Spartiates, élevés pieds nus, ne devaient prendre do chaussures que lorsqu’ils étaient en état de [lortcr les armes__; mais la semelle de plomb que le législateur ordonnait d’y ajouter, afin d’endurcir les marcheurs à la fatigue, n’était pas pour mettre les cordonniers on vogue. Jlome, on vit pourtant de sots \aniteux, prenant excni[)le sur les mules de rinqiératrico l’oppée, s'assujettir à traîner, comme le boulet de ro|)ulence, des semelles d’or et d'argent. Ihufois les chaussures de luxe étaient ornées de pierres précieuses et de riches broderies. Saint Jcan-Chryso.stome déclaïue avec véhémence contre cette mode. dos souliers hmdés. Il reproche aux femmes leurs souliers « noirs, luisants, terminés en pointe », sans dire comment il aurait désiré qu’ils lussent pour leur trouver un aspect honnête.
-\u \vi“ siècle, nos pères qui, comme les Anglais de nos jours, iaisaient cas des pieds « utiles », on estimaient surtout’ la longueur. A raison de cet avantage dont elle était largement douée, la reine lîerthe « aux grands pieds », femme du roi Robert, a joui dans l’iiistoire d’une célébrité légendaire que ne lui envient guère nos modernes élégantes, dont la prétention est d’avoir des extrémités d’une petitesse impossible. A l’époque où de longs pieds passaient pour une beauté, on fut naturellement conduit à exagérer cet agrément par artifice, et l’on fit
1. Suétone, Aiigiiate, 90, -gi, 92; Pline, //isl. nat., II, 7.