Vopisque, Aurélien, f
(5. Gargantua, i3.
ACCESSOIRES DU COSTUME
l’emploi des mouchoirs de poche était assez commun dans la bonne compagnie pour que Montaigne déclare « très ennemie de notre usage » la coutume de se moucher avec les doigts, et cite comme singulière, quoique selon lui philosophique, la répugnance d’un gentilhomme de ses amis à suivre l’usage nouveau*. En 1594, Henri IV, plus habitué aux privations de la vie des camps qu’à la délicatesse des cours, n’avait, dit l’Estoile, que cinq mouchoirs' et s’en passait au besoin. La princesse palatine écrit de Saint-Cloud, le 27 juin 1697 : « Il faut que ce soit la grande mode à Moscou de se moucher avec les doigts, car le (Pierre le Grand) le fait également; cela économise des mouchoirs. » Cette singularité était remarquée, même en Allemagne, lors du premier voyage du czar Pierre en Europe. Cet accessoii’e, tenu maintenant pour indispensable, s’est généralisé dans toutes les classes de la population ; mais les pays étrangers à la civilisation européenne continuent d’en ignorer 1 usage. Les Japonais se munissent, en place de mouchoirs, de petits carrés de papier soyeux, tenus enroulés dans un pli du vêtement, et qu’on jette à mesure qu’on s’en est servi L
Dans les régions où l’ardeur de l’atmosphère fait sentir l’agrément d une brise rafraîchissante, on a eu recours, de temps immémorial, à des éventails plus ou moins rudimentaires. Les peuples sauvages savent très bien utiliser dans ce but un rameau d’arbre, une feuille large ou plus simplement la main. Plus tard, on imagina de petits objets qui remplirent la même fonction d une manière plus efficace. En Chine, l’emploi d’éventails est constaté par les annalistes sous le règne de Wou-Wang, fondateur de la dynastie des Tchéou, en ii34 avant notre ère. Les figurations égyptiennes, les bas-reliefs égyptiens et les vases italo-grecs nous montrent des modèles variés d’éventails. Dans ces représentations, les rois paraissent rarement sans être accompagnés d’un suivant qui porte l’indispensable Jlabellam ou la