Quicherat, Hist. du cost. en Irancc, i
ACCESSOIRES DU COSTUME
poui‘ occuper moins de place, le seul dont on fasse maintenant usage dans les pays civilisés, nous est venu de l’exlrême Asie. Sa disposition reproduit celle des feuilles d’un palmier de l’Inde, appelé talipot ou palmier à éventail, parce qu’on les emploie souvent à cette fin. Les Japonais paraissent avoir les premiers fabriqué des éventails sur ce modèle, bien supérieur aux tjpes dont, depuis l’antiquité, on avait fait usage dans le monde occidental. La même forme était adoptée en Chine au X® siècle de notre ère. Peut-être les Arabes, vers la fin du moyen âge, en avaient-ils introduit quelques spécimens en Luiope, car, dans 1 inventaire de Charles V (i38o), on trouve mentionné « un esmouchouer ront qui se ployé, en yvère, à un manche d ybénus ' », qui semble avoir dû être disposé comme les nôtres. Mais ce furent surtout les Portugais qui firent connaître en Europe celte forme des éventails chinois ou japonais, et, comme a un attrait exotique, elle unissait la commodité de son emploi, la mode s en répandit d’abord en Espagne, puis en Italie et en France. Arthur Thomas, le satirique auteur de la Description de l’isle des Hermaphrodites, met entre les mains de Henri III « un instrument qui s’estendoit et se replioit en y donnant seulement un coup de doigt, que nous appelons ici un esventail ; il estoit d’un velin aussi délicatement découpé qu’il estoit possible, avec de la dentelle à l’entour de pareille étoffe. Il estoit assez grand, car cela devoit servir comme d’un parasol, pour se conserver du hàle et pour donner quelque rafraîchissement à un teint délicat ». Les Espagnols ont disséminé l’éventail dans toutes leurs colonies d’Amérique, et partout la manœuvre du
coquet engin constitue la principale occupation des senoras des deux mondes.
^ Depuis le commencement du xviiP siècle, l’art s’est uni à 1 industrie pour laire de ces objets de toilette des chefs-d’œuvre d ornementation et de goût. De grands artistes n’ont pas dédaigne d illustrer des éventails de gracieuses peintures. Paris, qui a presque le monopole de cette élégante production, livrait, en 1867, pour environ 10 millions de francs d’éventails, dont