‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 66 sur 232 · H. Havard, Ibid., art. « Velours · texte numérisé non relu

H. Havard, Ibid., art. « Velours

Bourdkau. — Habillement. r-

MODES DE TISSAOE

tant. Le Inmpas, originaire de la Cdiinc, élale des dessins dont la couleur didere de celle du fond. Le velours de Genes. inventé dans celle ville au xvii® siècle, eldonl la .première menlion se trouve dans VInventaire de Maznvin (i653), est un magnilique tissu dont le fond saline tranche sur les dessins veloutés ou épinglés, ce qui produit par contraste des effeU d’une richesse exceptionnelle. La France imita ce beau produit sous Louis Xl\ .

11 faut sans doute assigner aux rubans une origine très ancienne. Des bandes ornées de laine ou de lin constituaient, chez les Égyptiens et chez les Hébreux, une parure sacerdotale et royale. Les Grecs et les llomains décoraient de bandelettes colorées la bordure de leurs vêlements, et Isaïe reproche aux filles de Sion les rubans qu’elles mêlaient aux tresses de leurs cheveux'. Cependant, il ne paraît pas que l’antiquité ait connu les rubans de soie, d’un aspect bien plus brillant. Ce produit semble dater du moyen Age, peut-être des premières manufactures en Orient, car, lorsque la matière était rare et que cbacun s’en voulait parer, un ornement accessoire, moins dispendieux qu’un babillemenl complet, devait plus aisément se répandre.

De nos jours encore, il n’est si pauvre artisane ou paysanne qui ne puisse porter un ruban, tandis que la robe de soie marque un niveau supérieur d’aisance. Dès le xiv" siècle, la b rance fabriquait des rubans. Lu i/,o3, des statuts sont assignes a la corporations des « lissuliers-rubaniers ». L’appbcalion du métier Jacquard A la confection des articles de rubcmnerie lui a permis de prendre un développement prodigieux. On n maluait pas à moins de 4oo millions de francs, en i883, la production des rubans en Europe et aux États-Unis. La Fmnce figurait pour un tiers, dans ce total. En 1900, Saint-Etienne, principal centre de production des rubans, représentait une labricalion de 80 à 90 millions de francs'.

t .9"“ s 1. Mcnilcr des fils el lisses. ,s .vr.l

TYPES GÉNÉRAUX DE TISSUS

Enfin, avec les diverses sorles de lexliles, laine, lin, chanvre, coton et soie, l’industrie opère d’utiles mélanges qui diversifient sans fin les produits et, tantôt les font valoir en les opposant, tantôt les comhinent pour associer leurs qualités ou diminuer la dépense. L’idée de tissus mélangés est sans doute fort ancienne et dut être mise de bonne heure à profit par des fabricants peu scru|inlcux. Crainte de tromperie, on ne faisait jias autrefois grand cas de ces étoffes melées. Le Deutéronome interdit même aux Hébreux l'usage, des tissus mi-partis de laine et de lin', (ôn suppose que les étoilés appelées sabsériques par les Romains étaient faites avec des fils de soieries pures défaites et croisées avec de la laine ou du lin afin de les rendre moins coûteuses. Loin de répugner à ces mélanges économiques, l’industrie moderne les pratique couramment, et associe surtout la laine et le coton à la soie, de manière à concilier l’éclat du textile le plus riche avec le bas prix des plus communs. Le mélange économique de coton et de soie dans des tissus où les deux textiles font bon ménage,' s’opère en toute proportion, 3/4, 7/8“% jusqu’à 19/20®% où la soie ne donne plus qu’un aspect brillant. Mieux encore, l’opération du soïacje consiste à déposer, sur des tissus de jute ou de simples madapolams, une couverte de solution de soie liquébée dans de l’ammoniure de cuivre^.

On allie môme des métaux précieux aux plus opulents tissus. Originaire d’Orient, la fabrication des draps d’or, d’argent et de soie, est mentionnée en France au .xiii® siècle, dans le Livre des métiers d’Etienne Boileau". Un compte de i532 constate qu’à l’entrevue de François I''-- et de Henri VIII, qui a gardé dans 1 bistoiie le nom de Cfiinp du drap d’or, il en fut dépensé pour la somme, énorme à cette époque, de 38,5o5 livres dix sols. Ces luxueux tissus étaient encore en vogue sous Louis XIV. àl de Sevigne décrit avec admiration une robe féerique de M'"“ de Montespan, «d’or sur or, rebrodée d’or, et par-dessus

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