Fr. Lcnormanl, Uhl. anc. de l’Orient, t. IV, p
MOUES DE TISSAGE
nicic cl en Judée. Les Kgypliens avaient du renom comme habiles brodeurs, el leurs ]>roduils étaient encore rccbercbés à l’époque romaine'. Les IMiénicicns y excellaient égalcmcnl. Homère parle des beaux ouvrages que les Sidoniennes savaient exécuter en broderie*. Dans [)lusieurs passages de VExode, il est question de tissus brodés: Jébovab ordonne de parer le tabernacle de rideaux de lin, de pourpre, d’écarlate et de cramoisi, où seront figurés des Chérubins ", et des ornements analogues sont mentionnés pour le vêtement du grand-prêtre b Les Grecs attribuaient aux Phrygiens, de qui sans doute ils le tenaient, l’art de broder à l’aiguille, pratiqué chez eux dès avant la guerre de Troie. De là le nom d'opus phrypium ocii picliim, que les Romains donnaient à ce genre d’ouvrages b Ils en distinguaient deux sortes, l’une où la'broderie était en relief et que fabriquaient surtout les Phrygiens, l’autre où la broderie, faisant corps avec le tissu, semblait peindre le dessin avec des coideurs sur une surface unic^, travail où les lîabyloniens avaient une supériorité reconnue.
Durant l’âge héroïque de la Grèce, les femmes d’un rang élevé s’adonnaient à cette occupation élégante de la broderie, qui constituait presque une industrie d’art. Homère parle d’un péplos où Hélène avait représenté les combats des Grecs et des Troyensb Ailleurs, il montre Andromaque, dans le gynécée de son palais, ourdissant une toile double, éclatante de pourpre, et l’ornant de divers dessins de (leurs'. Ulysse, partant pour la guerre de Troie, avait, dit le poète, « un manteau de pourpre du tissu le plus fin, orné d’une broderie cpii était un cbef-d œu\re. Elle représentait un chien tenant sous ses pattes de devant un