‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 87 sur 232 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

COLORIAGES, TATOUAGES, FARDS, TEINTURES

Avant d’avoir appris à se confectionner des vêtements, l’homme ne pouvait colorier que son corps. C’est par là qu’il a commencé. L’usage de s’enluminer la peau est commun à la plupart des peuples sauvages qui, en général, ne sont point ou ne sont guère vêtus. Il s’explique, soit par le besoin de se préserver des piqûres envenimées des insectes sous une couche de matière terreuse (quelques animaux se font ainsi à dessein une cuirasse de boue), soit par le désir de se rendre plus effroyable aux ennemis dans les combats, ou plus séduisant en amour, ou remarqué dans les assemblées. Cette coutume paraît avoir existé dès un âge reculé de la préhistoire. Dans plusieurs stations des époques solutréenne et magdalénienne, on a trouvé des fragments de limonite (sanguine, peroxyde de fer hydraté) qui est d’une belle couleur rouge, et du minerai de manganèse, qui donne une couleur noire. Cela porte à supposer que les anciens aborigènes de l’Europe avaient l’habitude de se teindre le corps. Cette induction est confirmée par la rencontre, dans les mêmes stations, de petits godets de pierre, dont ils se servaient probablement pour brover les couleurs, et qui sont analogues à ceux qu’emploient encore les Osages du Missouri. Ils devaient ensuite appliquer ces poudres mêlées à des graisses pour les faire adhérer*. Dans des sépultures très anciennes d’Amorgos, on a trouve des figurines peintes et, près du mort, des grains de matières colo-

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