‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 86 sur 232 · HISTOIRE DE L’APPLICATION DES COULEURS A L’HABILLEMENT · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L’APPLICATION DES COULEURS A L’HABILLEMENT

Il y a dans la couleur un principe de beauté dont le charme attire et réjouit le regard. L’homme devait naturellement éprouver le désir de transporter sur sa personne ce moyen déplaire, car il s’en trouvait dépourvu. D’une part, en ellél, la teinte propre de sa peau, d’une triste uniformité dans chaque race, ne varie guère, entre les diverses races, que du brun sombre ou du noir fuligineux des nègres, qui est une livrée de deuil, au jaune effacé des Mongols ou au roux terreux des Américains, pour aboutir au blanc sale des Sémites et des Indo-Européens, qui est une livrée de misère, dont la science croit retrouver le ton primitif dans les taches de rousseur qui réapparaissent par atavisme sur les épidermes délicats. D’autre part, les matériaux avec lesquels il pouvait se faire des vêtements, ont 25resque tous des nuances ternesj incapables de plaire aux yeux. Pour un être doué de goût, la couleur, dans ce qu’elle a de plus séduisant, devait donc être le complément nécessaire de l’habillement normal, car l’agrément de l’aspect est un élément de jouissance, une i^art de l’utilité des choses, et, le bien-être satisfait, l’idéal réclame à son tour. Dès le début de la civilisation, l’homme s’est appliqué à rehausser de couleurs vives sa personne et ses vêtements. Comme il était l’être le jdIus fertile en ressources, il voulait être le mieux paré de la création. Par une longue suite de recherches, il est parvenu à s’orner du plus riche coloris et à pouvoir, sous ce rapport, rivaliser d’éclat avec ce que les oiseaux, les insectes et les fleurs offrent de ^jhis brillante décoration.

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