Id., ihid., a4 octobre
5. Cook, Relation deson 1“'' voyage autour du monde, ai octobre 1-69.
T 26 APPI.ICATION DES EOL I.El nS A d’iIABTIXEMENT
Les mêmes usages sont constatés clans l’ancien monde, par un grand nombre d’auteurs, pendant tout le cours de la période historicpic. « Lorscpie les Éthiopiens vont à la guerre, dit Hérodote, ils se frottent la moitié du corps avec du ph\trc cl l’autre avec du vermillon'. » Ailleurs, il parle d’un peuple scyllie, les Hudins, cpii se peignaient en bleu et en rouget Au rapport de César, « tous les Bretons .se peignaient le corps avec du pastel' (jui leur donnait une couleur bleue cl les rendait ell'royables dans les combats''. » Suivant Pline, « les femmes et les fd les des Bretons se teignaient le corps avec le (/la.sium (guède. Isatis linctona). cl, noires comme des Élliiopiennes, paraissaient nues dans certaines cérémonies religieuses » Les habitants de l’ancienne Ecosse avaient reçu des Romains le nom de Pietés (Picti) à cause de la peinture dont ils se couvraient le corps, et la même étymologie explique le nom donné à une tribu gauloise, les Pietavi (Poitevins), qui se teignaient en rouge pour avoir l’air plus terrible. Virgile [)arle des (jélons « bariolés* ». Enfin Tacite mentionne l’emploi de coloriages pareils chez les Germains :
« Les Ariens, dit-il, ajoutent par art à leur férocité naturelle. Ils teignent en noir leurs boucliers cl leur corps, de sorte que, par l’aspect formidable et la couleur lugmbre de leurs armées, ils répandent l’épouvante dans les rangs ennemis. Nul ne peut soutenir un spectacle si étrange et pour ainsi dire infernal, car, dans tous les combats, les yeux sont toujours les premiers vaincus » Les Hussards de la mort, en Allemagne, semblent perpétuer la tradition de celte coutume. On pourrait encore voir une survivance générale de ces antiques usages dans le soin qu’ont tous les peuples modernes d’habiller les soldats de couleurs vives qui contrastent par leur éclat avec les costumes civils, et donnent un air de fierté à ceux qui les portent, même aux dépens de leur sécurité dans les rencontres.