‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 90 sur 232 · Pictosque Gelaunos », Géorg., II, ii · texte numérisé non relu

Pictosque Gelaunos », Géorg., II, ii

б. Germanie, 43.

COLORIAGES, TATOUAGES, FARDS, TEINTURES I9.7

Des coloriages superficiels, avec des matières pulvérulentes délayées dans de l’eau ou associées à quelque corps gras, étaient trop dépourvus d’adhérence et devaient être périodiquement renouvelés. On réussit à se décorer de marques indélébiles par une opération douloureuse qui consiste à piquer la peau et à introduire dans la blessure une substance colorante, désormais incorporée au pigment. Celte pratique, ou la coquetterie s ele\e à une sorte d’héroïsme, a été très répandue, car on la signale chez une multitude de peuples, à tous les degrés de civilisation. (( L’homme le plus brut, dit Théophile Gautier, sent d’une manière instinctive que l’ornement trace une ligne infranchissable de démarcation entre lui et l’animal, et, quand il ne peut broder ses habits, il brode sa peau '. »

Le tatouage a peut-être été usité dès la phase préhistorique ; une gravure sur os, représentant la main et le bras d’un homme, laisse distinguer un dessin quadrillé qui semble inhérent à la peau h Diverses méthodes de tatouage se sont conservées en beaucoup de lieux, surtout parmi les populations sauvages. Les noirs d’Afrique et d’Australie, dont la peau se prêle mal à recevoir des empreintes de couleur les remplacent par un tatouage cicatriciel, en faisant, à l’aide d’un caillou tranchant, sur certaines parties du corps, des entailles d’où résultent des traits en saillie. Pour provoquer la tuméfaction, ils enveniment la blessure pendant deux ou trois mois en la saupoudrant de cendres, ou bien encore en se faisant mordre par des fourmis ; d’autres font usage de causticp.ies®. « Les chefs de Guinée ont, en quelque sorte, la peau damasquinée, et, dans le Décan, les femmes ont des fleurs gravées sur le front, les bras et le sein : les cicatrices qu’on a fait lever sont mises en couleur, ce qui leur donne l’air d’un damas à fleurs''. » Les Polynésiens ont donné une importance particulière à l’art de tatouer.

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