‹ Histoire de LilleChapitre 30 sur 47 · T. LILLE SOUS PHILIPPE D'ALSACE · texte numérisé non relu

T. LILLE SOUS PHILIPPE D'ALSACE

ssocié au gouvernement dès Tannée 1157, Philippe , fils de Thierry, dirigea seul les affaires de 1168 à 1191. Il marcha sur les traces de son père , assura le régime municipal , fit fleurir la justice et le commerce. Il mérita le titre de premier législateur

(1) Les uns annotent la fondation de cette abbaye à la date de 1144; d'autres, à celle de 1146. Ces différences sont très-fréquentes dans les auteurs que nous avons compulsés. On peut en partie expliquer cela. 11 est facile de voir que, sans erreur, on puisse donner des dates diverses à la pose de la première pierre d'un monument , a l'achèvement de l'une des parties les plus considérables, a la consécration de la totalité. D'autres sont des erreurs évidentes dans la transcription des chiffres. Par exemple : la fondation du prieuré de l'Abbiette est indiquée en 1137, par Panckoucke ; en 1276, par Montlinot ; en 1279 , par l'ancien Guide dee étrangère à Lille.

de la Flandre. Il est aussi le premier de nos princes qui ait substitué sur les monnaies son nom à celui du roi de France ; le premier encore il donna l'exemple d'y employer la langue vulgaire.

Il eut à Yalenciennes une entrevue avec l'empereur d'Allemagne , dont il obtint, pour les Flamands , divers privilèges, entr'autres la libre navigation du Rhin. Lille et Douai , dont les manufactures étaient alors en grande renommée , tirèrent grand profit de cette bienveillance et fournirent , pendant long-temps , leurs tissus aux sujets de l'empereur. C'est ainsi que se réparèrent une partie des maux que nous avait apportés l'Allemagne.

Notre comte fut vaillant et magnifique ; il fit deux fois le voyage de la Palestine, combattit corps à corps , sur le mont Sinaï , le roi des Albanais, le tua et rapporta son armure comme un glorieux trophée. Louis VII , roi de France, le nomma tuteur du jeune Philippe-Auguste et le chargea de la régence du royaume. Il s'acquitta de cet emploi avec loyauté et sagesse, mais au grand déplaisir de la reine et des seigneurs de la cour de France.

Il mourut de la peste après avoir assisté au siège de St-Jean-d'Acre.

Le souvenir de ce grand prince est resté , parmi nos populations , entouré d'une auréole de gloire et de respect. Son nom reparaît toutes les fois qu'il est question de rappeler l'éclat, la puissance , le bonheur de la Flandre. Depuis huit siècles , les Lillois reconnaissants l'ont toujours introduit dans leurs fêtes publiques , et , en 1825 encore , lorsque l'administration municipale voulut faire revivre les choses d'autrefois, son buste figurait au cortège d'honneur avec celui de Bauduin Y et des autres personnages historiques qui y étaient représentés.

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