I. de la Vagrie
(Orig., ms. fr. 15538, n** 134, à la Bibliothèque nationale de Paris.)
Lettre du comte de Dunois au sire de Beaujeu, réclamant POUR sa fembie et ses enfants une provision alimentaire,
attendu le SEQUESTRE DE SES BIENS (1487).
{Tome II y page 1B1.)
Mons , j'ay entendu que le Roy a remis toutes mes terres en sa main, et mesmement aucunes chousesquy appartiennent a ma femme. Je vous pry, MonSp, qu'il vous plaise envers le Roy m*y avoir pour recommandé, et especiallement pour ma femme, ad ce que elle et ses enflans se puissent vivre et entretenir. Mons*", je prye Nostre Seigneur qu'il vous doint bonne vie et longue. Escript a Redon, ce XXVII» jour d'avril.
Le vostre humble serviteur et cousiriy
François.
(Orig. autogr.y ms. fr. 15538, n* 112, à la Bibliothèque nationale de Paris.)
Lettres relatives a l'emprisonnement de Jean Thiercelin %
(Tome Ily page ^i7, note / ».)
Lettre de Jean Thiercelin à Madame de Beaujeu.
Ma très redoubtée dame, je me recommande a vostre bonne grâce tant et cy très humblement comme faire le puis.
Ma très redoubtée dame, je vous remercye bien humblement de ce qui vous a pieu de vostre grâce me faire donner seureté de m'en aller
1) Ancien maître d'hôtel de LouisXI, qui l'avait notarament chargé, en 1475, de recevoir les ambassadeurs milanais à Lyon (J. 496).
2) Comme nous l'avons sommairement indiqué à ce renvoi, dans la bagarre de la guerre de Bretagne, Jean Thiercelin, Tancien agent de Charlotte de Savoie, avait M arrêté et ne fut relAcbé que le 28 août 1488 •
en ma maison *, vous suppliant humblement qui vous plaise n*avoir aucune ymaginacion sur moy, et me tenir en vostre bonne grâce et pour voslre povre serviteur, et qui vous plaise oblier toutes choses passées, ne qu'on vous pourroit avoir raportées.
Ma très rcdoubtée d;ime, si c'esloit vostre bon plaisir avoir pitié de ma femme, que je la veisse, qui a tant sourert et seufïrea présent ce qu'il est possible, dont j'ay jurant paour que aucun inconvénient il lui en viegne. Sur tout, je feray vostre bon plaisir.
Ma très redoubtée dame, je prie a Dieu qui vous doint bonne vie et longue, et acon plissement de voz très haulz et très nobles désirs. Ëscript a Clisson, ce lundi vi" jour d'aoust.
Vostre très humble et très obeyssant serviteur
TiERGELIN.
(Orig. autogr., sur papier, ms. fr. 15538, n* 116, à la Bibliothèque nationale de Paris.)
Lettre de Bourré du P/esfiis^j capitaine (TAngers^auro t.
Au Roy, mon souverain seigneur.
Sire, il vous a pieu m'escripre par Jehan Dubuchet, que je praigne céans Jehan Tiercelin, sans le tenir comme prisonnier; mes que je le lesse aller par le chasteau en m'en prenant garde. Sire comme je vous ay escript par cy devant, j'ay céans troys hommes qui vont par le chasteau, car il me fut dit que je ne les tinsse point enfermez. L'un est a Mons. de Lorrene, l'autre estoitavec Odetd'Aidie a Blave. et l'autre est a Mons. de Lebret, et en outre mess*"* de Joyeuse et d'Kntreigues; et si je laisse aller Jehan Thiercelin, je croy que vous n'entendez pas qu'ilz s'entrevoient, ne communiquent les ungs avec les autres, qui est chose fort a garder, veu que je n'ay ceen nulles gardes, et ce que j'en ay retenu sont tous vieulx, qui sont ccans du temps du Roy vostre père, dont Dieu ait l'ame. Car ceuU
1) On remarquera qu'il avait obtenu de M"» de Bi»aiijeu sa liberté : le roi fut plus sév(>re.
2) .loan Bourro, soigneur du Plessis en Anjou, ancien secrétaire de Louis XI,
serviteur de confiance <le Charles VIII. C'est à lui que Charles VIII adresse,
comme capitaine d'Aiigors, une relation détaillée et confidentielle de la
ugue de Louis d'Orléans en Bretagne, avec quatre-vingts ou cent ehevauz
Lettre du l'i janvier 1487; fr. 20432, 75).
qui pevent travailler, je les ay envoies par vostre ordonnance a Chasteaubrient, jusques au nombre de xxx ; aussi en y a ung a l'ost que je y envoie avec l'artillerie que je baille; et puis je vous en envoyé dymencbe quatre pour conduire les vi" francs que je vous ay envolez» lesquelzne sont encores retournez; et du demeurant en y a sept malades^ que j'ay envoiez en leurs maisons pour se fere guérir, et aussi qu'il y a ycy ung très mauves air et y fait dangereux. Par quoy se peut voir clereraent que je n'ay gueres gens.
Toutesveoies, s'il vous plaist demerenvoier ceul.\ qne j'ay a Chasteaubrient ou telle partie qu'il vous playra, je prendre ledit Jehan Thiercelin et en feré du mieulx que je porré, nonobstant que c'est grant charge et grant paine d'avoir gens en une place sans estre enfermez, dont il se faille donner garde.
Sire, je vous suplie très humblement qu'il vous plaise ne prandre a desplaisir le delay que j'ai faiz, car la double que j'ay qu'il m'en vint mal, dont Dieu me gart, le me fait fayre : et quand ilz seroient une foiz touz ensemble et bien advisez» ne s en fauldroit gueres que a telle heure porroit il avenir ilz seroient aussi fors que nous. Sire> je prie a Dieu qu'il vous doint très bonne vie et longue, et tout ce que vostre cueur désire.
Escript a Angiers, le xnii* jour d'aoust.
Vostre très humble et ires obéissant subget et serviteur
BouRÉ
(Orig., à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, AutO' graphes *.)
Okdonnancb de Charles viii slr les cessions d'offices, rendue
A Naples, le 19 MARS 1494-95.
(Totne ni^ p. U5^ note S.)
Charles, par la grâce de Dieu Roy de France, de Jherusalem et de Secille, a touz ceulx qui ces présentes lettres verront, savoir faisons que nous, considérant les singuliers grâces, dons et bénéfices, qu'il a pieu a Dieu, nostre créateur, nous administrer, que de nous avoir
1) D'après la copie de la Bibliotbèque nationale de Paris, nou7. acq. fr. 1232, f 272.
432 HISTOIRE DE LOUIS Xll
fait Roy, prince et seigneur de deux plus notables régions de dessus le Terre, qui sont nosdils royaumes de Frence et de Secille, et mesmement puis nagueres d'avoir reprins et mis en noz mains et obéissance nostredit royaume de Secille, qui avoit longuement esté usurpé par ceulx de la maison d*Arragon, contre Dieu et contre raison, et en avoient expulsé et decbassé aucuns de noz prédécesseurs ; desirans, sur tout, prévenir et avoir Tueil a conduire noz affaires en si bonne manière qu'on ne puisse dire cy après que, par faulte d'y avoir pourveu, aucune chose en demourast en arrière ; et mesmement en ce qui concerne nostre dit royaume de France, dont plusieurs de noz prédécesseurs Roys ont esté si très grans, vertueux et vaillans, qu'ils ont acquis le nom de très chrestien Roy a la couronne de France. Lesquels noz prédécesseurs, par leur bonne et grant conduite, ont tousjours tenu icely nostre royaume en leurs mains, et l'ont acreu et augmenté, sans ce qu'il ait esté distraici par autres que par ceulx de la maison de France, quelque variation et diversité de temps qui soit survenue. £t a bien convenu qullz se soient en ce gouvernez et conduiz par le bon conseil, advis et oppinion de grans et notables personnaiges, qu'ils ont euz, entretenuz et appeliez avec eulx au régime, police et gouvernement de leur seigneurie, tant a l'entour d'eulx que par les provinces, contrées et endroix ou il estoit requis pour fayre la justice a ung chacun, et pour les autres actes et expediences qui sont nécessaires a l'entretien d'une si grande seigneurie et monarchie, qui est nostredit royaume de France, ou iiz et chacun d'eulx ont soigneusement entendu et veillé, en instituant et ordonnant ofûciers a eulx feables en chacune province et lymite, pour le gouvernement de la chose publique, des plus expérimentez et aprouvez, pour faire cognoistre et entendre la grandeur de leurs affayres et Tutilité de ladictc chose publique ; lequel nostre royaume de France, depuysque l'avons prins en noz mains, soubz la main et tuycion de nostredit Créateur, nous l'avons acreu et augmenté de toutes pars, et icely de/Tendu des grandes invasions et surprinses que plusieurs princes cstrangiers et aullres y ont voulu faire. Et, tant au faict de la justice, a l'imitation de nos<liz prédécesseurs que es autres actes ou il a esté requis, avons tousjours pourveu, par toutes les meilleures voyes et moyens que possible nous a esté, au soullagement de nostre pouvre peupln, afiin d'iceluy taire vivre et maintenir en bonne paix, amour, justice et unyon, et que de nostre temps il puisse florir, accroisire et multiplier en abondance de biens, facultezet richesses. Et, n est rien, après Tamour de nostre Créateur, que plus desirons que de ainsy le
NOTES ET ÉCLAIRaSSEMENTS 433
faire. Et, en regardant ainsy diligeanment, affm de chercher le moyen d'y parvenir, entre autres choses mises en avant en nostre présence, nous a esté bien amplement dict et remonstré que, a cause de ce que par importunyté de requestes ou autrement, nous avons, par cy devant, et durant nostre jeune' aage, octroyé a plusieurs personnes, noz officiers et autres, congié et licence de resigner leurs offices, et eulx en desmectreau prouffict de telles personnes que bon leur semblera, et, avec ce, bailler nos lettres de sourvivance pour tenir nosdiz offices du père au filz, de frère a frère ou autrement, tellement que, maintenant, en nostre chambre des comptes, et en celles de generaulx des aydes et des monnoyes que ailleurs, aulcuns de noz offices sont exercez par deux personnes, et Tun en Tabsence de l'autre, tendant a ceste fin que, au moyen de réceptions et de Texercice qu'ilz y font, acquérir droit en nozdiz offices. Ains est contre toute raison et disposition de droit que a ung seul office y ayt deux pretendans. Et aussy peut estre que nous avons accordé aucunes réservations d'offices, qui est donner occasion de souhaiter et désirer la mort d'aultruy. Par le moyen desquelx, iceulx noz offices, qui ont anciennement esté intituliez et ordenez par nosdiz prédécesseurs pour le bien et utilité de nous et de la chose publique de nostredit royaulme et pour le fait de la justice et police d'icely, pourroient tomber entre mains de gens qui ne seroient dignes ne capables de les tenir ne exercer, et dont nous n'aurions certitude ne cognoissance, qui est chose trop scandaleuse, et est donner occasion a ceulx qui achaptent lesdiz offices d'y commectre des abuz, pilleries et rationnemens, le tout redondant a la foulle de nostredit pauvre peuple ; lesquelx congiez, sourvivances et réservations ont esté par nous ainsi octroiez et accordez par grant importunité, et peut estre sans mérite ne déserte, a ceulx qui les ont obtenuz ; nous moins que souffisanment informez des choses dessus dites, et de Tinterest qui en peut advenir a nous et a ladite chose publicque, parceque, en ce faisant, nous nous sommes estez la faculté de pourveoir a nosdiz offices, quant vaccalion y eschet. Et aujourd'ui sont iceulx noz offices, ou la pluspart, entre mains de marchands et autres non souffisans ; par le moyen de quoy, se la chose pululoit, n'y auroitplus de gens qui voulsissent acquérir degré ne licterature, ne qui se voulsissent aplicquer en nostre service. A quoy, pour le bien de nous et de ladite chose publicque, nous soit besoing pourveoir pour l'avenir, en manière que nozdiz offices ne puissent tomber en mains de gens qui ne nous soient congneuz, et que ayons fiance. Nous, ces choses considérées, et mesmement
i:)i HISTOIRE DE LOUIS XII
c|iio, t»ii ))aillant ainsy par nous lesdiz congicz de résigner sourvivan* CCS, réservations <»t provisions sur le fait de nosdiz ofGces, ce a esté par iiniM)rtunité, durant nostredit jeune aage, qui est chose grandemont pr< judiciahlo nnz droiz o\ prehominence en tant que par icelles nous nous somme» ostc/ la faculté de pourveoir auzdiz offices^ quant vaoaoion ycsdift, on grant diminucion de nostre auctorité royal ; et au 58 Y quo lt»s roooptîons, qui ont esté ainsy faiotes, au moyen desdites sourvivanros« sont fort srandaleust^s et périlleuses ; et mesmement quo uii^ soûl oflioo soit ou fust exeroè par deux personnes, pan.*eque on 00 faisant noz faiz ot atTairos on pourroient estre plus facillement rovolo/., do HMiiplir K^ Houx do jeunes gens qui ne sont expers, ydoxiios no asso7 oxporiniontoz, pour entendre le mérite de nozdiz fai/ ot atfairos. Pour oos causes, et autrt^ grans considérations a ce nous mouvans, avons rov(Hn]ué« cassé, adnullé et iiTÎté, reTocquons, cassons, irritons ot ad n niions, do nostre certaine science, propre niouvoniout ot auctorité nnal. par ces présentes, toutes telles sour- \i\aiicos. rosi^rnations ot con^rioz de resigner, et toutes autres manicivs do proxisions. quo par cy devant avons peu octroyer et bailler Mir no/ otTicos a quoixconques ^yrsonnes, ne pour quelque cause que co >oit ou puisse ostrt\ tant soient les porsonnaiges prmkigies, oultre la dirivto pnnision ot aivoustumoe. qui est que nuizde uosdiz offices no|^t*i:\ont ^-ncquor sy n.Mi |vir Tnne des troys voyes. c'est assavoir jvar n^^ît. forf;iitun\ div^iration pr^\il la Moment dicte, ou par pure et >;r.*i ^^ rï^*j:nat:.Mi qui « n a t^îé ou s«*ra faicte et passve en bm Hiains. ap-.vs .\' q-.:c >cïvns averti; de la SiMifiisanc^ des personaaig^ au rr. ..lî;, : »i; >qu! !x ladite rosi^ination pi-^um^it esti^ Eûcte:, sans ce que *; .;a .;:;: .r.ns: elîinnî K'sdiz ivnf:ei de rvâgner s.mTiTUices et :\ -. : \ iî .vs, ;,is.-.! vv q».ie, ivmnu* dit est, iii se sownt fût fkwvHT e*. vsv.v.:::- c!. :.mî:x sf;îv\^. et qu'ilz ItS'ayent eiovva << y-^ >. v.s .*.: . Vsf r.5. Inn de I autre s'en puîs«m cy après
ov.;^ .:'.;o :v "v. ::: ,r.:e .v i*:îî, ^î le? dt^iaiTùns nuties <t ie
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NOTES ET ÉCLATRaSSEBfENTS 435
tenu en ces présentes, ilzfacent lyre, publier et enregistrer en nosdiz grant conseil, cours de Parlement, et ailleurs ou mestier sera, affln que aucun n'en puisse prétendre cause d'ignorance ; en deflendant, en oultre, a nostredit futur chancelier et a ceulx qui ont ou auront la garde de noz seaulx ordonnez en Tabsence du grant, tant a Tentour de nous que ailleurs en noz chanceleries, qu'ilz ne recoyvent ne admettent aucunes résignations, sourvivances, ne seellent ou expédient aucunes autres provisions sûr la disposition de noz offices, oultre la directe provision et accoustumée, comme dessus est dit, sans y contrevenir en quelque manière que ce soit. Car ainsi nous plaist il, et voulons estre fait. En tesmoing de ce, nous avons fait mectre nostre seel a cesdites présentes. Donné a Naples, le xix* jour de mars Tan de grâce mil cccciiii^^xiiii, et de noz règnes, de France le XII*, et de Secille le premier. Ainsi signé : Par le Roy : Les sires de Gyé, mareschal de France, de la Tremoille, de Grimault, de Piennes, de Tlsle et de Beyne, prevost de Paris, et autres presens. Du Boys.
(Bibliothèque nalionale de Paris , ms. fr. 20432, f«« 51 v" à 55 r«.)