‹ Histoire de Lorraine (volume 5)Chapitre 13 sur 23 · T. IT · texte numérisé non relu

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nières volonlcs, et Bournon (1) assure même que Tune de ces dispositions concernait la régence; mais ce que nous alloBS rapporter semble prouver que Tannaliste lorrain a commis une erreur.

Aussitôt que te duc eut rendu le dernier soupir, Christine prit en main les rênes du gouvernement et fit reconnaître sob autorité, sans rencontrer de résistance. La princesse, qui était nièce de l'empereur Charles Y, avait épousé en premières noces François Sforce, duc de Milan, et après la mort de ee prince , elle s*était retirée auprès de sa tante Marie d*Aatriche, gouvernante des Pays-Bas. Résolue, entreprenante cl en même temps fort habile, elle avait, à Milan comme i Bruxelles, appris Tartde régner, et les Lorrains, sous le gouvernement de celte femme bien supérieure à la plupart des personnes de son sexe, n'auraient pas remarqué le chaogemeot survenu dans le dépositaire de la puissance. Mais Christine se vit bientôt troublée dans la jouissance de l'autorité par le frèn du prince défunt, Nicolas, évêque de Metz et de Verdun, qii allait quitter l'état ecclésiastique pour porter les titres de comte de Vaudémont et de marquis de Nomeny. Nicolas prétendait que le H juin, veille de la mort de son frère, et dans an moment où celui-ci, possédant encore toutes ses facultés, se préparait à recevoir l'exlrême-onction, le comte de Sala hi avait adressé la parole en ces termes : ■ Monseigneari si

• plaisoit à Dieu vous appeler, vous entendei que MoosRir

• de Metz se mesie et entremette des affaires de Messiears ^ » enfans et de vos pays, avec Madame vostre femme, ei nir » fiant ce que desjà en avez dict et passé en présence de 0^ » dicte Dame »? Nicolas ajoutait que le duc avait répondu af^ mativement, et on produisit, à l'appui du récit, une pièee ^ aurait été rédigée, le même jour, par Nicolas Brisson le jeua^i de Rambervillers, prêtre du diocèse de Toul ei notaire jvé»

(I) GtéparCbiTrNr, ibi(].,t. IV, p. 137 d «38.

et on soutenait qu'immédiatement après ia rédaction de cette pièce, on l'avait mise sous les yeux de la duchesse, qui n'avait élevé aucune réclamation (1).

Christine refusa d'accueillir la demande de son bcia-frère et répondit que la déclaration faite par le duc lui atait été arrachée dans un instant où il ne jouissait plus de sa présence d'esprit, et où il n'était pas en état de régler un point de celte importance. Instruit des obstacles que sa nièce rencoDlrail^ el sachant que le roi de France et plusieurs gentilshommes lorrains appuyaient les prétentions du second fils d'Antoine, l'empereur chargea François Bonvalot, abbé de Luxeuil, et les sieurs d'Andelot et de Monlbardon de se rendre auprès de Christine, pour l'aider de leurs conseils dans les circonstances difficiles où elle se trouvait, et il fit notifier au roi, au duc de Guise et au cardinal de Lorraine par le sieur de Saint-Mauris, son ambassadeur en France, qu'il regarderait une entreprise contre la régente comme dirigée contre lui-même (2). Toutefois, les efforts de la duchesse douairière pour garder Taatorité ne furent pas couronnés de succès ; elle fut obligée de consentir à ce que ses droits fussent examinés dans une assemblée qui eut lieu au château de Deneuvre, le 6 août 1545. On régla, dans cette réunion, que Christine et Nicolas exerceraient conjointement les fonctions de régents ; mais soit que le prince ne voulût pas, en usant de tout son droit, mécontenter une femme qui pouvait plus tard lui faire éprouver les effets de son ressentiment ; soit que la duchesse montrât plus d'aptitude que son beau-frère, il est certain qu'elle conserva la prépondérance, et que Nicolas n'eut que peu de part à l'autorité. Satisfait, du ipoins en apparence, de ce qu'il avait obtenu, il montra beaucoup de déférence pour Christine, et

(1) Celle alleslation est imprimée dans Calmet, Hist., t. III, preuv., col. ccccv et ccccvj.

(2) V. à cel égard une leltrc curieuse de l'abbé diXuxeail, ibid., col. ccccvj- ccccv iij.

les Lorrains, Christine ordonna, le 3 septembre, que Ton mettrait seulement aux commissaires le corps du due de Bow^ gogne, et que le tombeau, ainsi que les bannières dont il était décoré resteraient en place (i). La cérémonie eut lieo le 9S du même mois; on célébra d*abord un service funèbre, et Antoine de Beaulincourt, roi d*armes de la Toisoa-d*Or, rt- Têtu d*une cotte d'armes de velours violet, timbrée da bhaoD impérial, se présenta à l'oflfrande, avec un cierge dans leqiel on avait fiché un demi-réal d*or. Aussitôt après le service, m fouilla le sol de la chapelle Saint-Sébastien, et on Hvra les restes du prince à Martin de Cupere, évèque de Chaicëdoine et suSragant de Gambray, et à Christophe de Scbaaenboarg, commissaires de Charles V, en présence de Pierre du Chàtelet, sénéchal de Lorraine, et de Gérard de FfaHenhofen, bailli du comté de Vaudémont. Les envoyés de renperesr enfermèrent le corps dans une nouvelle bière el reameDèrenl sans aucune pompe , après avoir prié les chanoines de ne pas les accompagner, et avoir donné à la collégiale cent réaux d*or, valant chacun trente-deux francs barrois, snr quels on préleva dix francs pour les pauvres (9). L«s restes du duc de Bourgogne, après avoir été déposés à LuxeariMMrg, ftirent transportés à Bruges et inhumés près du mraaolée de sa fille Marie, dans Féglise Notre-Dame; mais Tabdieniion de Charles Y et les embarras que Philippe H éprouva, pembnc les premières années de son régne , ne permirent pas d'élever immédiatement un tombeau sur la sépulture du prince • el les

(i) Les lettres sont imprimées dans Calmet, ibid., t. III , |,.««,., col. ccccxxiij et ccccxxiv.

(21 M. Ch. de Linas a publié dans le Bulletin de la société d'archéologie lorraine, t. V, p. 36-05 , la relation originale d'Antoine de Bcaulâicourt. V. aus5i dans Calmet, ibid., col. ccccxxiv et cecexxT, trois relatives à la remise du corps de Charles -le-Téméraîre ; et LluîgiM collégiale Saint-Georges , par M. H. Lepage , dans le BuHetin de la d'arch. lorr., I. I, p. 202-Sn( rt x\ix-xxxij.

travaux de ce monument, commencés seulement en 1558, ne furent terminés qu*en 1562 (i).

Un des moyens que Christine employa pour faire régner la tranquillité dans Finlérieur de la Lorraine fut de prohiber, d'une manière absolue, les duels qui devenaient extrêmement communs. « Comme ainsy soit que soyons bien advertlz, disaient les régents dans un édit promulgué le 34 décembre 4545^ et certainement informez de plusieurs desbatz et querelles suscitez et esmeuz es villes et forteresses ou nous et nostre filz et nepveu faisons résidence, de sorte que , de fraische mémoire, la mort est ensuivie d*aulcuns gentilzhommes et subjectz à nostre filz et nepveu , et puis quasi prochaine éminente à certains aultres se comballans en nostre quotidienne demeure (chose à bous grandement intollérable^ et préjudiciable tant à Tauthorité, comme à la garde et seureté des personnes , estats et biens de nous et de nostre filz et nepveu), et pour icelles entreprinses pernicieuses diligemment réfréner; aussy pour donner ordre et police que tels accidens ne puissent plus amplement pulluler, ni avoir lieu au préjudice de la prééminence et

authorilé souveraine de nostre filz et nepveu; mandons

et ordonnons que nous n'entendons ni voulons que nulz

comtes et barons, gentilzhommes et officiers, domestiques, ni aultres , de quel estât et condition quMlz soient , aient à prendre querelle, desbat, ni dire injure Tun à Taultre es maisons et lieux de nos résidences, sur peine d*estre punis et bannis deux ans de la cour, et privez de leurs estats et offices; et où Hz persisteront à se quereller et déguainer espéez, dagues , cousteaux et poignards , ou useront d*aultrès basions invasibles , nous entendons et voulons iceux estre assommez et exterminez, en la place et lieu du desbal.

(1) M. le marquis de Villeneave-Trans a décrit ce tombeau dans les Méfiioires de racadémie de Stanislas pour 1839, p. 490-497.

» par les capitaines et gardes nostres et de nostre filz et

> nepvea^ auxquels, tant en général comme en particulier ,

> de Fauthorité et puissance que nous avons à cause de la » tutelle et administration de nostre dict filz et nep?eu, afoos » donné et donnons, par ceste, puissance et mandement spé- » cial , avec commandement exprès pour, dès Theure el ins- » tant quilz verront aulcuns d'iceux, de quel estât ou condi- » tion qu*iiz . soient , tirer espéez, poignards, dagues oi » cousteaux, pour se combattre en fureur ou colère es lieu » susdictz , qu'incontinent et sans délai ilz les assomment sur » rheure, sans porter faveur, support, ni aide; et de ce bire

> leur donnons plein pouvoir et authorité plénière.... (1). » Cette justice expéditive déplut beaucoup aux nobles lorrains, lesquels n'étaient pas accoutumés à entendre les ducs leur parler de la sorte, et ils tinrent peu de cas de la défense qui leur était faite de ne pas se battre, et de la pénalité terrible qui corroborait la prohibition. Ce qui le prouve, c*estque Charles III fut obligé de publier, en 4586, 1591 et 4603, des édits sévères contre les duels, et ces édits n'arrêtèrent qu*imparfaitement les progrès du mal (2). A partir de 4546, plusieurs gentilshommes commencèrent à désirer réioignement d'une princesse qui respectait si peu leurs privilèges. Ils préparèrent à un changement de gouvernement l'esprit des nobles qui n'avaient pas éprouvé d'abord le même ressentiment , et Christine eut l'imprudence de leur fournir elle-même des armes, en confiant quelques-unes des principales charges de l'état à des flamands et à d'autres étrangers, qu'elle trouvait plus souples et plus dociles que les Lorrains (3).

(1) L'ordonnance est imprimée en entier dans Rogéville, îbid., t. I, p. 482 et 483.

(2) V. idem, ibid., p. 483; Justice criminelle des duchés de I nnaim et de Bar, par M. Dumont, t. Il, p. 119 125.

(3) Les functioMs importantes de procureur-général de Lorraine furent données à Jean de Nnncey, sieur di* Contriiison, jadis conseiller inpérial à

de Monlmorency; par Claude de Lorraine, duc d'Aumale, et par Gaspard de Coligny, seigneur de Ghàtillon. Christine de Danemark n*eut pas pjuslôt appris que Henri II était arrÎTé à Joînvine, qu*elle accourut près de loi pour tâcher d'obtenir que la Lorraine fût ménagée par les parties belligérantes. Le roi accueillit poliment la duchesse, mais lui fit entendre que la sûreté de Tarmée française exigeait que l'on adoptât des mesures propres à empêcher les troupes impériales de Tinquiéter. Christine comprit où tendait ce discours, sortit de Join?ille, fit entrer dans la capitale de la Lorraine deox eoseignes d'infanterie et en confia le commandement au baron d'Haussonville , sur la fermeté duquel on pouvait eompter. Henri, étant parti de Joinvillele neuvième jour d'avril, arriva le 40 à Gondrecourt, quitta ce bourg le lendemain, traversa Yaucouleurs et établit son quartier-général dans le château de Sorcy. Le 42, il accueillit les députations que lui envoyèrent les bourgeois de Verdun et de Toul pour faire leur soumission. Ces derniers, qui s'étaient vus précédemment contraints de payer deux mille florins d'or à François I*' pour droit de garde et de protection (1), ne jugèrent pas prudent de fermer leurs portes au fils de ce monarque, et le roi vint coucher dans leur ville le mercredi-saint, 43 avril. Son armée campa dans les prés qui s'étendent en dehors des murs, sur la rive gauche de la Moselle. Le jour du jeudi-saint, il servit douie pauvres à table, leur lava les pieds, laissa dans Toul une garnison de cinq cents hommes, commandée par le sieur d'Esclavoiles, et se dirigea vers Nancy (2). Le connétable et le doc de Guise, qui précédaient le roi, avaient invité le baron d'Havs» sonville à leur livrer la place ; mais celui-ci avait déclaré qu'il ne recevait d'ordres que de la régente. La princesse ne savait

(i) V. Benoit, HUt. de Toul, p. 609.

(2) V. idem, ibid., col. 638 et 639.

quel parti prendre et avait fait demander conseil à Cliaries V. L'empereur, éprouvant lui-même de grands embarras, répondit qu'il ne pouvait envoyer aucun secours à Christine, qu'il promettait de respecter les frontières de la Lorraine, et qu'il engageait la régente à tâcher d'obtenir de Henri les conditions les moins défavorables, et même, s'il était possible, la reconnaissance de la neutralité des deux duchés. Comme le roi ne voulait pas prêter l'oreille à de semblables propositions, il fallait subir momentanément sa domination ou commencer une lutte inégale. Christine, voyant bien que la Lorraine serait écrasée, se résigna à recevoir les conditions qu'il plairait à Henri de lui imposer, et le prince Nicolas prit, avec le duc et quantité de gentilshommes, le chemin de Goodreville, où ils rencontrèrent le roi qui venait d'abandonner la ville de Toul. Les Français parurent devant Nancy, le joar même, et se logèrent dans les faubourgs ; mais le connétable plaça un piquet nombreux sur la place Saint-Epvre, an autre piquet dans la cour du palais ducal, et dans les salles du palais les deux cents gentilshommes de la maison du roi. Le monarque entra à Nancy, dans la soirée du 14, et, dés le lendemain, fit signifier à Christine qu'elle eût à cesser les fonctions de régente;. que le prince Nicolas devenait seul régent; que le duc allait être conduit en France, pour y être élevé avec les fils du roi ; que le sieur de Montbardon, gouverneur dn jeune prince^ était remplacé par le sieur de la Brosse-Mailly, ancien gouverneur du duc de Longueville ; que tous les flamands, allemands et autres sujets de l'empereur étaient congédiés, et que l'on mettait dans la ville une garnison, composée moitié de lorrains, moitié de lansquenets, et commandée par des ofB* ciers lorrains qui prêteraient serment à Charles III. C'était, en d'autres termes , annoncer a la régente qu'elle pouvait se retirer auprès de son oncle, et que le roi se considérait comme suzerain et maître absolu de la Lorraine et du Barrois. Ble demanda immédiatement une audience à Henri II, qui la

çat, en présence de sa cour, dans la galerie des eerib (!)• Thierriat (â) prête à Christine on discours qu'elle n'a, selon toutes les apparences, jamais prononcé. Elle se contenta probablement de remontrer que, malgré Taffection qu'elle éprouvait pour l'empereur et pour la fiimille impériale, elle n'a?ail, comme régente de Lorraine, fait aucune démardie, ni même formé aucun projet de nature à porter ombrage à la France ou à léser les intérêts de ce pays; et elle finit en conjurant le roi de ne pas la séparer de son' fils. Christine parla avoe tant de force , que Henri laissa voir quelque émotion ; malt il se remit aussitôt et répliqua qu'il n'avait pas l'intention de dépouiller Charles ; qu'il veillerait lui-même sur son éducation ; qu'il lui donnerait sa fille Claude en mariage ; et que le crédit dont les princes de la maison de Guise jouissaient en France , et la part qu'ils prenaient à l'espèce de révolution qui venait de s'accomplir, devaient suffire pour dissiper les appréhensions de la duchesse au sujet du sort réservé à son fils. Le roi ajouta, en terminant, que la sûreté de ses états demandait que la Lorraine fût occupée pour un temps ; que cette mesure avait éié discutée et décidée par le conseil , et que l'on ne pouvait rien y changer. Il reconduisit ensuite Christine prés dMa porte de la galerie , et le cardinal de Lorraine ainsi que d'autres seigneurs lui firent cortège jusqu'à son appartement. Elle eut encore deux entretiens avec Henri y mais ils furent également infructueux. Le 46, tous ceux des nobles lorrains qui se trouvaient à Nancy tarent appelés dans le palais, prêtèrent serment de fidélité à Charles III et déclarèrent rétracter la promesse qu'ils avaient faite autrefois d'obéir à Christine de Danemark. Le roi , pour achever de rassurer les Lorrains, aligna à

(1) V. Brantôme, Les vies des Dames lUostres Françoises et Etrangérei, discours VIII, art. 5.

(2) Gté par Chevrier, ibid., p. iU-W,

Charles III une pension de quarante mille livres tournois sur le trésor royal, en accorda une autre de deux mille livrés au comte de Vaudémont, donna à ce prince le commandemenl d*une compagnie de cinquante gendarmes, et créa une seconde compagnie de la même force dans laquelle on fit entrer beaucoup de lorrains, et qui fut chargée de la garde du jeme prince. Mais, au bout de quelques jours , on fit partir ce dernier pour Reims, sous Tescorte du sieur de Bourdillon, lieutenant du gouverneur de Champagne , .et on le conduisit ven les fils du roi. Trois jours après, Tex-régente, qui ne pouvait se consoler de Tcnlévement de son fils et de raffront qu'elle avait reçu , quitta le palais de Nancy et se retira dans le château de Blàmonl. Elle n*y resla que peu de temps, se rendit à Strasbourg et gagna la Flandre, avec ses deux filles, qui étaient fort jeunes. Malgré les griefs que les gentilshommes avaient ou croyaient avoir contre Christine, le gouvernement de celte princesse Ait Tobjet de regrets bien légitimes, et ce fut avec peine que les Lorrains virent la veuve de François P' prendre le chemin des Pays-Bas. Us oublièrent les légers sujets de plainte qu'elle leur avait dos* nés , et Famour-proprc national , froissé par les entrepriiai du roi de France , rendit plus vifs encore les regreta de a» ancêtres. Christine de Danemark, quoique éloignée de BOin pays , ne cessa pas d*aider le comte de Yaudémont de ssi conseils et de son influence, chaque fois que Toccasion s*ca présenta; et, dés Tannée 1553, le régent ordonna au sieur de Pallant, son envoyé en Allemagne, d*aller trouver la prinoesii et de la consulter sur dificrents points , avant de se diriger vers la ville d*Ulm , où la diète devait s'assembler (1). La réputation que Christine avait acquise, pendant les sept années de sa régence, la suivit en Flandre, et lorsque le gouvernement des Pays-Bas vint à vaquer, le prince d'Orange et pla-

(1) V. Layette Etala Généraux , i, »o i3.

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sieurs se igncars demande ren( que l'administration fût confiée^ Christine de Danemark. On ajoitle, il est vrai, qac le prince se flattait d'épouser In lille alaéc delà duchesse et d'obtenir, de la sorte, la plus grande part dans le gouvernement, (iraovelle et le duc d'Albe tirent échouer ces projets et prérérer à Chri»line Marguerite , fille naturelle de Charles V; arrangement peut-(lrc Tunesle au repos de l'Europe, parce que le prince d'Orange se maria avec une princesse prolcslante et devint l'instrument le plusaclir de lo révolution religieuse et poliliqae qui enleva à l'Espagne la plus belle moitié des Pays-Bas (t). Henri II n'avait pas attendu le départ de la régente et de Charles (Il pourconlinuer sa marcha vers Metz. Laissant dans la capitale de la Lorraine une garnison de cent gendarmes et de cinq ou six mille hommes de pied, sous le commandement du maréchal de Saint-André, il sortit de la ville, le 16, et ails passer lu nuit dans le château de Coudé. Cette place et les châteaux de Frouard, de l'Avant-Garde et de Mousson étaient déjà occupes par les Français, qui, pour sauver les bienséances , n'avalent cependant pas expulsé les garnisons lorraines (i). Le lendemain, le roi entra à Pont-à-Mousson , ordonna d'en réparer les murailles et d'y Taire de grands amas de vivres, et prit le chemin de Metz (5). A Jouy-aux- Archcs, il rencontra le connétable de Montmorenry, et un peu plus loin tonte l'armée, qu'il passa en revue. Elle se composait, sans parler des troupes que l'on ovait mises à Toul, à Nancy et ailleurs encore, de la maison militaire du roi, de cinquantedeux enseignes (ou bataillons) d'infanterie française, de deux enseignes anglaises , de trois régiments de lansquenets , de quinze cents gendarmes, de deux mille quatre cents chevau-

(1) V. Rankv, IlnloiredesOsoainliset de lamanarcliici-spagiiDle pundim les XVI' el XVII* siècles, Ind. fnuç,, p. 537.

(2) V. ChsTrier, ibiJ., p. 160.

(3) V. Calmcl, ibid., I. Il, col. I297-I30(.

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légers, de qaatre cents arquebusiers à cheval , et de plus de mille gentilshommes volontaires.

Une partie de cette nombreuse armée avait traversé le Barrois et la Lorraine dès les premiers jours d'avril, et s*étall dirigée du côté de Melz. Cette ville avait pour évéque Robert de Lénoncourt , prélat tout dévoué au roi de France. Instmit des projets de Henri II, il trouva moyen de gagner Robert de Heu , patricien très-influent, auquel il fit épouser une de ses parcnlcs; et tous deux réussirent ensuite à engager dans krari intérêts Gaspard de Heu frère de Robert, Jacques de Goumaj mailre-échevin^ Michel de Gournay, le sieur de Raigecouri et quantité d'autres gcnlilsl\pmmes, qui se flattaient, sans doute, d'avoir plus de part au gouvernement sous la dominatioD française qu'au milieu de bourgeois soupçonneux et jaloux. Arrivé à Pont-à-Mousson, le connétable envoya le due d'Aumaie, avec un fort détachement, attaquer le château de Gone défendu par une bande de pillards, qui disaient tenir le parti de l'empereur. Ils firent bonne contenance, et le duc d* Au* maie fut obligé d'établir une batterie , qui ouvrît une large brèche ; les Français donnèrent l'assaut à la place, s*en emparèrent et la démantelèrent, après avoir passé la garnison aa fil de l'épce. Aussitôt que le connétable en fut instruit, il s'avança auprès de Metz; les bourgeois efirayés tinrent uie réunion, à laquelle assistèrent les magistrats et les patricieii vendus au roi ; on jura de se défendre jusqu'à la demiéfe extrémité, on prescrivit de prendre les mesures que Ton adoptait autrefois en cas de siège, et, lorsque les Français parurent devant la porte Saint-Tiiiébaut ou porte Rouge, les habitants se hâtèrent de saisir leurs armes et d'aller occuper les postes qui leur étaient assignés. Dans ce moment , une dëputation, entièrement composée d'hommes gagnés par les pensionnaires du roi , sortit de la ville et déclara au connétable qu'il y serait reçu avec une enseigne et les gens de sa maisM. La porte ayant été ouverte , quelques gentilshommes firançais

se glissèrent prés du corps de garde^ s'en rendirent mitfes, et le connétable fit entrer dans les raes un gros éorps de troupes. Les Messins s'imaginaient qu'on allait donner le signal du combat , lorsqu'on leur intima toutr-è-coup l'ordre de retourner chez eux. Cette trahison fut accomplie le 9 on le 40 avril, et, le 18 du même mois, Henri II fit son entrée solennelle dans la ville. Plusieurs habitants étaient persuadés que ce prince n'agissait que comme protecteur de leur liberté, et que le séjour des Français ne durerait pas longtemps ; ils furent bientôt détrompés; le roi nomma pour gouverneur de Metz Arthur de Cessé , parent du connétable , désarma la bourgeoisie, changea les gardiens des portes , sVmpara des vivres, des munitions et de l'artillerie, cassa les magistrats dans lesquels il n'avait pas une entière confiance, et en institua de nouveaux.

Makre absolu d'une ville aussi importante , il mit son ar^ mée en mouvement vers l'Alsace , dans le but de surprendre également Strasbourg, où il entretenait quelques intelligences; et le connétable, tout fier du succès qu'il venait d'olH tenir, se vantait d'entrer dans cette cité « comme dans du > beurre ». Mais les Strasbourgeois déclarèrent à Henri qu'ils ne Faccueilleraient qu'avec une escorte de quarante gentilshommes* Une tentative faite pour se saisir d'une porte ayant échoué, il se rapprocha de Metz (i), pénétra dans le Luxembourg, enleva Rodemack et Damvillers, ordonna d'achever les belles fortifications que l'empereur avait commencées pour faire de ce dernier lieu un des boulevards da Luxembourg , et prit possession de Verdun , où il fut reçm avec les plus grands honneurs. Le cardinal de Lorraine, qai avait' obtenu Tévèché de cette ville , réunit les bourgeois devant son palais et les exhorta vivement à changer la forme de leur gouvernement et à restituer à leur évèque l'autorité

(1) V. Hisl. de Metz, t. III, p. 32-^.

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