LIVRE NEUVIÈME
Nous allons donc parler du gouvernement consulaire, de celte institution patriotique qui donna tant de lustre à la cité, et dont les effets seront encore très utiles quand les préjugés gothiques, les médiocrités ambitieuses et les craintes frivoles, nées des excès de la révolution, ne s'opposeront plus à son entier rétablissement. Nous avons jeté un coup d'œil rapide sur la théocratie des chanoines; étudions l'administration des bourgeois : là sont tous nos droits ; le passé nous indiquera tous les perfectionnemens nécessaires pour l'avenir. Les événemens qui composent l'histoire de Lyon dans les temps modernes , ne peuvent être bien compris qu'après un examen approfondi du gouvernement municipal1. Il existe
1 Voyez pour tous les détails sur les communes que nous ne pouvons faire entrer dans notre ouvrage , Menestrier, la fin de son Histoire consulaire de Lyon. Nous lui avons emprunté plusieurs documens précieu*. — La Thaumassière, Coutumes locales de Berri ; Chorier , Histoire du Dauphinc , etc. Dans ces histoires particuliéres di* provinces, on trouve la manière dont les chartes étaient accordées , vendues ou conquises ; plusieurs faits particuliers jettent un grand jour sur le soulèvement presque spontané de toutes les
un rapport plus intime qu'on ne le pense entre les révolutions du moyen âge et celles de nos jours; la seule différence dérive du progrès des lumières; les franchises qu'on demandait alors pour mettre à l'abri du despotisme féodal les intérêts purement matériels , sont exigées aujourd'hui , malgré les sourdes menées de l'absolutisme, pour donner un libre essor à l'intelligence. Le temps
communes de France après les combats des républiques de l'Italie. Mais c'est principalement dans l'histoire des villes telles que Lyon , Noyon , Reims , etc. , dominées par des prélats , que la lutte des citoyens se trouve dessinée avec plus d'énergie. Partout où le clergé a régné , les réactions ont été sanglantes et terribles. — Fleury, Histoire ecclésiastique. Cet auteur raconte , avec son impartialité ordinaire , les débats d?s communes. — Robertson, ISotes sur l'Introduction à l'Histoire de Charles v. Ces notes, dans leur désordre et dans ce qui concerne les chartes de communautés , sont plus intéressantes que l'introduction elle-même. — Bouhier, Observations sur la Coutume de Bourgogne, et l'ouvrage de M. de Barante. — Hénault , Abrégé chronologique de V Histoire de France. On y trouve quelques bonnes réflexions sur les communes. — Thouret , Abrégé des Observations sur l'histoire de France par Mably. L'auteur rapporte la décadence de la féodalité et l'établissement des communes à quatre causes principales : 1° au réveil du peuple après une longue tyrannie; 2° à l'inégalité de force des seigneurs rendue tous les jours plus grande par les rois; 5° à la souveraineté des justices seigneuriales portée au tribunal du roi ; 4° à l'abolition du droit de guerre des seigneurs entre eux. — Raynouard , Droit municipal sous les Romains et sous les trois dynasties , ouvrage rempli d'érudition , où il est démontré que le gouvernement municipal n'a pas cessé d'exister de droit depuis trois mille ans, et que la royauté légitime n'est basée que sur un contrat passé entre les peuples et les rois. — Guizot , Leçons sur l'histoire moderne. — Ducange , Gloss. verbo Co>nu- NANTU. — Encyclopédie, article Communauté et Commune. — Inventaire général des archives municipales de la ville de Lyon, article Piuvilégf.s , Autorité du consulat, tom. iv, chap. I, pag. 171,