TROISIÈME PARTIE
tous les droits municipaux dont les Français avaient fait un marnais usage : la révolution française, les franchises communales, les élections de magistrats populaires, toute l'existence d'une nation s'était concentrée dans sa personne. Nous verrons à la fin de cet ouvrage sa domination administrative sur la ville de Lyon.
\ l'époque de la Restauration, une charte fit espérer qu'on rendrait pleines et entières leurs immunités aux communes, avec tous les changera en s que les progrès des lumières rendaient nécessaires. Mais des prêtres ambitieux, des nobles décrépits ou imbécilles, une famille royale retardataire, ne voyaient leurs intérêts que dans l'absolutisme; le jésuitisme veillait, et des ministres imprudens retirèrent de la manière la plus brutale les lois municipales que nous annoncions dans l'introduction de cette histoire.
Enfin le peuple, après tant de luttes soutenues contre des dogmes politiques ridicules, a commencé l'ère brillante de sa véritable souveraineté; des orages accumulés pendant un an sur la France ont toul-à-coup éclaté, la foudre a frappé les coupables, et, au milieu des débris de leur trône, la loi a fondé son empire. Le ciel luira désormais plein de sérénité, et fécondera notre belle patrie, parce que les droits antiques sont assis pour toujours sur des bases inébranlables, celles de la raison universelle. Une nation courageuse, éclairée , avide tout à la fois de repos et de perfection-
nement a luise ses entraves; l'intelligence a détrôné le jésuitisme, l'élection a remplacé la légitimité. Or, l'élection est la condition indispensable de la prospérité des communes ; la municipalité de Lyon en jouira bientôt comme les autres, et cette ville, qui fut une république florissante dans le moyen âge, ne marchera pas la dernière dans la carrière de la liberté.
Telle a été la commune lyonnaise à différentes époques de notre histoire. Au milieu de recherches, souvent fastidieuses, des événemens survenus sous le gouvernement théocratique , nous avions besoin de nous distraire par les institutions d'un gouvernement généreux et libre, le premier de tous. Il était utile d'en former un seul tableau, pour montrer aux citoyens qu'ils ont toujours été maîtres de leurs personnes et de leurs biens, et que les rois n'étaient que des protecteurs salariés qu'ils avaient bien voulu choisir pour défendre leurs libertés1. L'origine du gouvernement municipal , ses progrès et sa décadence , mais l'espoir de le voir renaître avec tous les perfectionnemens du dix-neuvième siècle, devaient nous occuper dans un seul livre. Il fallait grou-
r On conserve encore clans nos archives publiques l'acte original par lequel le roi de France prend celte ville et ses concitoyens sous sa garde et protection : « Philippus , Francorum re\ , notuni facimus uni- « versis.... quod nos ad supplicalionem universorura civium, toliusque « populi Lugduni ipsos recepimus in nostrà protectione , et custodii « spcciali, seu guardà.» Inventaire général des archives, et Menestrier, Histoire consulaire ; Preuves.