TROISIÈME PARTIE. 2GI
consacrèrent le droit des élections populaires. Charles i\ fui forcé lui-même de respecter, jusqu'à un certain point, nos franchises municipales.
Pendant les guerres de religion, le gouvernement consulaire de Lyon passa alternativement des religionnaires aux catholiques, mais l'esprit de ce gouvernement ne fut point changé; et, malgré les troubles de la cité, il exista une grande émulation de gloire et de patriotisme entre les différens membres du consulat : plusieurs embellissemt us de Lyon, plusieurs places* plusieurs quais datent de cette époque.
Lorsqu'après une lutte sanglante Henri iv monta sur le trône, Lyon , dominé par les infâmes fauteurs de la ligue , en se rendant, ne demanda que le maintien de ses libertés municipales: Veut- on connaître le langage que Henri iv tenait à Lyon qui le reconnaissait enfin digne de régner : « Et • pour ce que ne pouvons nous tenir assurés de « nos villes et de l'obéissance qui nous est due « par nos sujets, que par leur fidélité et affection, « en quoi sommes bien certains que ceux de noce tre dite ville de Lyon persisteront, nous décla- ■ ions aussi que jamais nous n'aurons d'eux au- « cune défiance , ni désir de bâtir autres citadelles « que dans leurs cœurs et bonnes volontés1. »
dépendant Henri iv modifia le consulat en réduisant les membres à un prévôt des marchands
1 Raynuuanl , Droit municipal.
et quatre échevins. C'était là une espèce de révolution dans la Commune lyonnaise: nous en verrons plus tard les résultats. Louis xiv opéra un changement plus sensible, en niellant toutes les charges à l'encan; il est vrai que le consulat échappa à la corruption générale, et acheta lui-même plusieurs charges dans l'intérêt de la cité. Néanmoins le système fiscal et odieux qui plana sur la France pendant long- temps, ébranla le gouvernement municipal de Lyon; son caractère patriotique fut altéré : les prévôts des marchands et les échevins ne furent que trop souvent coupables de faiblesse, de vanité, d'orgueil, et d'un attachement sordide aux faveurs de la cour. Le gouvernement roval avait tout envahi. La révolution surprit notre cité dans cette situation. Pour les âmes généreuses, c'était le rétablissement des communes avec toutes leurs franchises, moins les restes hideux de la féodalité et les dilapidations des courtisans; aussi la commune de Lyon se réveilla, et prit une grande part au mouvement politique. La mairie y fut établie comme par toute la Fiance. Mais l'anarchie se mit bientôt à la place de tous les fléaux de la féodalité et de la royauté absolue: la commune despote de Paris pesa comme un cauchemar sur toutes les communes de la république et de Lyon en particulier; le gouvernement municipal de cette ville lutta en vain : il succomba. Le rèsne de la véritable liberté ne fut que passager; Napoléon absorba dans sa personne