‹ Histoire de LyonChapitre 135 sur 223 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

Cependant, tout ne cédait point à la volonté du pape : de nombreux obstacles s'élevaient déjà contre ses projets les plus cliéris. Malgré les secours d'argent et d'hommes envoyés par le souverain pontife, les guerriers de la Palestine étaient battus; la ferme opposition du clergé de Constantinople faisait craindre que la réunion de l'église grecque et de l'église latine n'échouât complètement ; enfin il s'en fallut de peu que le second concile écuménique de la ville de Lyon , si célèbre dans les annales du christianisme, ne se bornât à discuter quelques points de discipline ecclésiastique.

La docilité que les Lyonnais avaient montrée aux ordres et aux arrangemens du pontife, malgré le besoin de liberté qui se faisait sentir d'une manière si énergique dans la bourgeoisie, se con- < oit tics bien : l'intérêt de leur commerce et un reste de superstition en étaient les causes; ils savaient par expérience que le faste de la cour de Rome procurait des trésors; la vie, le mouvement, les richesses qui acompagnaient le sacré collège, m 19

réjouissaient les imaginations; l'appareil lugubre de l'interdit que Grégoire x avait fait disparaître, n'affligeait plus quelques citoyens encore pusillanimes. On sait en effet que rien n'était mieux combiné pour effrayer le peuple, dans le moyen âge , que ces sortes de sentences vengeresses du clergé : l'exercice extérieur de la religion cessait, les autels étaient privés de leurs ornemens, les statues et les images des saints étaient voilées, les cloches n'ébranlaient plus les airs de leurs sons religieux ; point de sacrement aux laïques , excepté le baptême qu'on administrait aux enfans nouveau -nés, et le viatique aux mourans; les morts eux-mêmes étaient privés de sépulture dans la terre consacrée, on les jetait dans les champs ou dans les fossés, sans prières, sans cérémonie de l'église. Il est facile de comprendre que le pape qui faisait cesser par sa présence et par une apparence de générosité un spectacle aussi triste , devait être adoré , chéri des Lvonnais. Ses actes démontrent qu'il s'applaudissait d'une telle influence sur la cité lyonnaise; mais le pape n'avait pas lieu de se réjouir des dépenses faites à diverses époques pour reconquérir la Palestine.

Il n'était pas étonnant de voir les nombreuses expéditions dans la Terre-Sainte se terminer toujours par des catastrophes. Les croisades avaient eu le sort de toutes les choses humaines ; elles avaient eu leur commencement, leurs progrès et leur décadence. L'Occident s'était d'abord préci-

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