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TROISIÈME PARTIE

a Lyon jusqu'au commencement du mois de février de l'année suivante. Durant ce séjour, il révoqua la bulle Ui\am SANCTAM1, et déclara qu'elle ne pouvait causer aucun préjudice ni au roi, ni au royaume de France, qui se trouvaient dans le même état où ils étaient avant celte bulle , sans nulle dépendance du saint-siége pour le temporel. Il révoqua aussi la constitution par laquelle le pape Bonifaee avait déclaré que les clercs encourraient les censures ecclésiastiques , s'ils payaient des décimes aux personnes laïques. Il invita en même temps Charles de Valois à déclarer la guerre aux Grecs redevenus schismatiques, et à soutenir les droits de la princesse Catherine son épouse , fille de Baudoin. Enfin, étant à Saint-Genis, dans une maison de campagne à une lieue de la ville, où il se reposait des fatigues nombreuses de son pontificat, il reçut l'hommage de Charles d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile, que le prince Robert rendit au nom de son père.

Philippe le Bel , qui avait obtenu de Clément v tout ce qu'il désirait, jugea que l'occasion était favorable pour établir solidement ses prétentions sur la cité lvonnaise. Ce fut une lutte de rusés politiques : les chanoines avaient déjà mis le pontife dans leurs intérêts; celui-ci fut assez adroit pour ne point se compromettre, il amena le sou-

1 Bulle scandaleuse de Bonifaee vin, qui mettait eu interdit tout le rame de Philippe.

verain à un arrangement très favorable en apparence aux chanoines, mais qui pouvait réellement avoir dans Ja suite des effets très préjudiciables. Après, il transporta le siège pontifical à Avignon. Le roi de France promit en effet de favoriser l'église de Lyon dans ce qui serait en son pouvoir : ce fut alors qu'il lui accorda cette célèbre philippine de Pontoise, qui érigeait tous les biens du clergé en comté - baronnie de Lyon, Néanmoins , il commença par cet acte des plus remarquables1 :

« Nous octroyons de bon gré à nos amés et « féaux l'archevêque, chapitre cl église de Lyon , « nous agréons et voulons qu'ils puissent jouir « de la cité , ville de Lyon , châteaux , posses- « sions, juridictions , temporalités quelconques, « péages tant par terre que par eau, monnaies, « hommes, fiefs, arrière-fiefs, cens, servis, ser- « vitudes, marchés, foires, revenus, sous le titre « de dignité et prérogative spéciale de comté-ba- « ronnie. Par ainsi, voulons que ci-après, à per- « pétuité, icelle soit appelée et censée comté de « Lyon, jouissant en toutes choses du droit royal : « bien que nos officiers alléguassent que tout le « temporel d'ieelle église nous appartienne pour « plusieurs causes légitimes précédentes, et qu'ils « requissent plusieurs amendes et peines qui, « par eux, devaient être appliquées à notre fisc,

1 Années 1307 et 1308.

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