‹ Histoire de LyonChapitre 165 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« pour injures, désobéissance , excès, rebel- • lions, contumaces, infractions de paix, félo- « nies1 et autres transgressions perpétrées contre « nous, tant par l'archevêque que par ses prédé- « cesseurs*. »

Cet acte lui scellé sur lacs de soie rouge et verte, du grand scel de cire verte aux armes de France. Après ce privilège accordé à l'église de Lyon, par lequel le roi la gratifiait en quelque sorte de la souveraineté, comme les empereurs d'Allemagne l'avait fait deux siècles avant , il dressa un second acte pour établir les limites de leurs juridictions spéciales. Toutefois, ce fut une adresse de Philippe d'accorder par forme de grâce ce qui pouvait être contesté, et de donner généreusement une espèce d'amnistie : celle-ci, une fois acceptée par l'archevêque et le chapitre, de-

1 La félonie entraînait la confiscation du fief ; c'est ainsi que le roi de France confisqua la Normandie.

5 Menestrier , courroucé de ce que le roi de France regarde l'église de Lyon comme sa vassale , fait les réflexions suivantes : « Si la trans- « action de Ponloise , pardevantle chancelier de Pierre de Bellcperche « et Thibault de Vassalieu, archidiacre de Lyon , n'avait été révoquée, « je serais obligé de faire un ample commentaire sur cet acte pour « l'intelligence de plusieurs faits qui concernent notre histoire. Hais « comme Thibault de Vassalieu , quelque habile qu'il fût dans les af- « faires , s'était laissé surprendre par le chancelier beaucoup plus ha- « bile que lui , Pierre de Savoi#, qui succéda à Louis de Villars en « l'archevêché, ne voulut point recevoir un traité si préjudiciable à son « église , et fit même intervenir, non seulement son chapitre, mais en- « core tout le clergé de son diocèse , tant séculier que régulier, la nota blesse et les seigneurs du Lyonnais, qui en poursuivirent la révoca- « tion. » Histoire consulaire de lu ville de Lyon.

venait un acte de haute suzeraineté, que le roi de France avait droit d'exercer sur eux. Mais il est bon de donner aussi la véritable philippine; elle nous apprend beaucoup de choses : nous laisserons au lecteur le soin de tirer les conséquences. « La première appellation et le premier ressort « seront dévolus à l'archevêque et au chapitre; « le second ressort, au roi de France et à sa cour, oc Ces derniers ne s'occuperont nullement de la « juridiction ecclésiastique. Nous et nos succes- « seurs conserverons, garderons et défendrons, « autant qu'un bon prince et bon gardien doit « le faire , l'archevêque , le chapitre , les chanoines « incorporés à l'église de Lyon , leurs biens et « leurs familles , en quelque lieu qu'ils puissent « être, comme aussi les bourgeois de Lyon, vas- « saux et sujets de l'église qui nous auront payé « la garde ci-dessous spécifiée. Nous mettrons et « établirons chaque année, pour nous, un garce diateur, homme de bonne vie, qui jurera pu- « bliquement sur les saints évangiles , dans le « chapitre de Lyon ou dans la grande église, « présens l'archevêque et les chanoines ou ceux « par eux députés , présens aussi les bourgeois « qui voudront y assister, de les garder, conser- « ver et défendre fidèlement, utilement, de tout « son pouvoir, en notre nom et pour nous. Pour « ce qui est des charges de la garde, nous et nos « successeurs, les rois de France, percevrons « chaque année, le jour de la fête de saint André,

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