‹ Histoire de LyonChapitre 17 sur 223 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Les détails qui précèdent ont fait connaître le domaine temporel des archevêques dans l'intérieur de la cité ; il est utile maintenant d'étudier leur administration séculière et leurs relations extérieures avec les seigneurs des fiefs voisins. Lorsque l'église de Lyon devint souveraine , la première pensée des archevêques et du chapitre fut de consolider sa puissance : ils créèrent des institutions civiles et théocratiques entièrement différentes de celles qui avaient existé sous les empereurs; le gouvernement de Lyon changea tout-à-coup de face. Durant les siècles de barbarie, chaque souverain , armé seulement du pouvoir temporel , adressait ses ordres aux ducs, aux comtes, aux vicomtes ou vidâmes, aux viguiers, aux centeniers et aux fermiers du domaine : l'église eut son sénéchal, son courier, son juge-mage, son juge des appeaux, son prévôt, son viguier propre, son garde-des-sceaux ou chancelier, son audiencier, son trésorier, ses notaires, garde-notes ou tabellions, ses sergens et ses bedeaux.

Une preuve que des prêtres, des chanoines,

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des archevêques possédaient, dans Je treizième siècle, la ville de Lyon à titre de comté indépendant, c'est que tous les actes qui se passaient alors dans cette ville étaient reçus, écrits et signés par des ecclésiastiques, moines, diacres et piètres. Plusieurs de ces actes authentiques sont conservés dans les archives municipales sur de beaux parchemins; on y trouve les bulles de tous les archevêques lyonnais du moyen âge; les rois de France y sont à peine mentionnés. Par ces actes , l'église de Lyon donne des terres en fiefs sous la condition de foi et hommage, et principalement de service militaire, « envers et contre « tous», ce qui aurait été une espèce de félonie si le chapitre avait eu des seigneurs suzerains1.

1 « Cependant observons que la ville de Lyon, et surtout son église, se gardait le plus souvent elle-même ; c'est pour cela que l'archevéque-irvait ses officiers pour la justice et pour la guerre ; et ce fut un pareil droit de garde qui causa tant de querelles féodales entre les archevêques de Lyon et les rois de France , particulièrement au temps de Philippe le Bel. La plupart des autres églises du royaume de France avaient leurs avoués et leurs gardiateurs qui prenaient les armes pour leur défense , mais non contre le seigneur suzerain. Ces gardiateurs étaienrtle grands seigneurs ou des princes sous la garde desquels les églises et les monastères mettaient leurs châteaux , leurs terres et autres possessions pour les soustraire aux irruptions des ennemis et des usurpateurs ; aux passages des gens de guerre , aux entreprises des seigneurs voisins, etc. Quelques-unes de ces gardes ou avoùries étaient héréditaires dans certaines familles qui avaient fondé des églises et des monastères, ouïes avaient dotés. Comme ces avoués étaient obligés en temps de guerre d'aller dans les châteaux et terres des églises , d'y mettre garnison , de lever des troupes pour les défendre , on leur donnait des fiefs ou arrière fiefs ou niansions dont ils rendaient hommage aux évèques, aux églises , aui monastères. Ces avoués sont nommés dans les anciens titres aiho-

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