‹ Histoire de LyonChapitre 176 sur 223 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

Les citoyens de Lyon jouissaient enfin crime sage indépendance; le roi de France les protégeait, et les franchises de la cité étaient à l'abri du despotisme sacerdotal. Mais un nouvel ordre de choses ne s'établit point sans secousses, sans oscillations plus ou moins prolongées : les Lyonnais avaient encore à lutter contre les passions des gouverneurs royaux, et contre l'ambition des chanoines qui cherchaient à ressaisir la souveraineté qu'ils avaient laissé échapper. On ne saurait trop louer le gouvernement consulaire d'avoir paralysé ces causes de discordes et de malheurs, par sa prudence et par son énergie1. Heureux s'il avait pu , deux ou trois siècles plus tard , combattre avec le même succès l'influence déplorable de la centralisation ! influence qui a transporté dans une seule ville le monopole des arts, des lettres, des sciences et des talens ; influence qui a effacé sous un vernis monotone les

1 Nous indiquerons un grand nombre d'acles consulaires; mais il 8e î.iii impossible die les donner lous , car ils forment deux, cents voluiu petit in-folio.

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couleurs si varices et si originales des localités; influence qui a prive le Dauphinois, le Lyonnais, le Provençal, le Languedocien, le Breton , le Normand et tant d'autres de leur génie spécial, pour en faire les memhres ahatardis d'un corps immense où la vie est seulement dans la tête ; influence enfin qui doit fixer plus que jamais l'attention des philosophes , car s'il est possible d'en affaiblir les résultats sans détruire les avantages de la nationalité , on aura répandu sur tout le sol de la patrie l'éclat et la prospérité qui sont accumulés sur un seul point. Nous développerons dans la suite ces importantes vérités1.

L'autorité royale était à peine établie à Lyon , depuis quelques années, que les citoyens s'aperçurent de plusieurs inconvéniens : le premier et le plus insupportable pour des hommes entièrement occupés de leurs affaires commerciales , était l'éloignement du sénéchal, qui fixait très souvent sa résidence à Mâcon , avec le juge des appellations ou des appeaux , pour le ressort et la justice du roi. Ils supplièrent Philippe de Valois, qui régnait alors , d'établir le tribunal au bourg de l'ile Barbe , près de Lyon , sur les terres du royaume. L'archevêque, qui avait conservé une ombre de juridiction temporelle et une sorte de police ecclésiastique sur les citoyens , calomniait de son

1 Nos Lettres Ij-onnaises, qui serviront do complément à l'histoire de Lyon , les mettront surtout dans tout leur jour.

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