‹ Histoire de LyonChapitre 177 sur 223 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

côté les intentions du gardiateur, et le représentait comme une source intarissable de dissensions entre le prélat et son troupeau. «Ce n'était point « là, disait-il , le moyen de donner à la religion « toute la splendeur qu'elle avait à attendue d'un « roi très chrétien. » Philippe députa des commissaires pour examiner les sujets de plaintes des deux partis. D'après leur rapport, il fut décidé « que le gardiateur royal siégerait à Lyon , mal- « gré les représentations du clergé1; qu'il ne se « mêlerait des affaires de l'archevêque qu'autant « qu'elles concerneraient les devoirs de sa garde ; « que, pour complaire aux citoyens, le bailli de « Màcon ferait sa résidence ordinaire dans le « bourg de File Barbe*. »

Le prélat n'en continua pas moins de blesser, dans plusieurs circonstances, les intérêts et l'amour-propre des gardiateurs. Ceux-ci enveloppèrent dans leur vengeance et les clercs et les citadins; leurs fonctions instituées dans un but philanthropique, devinrent un moyen honteux de despotisme : les bourgeois étaient obligés de comparaître d'abord devant le tribunal ecclésiastique pour de simples délits de police correctionnelle; le gardiateur les appelait ensuite devant le juge royal, et les faisait condamner à des amendes au profit du souverain. De tout temps la puissance

» Arrêt de la cour de Paris du 6 juillet I3!>8.

Q Lettres patentes données à Vincennes dans le mois do décembre de la même aimé».'.

des rois a été compromise par leurs agens , et ceux qui repoussent le gouvernement représentatif devraient s'apercevoir que c'est moins contre les princes que contre leurs ministres qu'il est établi1. Les bourgeois de Lyon portèrent de nouveau leurs plaintes à Philippe de Valois. Le bailli de Maçon et son lieutenant furent chargés de faire cesser toute espèce de poursuite; le gardiateur fut réprimandé, et l'on publia de nouveau que la garde était établie en faveur des citoyens pour la conservation de leurs privilèges, et non pour les inquiéter.

Néanmoins, la conduite scandaleuse des employés royaux fut une leçon utile dont les citoyens profitèrent. Ils sentirent la nécessité d'instaler d'une manière solennelle leur gouvernement municipal, pour contre-balancer les intrigues de l'archevêque et les empiétemens de la royauté3.

Les conseillers de la ville allèrent., au nom de tous les habitans, présenter une requête au lieutenant du sénéchal; ils demandaient que l'on publiât et que l'on enregistrât sans plus tarder, les privilèges, lettres patentes, actes divers concernant les grâces, immunités, franchises, libertés accordées et confirmées par les rois de France à

1 Alliance de la Religion et de la Politique , ou Parallèle du christianisme dans son étal primitif avec les gouvernement représentatifs actuellement établis , ouvrage que nous nous proposons • le publier bientôt.

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