‹ Histoire de LyonChapitre 184 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

de Bourbon étaient à Lyon et dans les environs, lorsqu'ils apprirent la situation déplorable des campagnes de Briguais. Cette nouvelle déplut surtout à monseigneur de Bourbon, qui avait en gouvernement le comté de Forez où ses neveux possédaient de riches domaines non loin des maraudeurs. L'ordre du départ fut donné à bon nombre de chevaliers et d'écuyers , et l'on envoya devant les coureurs pour savoir et aviser à quels gens on avait affaire. Les tard- venus ne doutèrent pas un seul instant de la victoire, quand ils virent la nonchalance avec laquelle on étudiait leur position : ils s'étaient postés pour la plupart sur la petite montagne dont nous avons parlé, mais une grande partie de leurs cavaliers et de leurs fantassins les mieux armés se tenaient cachés derrière. Ils laissèrent approcher les coureurs presque sur le front de leurs premières lignes; ils leur permirent de les examiner sans crainte , et de retourner vers Jacques de Bourbon sans dommage. Le comte d'Uzès, messire Regnault de Forez et les seigneurs s'approchèrent des coureurs, et leur demandèrent ce qu'ils avaient vu ; ceux-ci répondirent : « Nous « avons vu les compagnies rangées et ordonnées « sur un tertre, et bien avisées à notre loyal c< pouvoir ; mais tout considéré, ils ne sont pas « plus de cinq ou six mille hommes là environ , « et encore sont-ils mal armés ». Quand messire Jacques de Bourbon ouït ce rapport, il dit à l'ar-

chiprêtre qui était assez près de lui : « Arclii- « prêtre, vous m'aviez dit qu'ils étaient bien « quinze mille combattans, et vous entendez tout « le contraire. — Sire , répondit l'arcbiprêtre , « encore n'en crois-jc pas moins; et s'ils n'y sont, « Dieu y ait part , c'est pour nous : regardez ce « que vous en voulez faire. — En nom de Dieu , « répondit messire Jacques de Bourbon , nous « les irons combattre au nom de Dieu et de saint « George. »

« Messire Jacques de Bourbon fit flotter suret le-champ toutes ses bannières et pennonceaux, à disposa tout avec ordre, ordonna la bataille et « créa plusieurs nouveaux chevaliers. Première- « ment son fils aîné, qui leva bannière; son ne- « veu , le jeune comte de Forez, qui leva aussi « bannière ; le seigneur de Yillai s et de Rous- « sillon , le sire de Tournon , le sire de Montée limay et le sire de Grosley du Daupbiné. Là « étaient encore messire Robert et messire Louis « de Beaujeu , messire Louis de Chàlons, messire « Hugues de Vienne, le comte d'Uzès, et plu- « sieurs bons chevaliers qui désiraient se cou- « vrir de gloire en se jetant avec intrépidité sur a les tard- venus. L'arcbiprêtre , qui s'appelait « messire Regnault de Ccrvoles, fut chargé de a commander la première attaque : il l'entreprit « volontiers, car il était hardi et appert cheva- « lier; il avait devant lui plus de quinze cents « combattans. Les compagnies de maraudeurs et

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