‹ Histoire de LyonChapitre 185 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« de pillards voyaient de dessus leur montagne « l'ordonnance et la disposition des Français ; « mais on ne pouvait voir les leurs et en appro- « cher sans danger. Ils avaient de plus, au mi- « lieu de leurs retranchemens , près de mille « charretées de cailloux de toute grosseur : ce « qui fut à leur avantage et à leur profit. Nous « verrons comment. Les gens d'armes de France « qui désiraient si ardemment de les combattre, « furent arrêtés tout-à-coup par la pente rapide « de la colline. INe pouvant aller devant eux ni « attaquer directement leurs ennemis, ils clier- « client à côtoyer leur espèce de forteresse pour « trouver un chemin favorable et donner l'as- « saut. Mais à peine étaient-ils arrivés au dessous « des premiers postes, que les tard-venus les acte câblent de rocs, de pierres, de cailloux : pas « un seul bouclier ne peut résister, et presque « tous les gens d'armes furent mis hors de cornet bat. Alors avancèrent à leur secours les autres « soldats rangés en bataille, Jacques de Bourbon, a son fils, son neveu, grand nombre de bonnes « gens qui tous allaient se perdre : ce fut dom- « mage et pitié qu'ils n'ouvrirent pas de plus « saçes avis et de meilleurs conseils. Bien avaient « dit l'archiprètre et plusieurs chevaliers anciens « qui se trouvaient là, qu'on allait combattre les « compagnies de maraudeurs avec trop éminent « péril , dans la position où ils étaient et où ils « se tenaient; que si l'on était assez prudent d'at-

« tendre qu'ils se fussent éloignes de leur fort, « on en aurait meilleur parti. Mais ils n'en puce rent oneques être ouïs.

« Ainsi messire Jacques de Bourbon et les au- « très seigneurs, bannières et pennons devant « eux, approebaient et côtoyaient la montagne, « non sans être harassés par les tard-venus ; car « ceux-ci jetaient des cailloux avec tant de force « et en si grande abondance, qu'il n'y avait point « de cbevaliers si hardis qui ne les redoutât, a Quand les maraudeurs eurent assez long-temps « tenu en échec les gens d'armes qui leur étaient « opposés, leurs grosses troupes rangées en bâte taille , fraîches et nouvelles , vinrent autour « de la montagne par une autre voie. Ces soldats « étaient aussi serrés , aussi pressés que les brous- « sailles les plus touffues, et avaient leurs lances « toutes recoupées à la mesure de six pieds ou « environ ; ils s'avancèrent de bonne volonté , en « s'écriant tous d'une voix : a Saint George! férir « en ces Français». A cette première attaque, ils « en renversèrent un grand nombre. Néanmoins « il y eut un combat et une mêlée terrible des a uns et des autres ; mais ces compagnies se bâtée taient si hardiment, que c'était merveille de c< voir, et que les Français furent forcés de reee culer1

ee Et là fut l'archiprêtre un bon chevalier, et

1 Froissart, Chroniq.

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