‹ Histoire de LyonChapitre 186 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« vaillamment se combattit ; mais il fut si entre- « pris et si mené par force d'armes, qu'il fut du- « rement navré et blessé et retenu à prison , et « plusieurs chevaliers et écuyers de sa troupe. « Que vous ferois-je long parlement? De cette be- « sogne dont vous oyez parler, les François en « eurent le pire ; et y furent durement navrés « messire Jacques de Bourbon, et aussi fut mes- « sire Pierre son fils; et y fut mort le jeune comte « de Forez, et pris messire Regnault de Forez « son oncle, le comte d'Uzès, messire Robert de « Beaujeti, messire Louis de Chàlons, et plus de ce cent chevaliers; encore à grand'dureté furent u rapportés en la cité de Lyon sur le Rhône, mes- « sire Jacques de Bourbon et messire Pierre son « fils. Cette bataille de Brignais fut l'an de grâce « notre Seigneur treize cent soixante-unième, le « vendredi après les grand'Pàques T. »

1 Pâques arriva cette année le 28 mars ; le vendredi suivant fut donc e 2 avril. Cette date ne s'accorde point avec celle de l'épitaphe de Jacques de Bourbon et de son fils , qui étaient enterrés à la droite du grand autel de l'église des Dominicains de Confort (qui se trouvait à côté de la place des Jacobins à Lyon). On lisait sur leur tombeau : Cy gist messire Jacques de Bourbon , comte de La Marche , qui mourut à Lyon de la bataille de Brignais qui fut l'an 1362 , le mercredjr devant les Rampos (les Rameaux). Item cy gist messire Pierre de Bourbon, comte de La Marche , son fils , qui mourut à Lyon de cette même bataille Van dessus dit. Les chroniques de France viennent à l'appui de l'épitaphe : on lit , chap. 136 , que la bataille de Brignais se donna le 6 avril 1361 ( 1362) avant Pâques. Or, en 1362, Pâques fut le 17 avril ; ainsi , le 6 de ce mois fut le mercredi avant les Rameaux, ce qui cadre parfaitement avec la date de l'épitaphe. On ne saurait donc nier que

Froissait ne se soit trompé sur la date de coite bataille. (Fkoissm.t, Chroniques, note de la nouvelle édition I82i , tom. iv, page 135.) — « Denys Sauvage, historiographe du roi Henri n, en ses annotations sur

« Froissart , a cru qu'il v avait erreur en la date de cette bataille , parce « qu'ayant été donnée vers le temps de Pâques , il n'avait pas fait ré- « flexion à [a manière de compter les années de ce t« mp- la en France, « où elles commençaient à Pâques, et croisaient ainsi deux années se- « Ion l'usage des autres nations, choses qui semblent fautives à ceux •< qui n'ont pas égard à cet usage ancien du royaume jusqu'au règne de « (maries ix. » Mlnkstrier , Histoire consulaire.

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