TROISIÈME PARTIE
bonnes villes du royaume. A Arras , c'étaient des cris d'allégresse qui ne finissaient point. La foule, comme enivrée de contentement , ne pouvait apaiser ses transports; on entendait crier : « Noël! » de toute part. Un jour ne suffit pas à épuiser une si grande joie : on ne se lassait point de fêtes p de repas, de danses1. A Lyon, on répandit à son de trompe la bonne nouvelle « que la paix faite à « Arras entre le roi, notre sire, et Philippe, duc « de Bourgogne, par le moyen de Charles, duc « de Bourbonnais, et de plusieurs autres, soit <f prélats, soit légats, tant de notre saint Père le « pape Eugène iv comme du saint concile à prête sent séant à Baie, a été publiée en cette ville « de Lyon par messire de Valpergue, bailli de « Mâcon et sénéchal de Lyon. Sont commandés « de bâtir les chauffaux2 de bois qui seront né- « cessaires à faire pour joyer les personnages qui « sa doivent représenter dimanche et lundi proie chains en cette ville, sur le fait de ladite paix, « tant devant Saint-Jean comme ailleurs. On ai- « dera des deniers communs aux compagnons « qui veulent faire, dimanche qui vient, les perce sonnages aux Jacobins, la somme de six livres « pour construire leurs chauffaux3. »
1 Barante , Histoire des ducs de Bourgogne.
3 Échafauds ou tréteaux. Nous sommes ici à l'origine de l'art dramatique en France ; nous le verrons bientôt porté à Lyon jusqu'à la malice d'Aristophane.
5 Actes consulaires, 13 janvier I43£>.