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TROISIEME PARTIE

son à la ville : elle accepta. Le chapitre de Lyon fut aussi consulté et se trouva du même avis. La difficulté riait de loger les gens d'armes. Jamais les bourgeois, dans des circonstances beaucoup plus critiques, n'avaient voulu permettre le séjour des troupes françaises dans leurs maisons: la milice citoyenne suffisait pour la garde. On s'adressa donc aux différons botes de la cité. Ces derniers, et principalement les maîtres des hôtelleries des Trois-Colons, de l'Ange, de l'Ecu-de- France, de la Croix-Blanche, du Chapeau-Rouge, de la Tête-Noire, de la Cloche, du Faucon , de la Croix-d'Or, répondirent « que la plupart d'entre « eux, quasi tous, tenaient lesdites hôtelleries à « grand louage, et que personne ne viendrait lo- « ger là où l'on saurait qu'il y a des gens d'armes ». Sur leur refus, les conseillers firent publier à son de trompe que ceux qui voudraient loger les troupes mises en sentinelles contre le dauphin , recevraient par mois dix sous tournois pour six hommes et six chevaux.

Le dauphin, déjà soupçonneux comme un tyran, et ayant sans cesse présent à son imagination les assassinats célèbres de son siècle, fut très inquiet lorsqu'il connut tous ces préparatifs pour lr réduire à une obéissance passive.

Il s'efforça, pour mieux se défendre, d'ébranler la fidélité des Lyonnais. Leur ville aurait été un boulevard formidable contre les entreprises du roi. Messire de Château-\ illain vint secrètement à

Lyon ; il se logea dans l'hôtel du Mouton , m la rue des Àlbergeries, partie de l'empire, el pria les membres du consulat de venir délibérer dans son appartement. Cinq seulement se rendirent à son invitation. Le seigneur adroil , aussi rasé que celui qui l'envoyait, leur fit entendre que le dauphin , dans un petit voyage qu'il venait de faire de Vienne à Saint-Priest, avait appris par basard que l'on faisait guet et garde à Lyon parce qu'on se méfiait de lui. «Jugez, ajoutait-il, com- « bien il a été ébahi et mal content : mondit « seigneur ne voudrait faire ne souffrir être fait « à icelle ville ne aux habitans d'icelle mal ne « déplaisir en aucune manière! Ains la voudrait « préserver et garder comme voisine à soi et à « son pays , et l'a autant que ville du royaume « de Fiance en bonne recommandation , pour- « quoi n'est pas besoin faire ladite garde pour « doute de Monseigneur. Allez donc, Messieurs « les Conseillers, apprendre à un chacun et dire « à messire le grand-maître du roi actuellement « dans votre ville , de se fier au dauphin ; car à « lui ne au moindre officier du roi il ne voudrait « faire mal ne déplaisir. »

Les conseillers remercièrent le seigneur de Chàtcau-Yillain de son excellent rapport, le priant, en bons commerçans , de supplier le dauphin qu'il eut toujours la ville de Lyon en sa bonne grâce et pour sa recommandée. De l'hôtel du Mouton ils se transportèrent chez le grand- mai-

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