‹ Histoire de LyonChapitre 28 sur 223 · TROISIÈME PARTIE. f · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. f

tonnier dont l'office consistait à citer les prêtres et les clercs de l'église, et à leur signifier les intentions du chapitre ; car, chose remarquable el qui causa de grands troubles dans plusieurs royaumes voisins, il avait été arrête par une ordonnance des cardinaux -légats envoyés par le pape, que les clercs, les prêtres, les serviteurs de l'église et les familiers du cloître « seraient « exempts de la juridiction ordinaire, et seraient « jugés pour toutes leurs affaires par deux cha-

t« noines à ce députés par le chapitre, qui ferait « choix des plus sages et des plus modérés pour « exercer cet emploi, après avoir prêté serment « d'examiner et déjuger les causes des ecclésias- « tiques dans l'espace de soixante jours, à la ré- « serve des familiers et officiers de l'archevêque, « qui devaient être jugés dans la maison même « de l'archevêque ».

Ainsi, comme les bedeaux étaient employés dans la cour séculière du prélat, le bâtonnier l'était dans celle du chapitre. Il arrêtait les clercs et les prêtres accusés de quelque crime, et les mettait dans les prisons de l'archevêque jusqu'à ce que leur procès fût terminé. 11 y avait aussi un office de crieur public , au nom de l'archevêque et du chapitre, parce que les enchères devaient se faire au nom de l'un et de l'autre, ce qui fut souvent une occasion de plusieurs contestations ridicules. Ce crieur assistait à toutes les ventes, encans et subhastations, à cheval, vêtu de blanc, l'épée nue 1 1 1 :">

à la main, accompagné de sergens. On voyait

très souvent dans les assemblées tumultueuses

qui se formaient autour de lui, le roi du cloître et le roi des rihauds : le premier avait une espèce de juridiction sur tous les cabaretiers; le second, personnage moins distingué, avait la permission d'entrer dans le cloilre et même dans l'église , vêtu d'un habit fait en forme de rets, qu'on appelait filoche; il devait donner à l'entrée de la porte du cloître, dite Porte-Froc, cinq sous au roi du cloître pour ses droits. Son emploi était de rechercher les filles publiques : s'il les trouvait hors de leurs habitations établies aux extrémités de la ville1, ou parées comme les femmes de qualité et sans la marque distinclive d'une espèce d'aiguillette2 ou de nœud de ruban sur

» Dans notre siècle de perfectionnement moral , et sous des administrations extrêmement religieuses, les filles publiques sont répandues dans tous les coins de la ville, et logées jusque dans les maisons des hospices : la boucherie des Terreaux , qui appartient à l'Hùtel-Dieu , en est remplie : « La prostitution , dit un médecin célèbre de celte ville , estbeau- « coup trop considérable à Lyon , et cette cité , sous ce rapport , ne le « cède peut-être à aucune des villes qui passent pour les plus corrom- « pues de l'Europe, telles que Berlin , Amsterdam , Venise , Berne , etc. « M. Giraud , ancien commissaire de police à Lyon, homme fort au des- « sus de sa place par son instruction, et qui aimait à former des tableaux « statistiques dans la partie administrative dont il avait l'attribution , me « disait peu de temps avant sa mort, arrivée en IS19, qu'il était porte à « croire, d'après des calculs approximatifs faits dans sa charge et dans plu- « sieurs arrondissemens où il l'avait exercée , que trente mille femmes au « moins vivaient, dans la ville et les faubourgs, de la prostitution ou de " produits. » Sainti:-M \nii-, Observations de salubrité publique, etc. 5 Ce mol a joué un très grand rôle «Lms les fastes judiciaires.

Page 1