TROISIÈME PARTIE
pour rappeler les privilèges concédés par les empereurs d'Allemagne, fondateurs de la puissance temporelle de notre église. Aux processions solennelles du moven âge, outre la bannière du lion qui appartenait aux ecclésiastiques de Saint -Just, le chapitre faisait porter par des clercs nobles deux énormes griffons. La bannière de la grande église marchait la première , venait ensuite celle de Saint- Paul, celle de Saint-Thomas de Fourvières était la troisième, la quatrième celle de l'église de Sainte- Croix , la cinquième celle de Saint-Romain , la sixième celle de JNotre-Dame de la Platière, la septième celle de Saint-George, la huitième celle de Notre-Dame du Pont, la neuvième celle de Saint-Alban J , et la dernière celle de Saint-Vincent. Après les enfans de chœur venaient la bannière de Saint-Nizier et celle de Saint-Just ; les griffons accompagnaient toujours les deux grandes croix,
treizième siècle , époque où l'église de Saint-Jean fut choisie pour cathédrale , et si saint Jean l'évangéliste était le patron de cette primatiale.
1 II existe près de Lyon un joli hameau nommé aussi Saint-Alban , composé seulement de quelques maisons, et situé à une lieue sud-est de la ville de Lyon , près de la grande route d'Italie , et sur une petite éminence d'où l'on jouit de la vue la plus étendue et la plus variée : une plaine immense se développe sous les yeux , et n'est bornée que par les coteaux de la rive droite du Rhône. Il parait que ce territoire a été autrefois plus peuplé qu'il ne l'est maintenant. D'anciens titres nous apprennent qu'une paroisse appelée de Chaussagne y était établie. Une chapelle, sous l'invocation de Saint-Alban, a remplacé l'église de Chaussagne. Avant la révolution , elle était très fréquemment visitée par les fidèles. On y vouait les enfans malades , et l'offrande qu'on y apportait le plus ordinairement dans ce cas, était un coupon de seigle.
6i HISTOIRE DE LYON.
dont l'une appartenait à l'archevêque , et l'autre
au chapitre.
Pour compléter l'idée que l'on doit se former de l'administration séculière des archevêques dans
l'intérieur de la cité, il reste à parler brièvement des bas-officiers de la justice. Si les sommités de l'administration étaient loin d'être pures, il ne faut point s'attendre à trouver les subalternes irréprocbables.
Les bas-officiers de la justice séculière de Lyon étaient les sergens au nombre de douze, parce que le juge, le courrier, le viguier et l'official en avaient chacun trois, qu'ils établissaient et instituaient après leur avoir fait prêter serment. Ils portaient aussi le nom de bedeaux : dans un acte d'appel des citoyens lyonnais , fait à Paris à la fin du treizième siècle, par Guillaume Buger et Rollet Cassard, syndics de la communauté, il est dit que le pape Grégoire x avait ordonné qu'il n'y eût à Lyon qu'une seule justice ou cour séculière, et que nul autre que l'archevêque ne pût avoir des bedeaux1 et des prisons. Ce fut alors que les sieurs de Saint-Just nommèrent un bà-
i Quod nulkis alius praMer dictum dominum archiepiscopum , et suos possct in civitaie prsedictâ ab indé in aniea jurisdictiooem tcmporalcra aliquandô exercere , née badellos aul carcerem habere posset , hœc et plura alia in ordinationc dicti domini pape plenius continentur.... Appellatio facta coram domino archiepîscopo super expositione factà parisiis. — Il y a dans le cartulaire de Villeneuve une sentence du juge-courrier contre les sergens ou bedeaux de l'archevêque , qui dépouillaient ceux qu'ils arrêtaient et emprisonnaient.