‹ Histoire de LyonChapitre 42 sur 223 · livre quatrième · texte numérisé non relu

livre quatrième

Un pont servait de communication en Ire le quartier des chanoines et la plaine triangulaire du confluent. Héraclius le simonjaque en avait été le fondateur, mais il mourut avant de le voir terminé. Alors les procédés de construction étaient lents; on fondait une pile tous les demi-siècles, et l'on bâtissait les églises par portions détachées; le reste était fait en bois provisoirement : de là cette irrégularité désagréable dans tous les édifices lyonnais du moyen âge. Aucun de nos superbes mon u mens ne remonte au temps orageux de la féodalité : ils sont presque tous de cette époque fortunée où la ville était libre, et où les arts prirent un essor brillant à l'époque de la renaissance. Le Pont-de-Pierre qui nous occupe et qui existe encore, est jeté sur la Saône comme une longue et lourde masse; il est à peine assez large pour permettre le passage de deux petites voitures, il n'a pas trois arcades semblables; mais les combats dont il fut témoin entre les bourgeois et le chapitre , l'ont rendu célèbre : il mérite notre attention.

9i HISTOIRE DE LYON.

Quand il fut commencé, l'argent ne manquait pas, les habiles ouvriers seuls étaient "rares. Le trésor de Saint-Etienne, les offrandes des fidèles, les collectes des citoyens et de plusieurs étrangers , furent employés à sa construction. On trouve dans les archives, et surtout dans l'obituaire de Saint-Jean, un grand nombre d'actes de différentes familles qui s'engagèrent à faire bâtir une arcade. Quoique le pont fût très étroit, elles profitaient des piles pour y élever des maisons qui n'ont été démolies que depuis peu d'années, du coté de l'ancienne Bourse , aujourd'hui temple des protestans; celles qui sont du côté de Saint- Nizier, et qui ont remplacé les anciennes, disparaîtront bientôt. L'histoire a conservé le nom de Tédin , grand-custode de l'église métropolitaine, qui fit bâtir à ses frais une des arcades du pont. Aldegarde, mère du doyen Durannus, en fit fonder une autre, et laissa de quoi en construire une troisième1. La construction des deux tiers de ce pont ne fut pas aussi difficile ni d'une aussi grande dépense qu'il le paraît au premier coup d'œil : la nature en avait elle-même jeté les fondemens dans ces rocs énormes sur lesquels on éleva ses piles, et que nous apercevons toutes les fois que les eaux de la rivière sont basses. Dans nos temps modernes, il a été question d'y placer

1 Voyez Pm,r plus do détails le Répertoire général des archives, article Ponts.

Page 1