‹ Histoire de LyonChapitre 43 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

un palais de justice; des membres du conseil départemental applaudissaient à ce projet : ils ne songeaient pas que les affouillemens qui ont déjà lieu sous le quai Yilleroi, à cause de la projection des flots par les rocs, auraient fini par engloutir plusieurs maisons de la rue Mercière, si la masse d'un édifice eût rendu Faction des eaux plus impétueuse'. Les rocs de la Saône, en cet endroit, sont une continuation de la bande granitique qui s'étend depuis la porte Saint-Clair jusqu'au rocher de Pierre-Scise , et se prolonge bien loin sous les deux rivières, considération de géologie qui aurait dû ôter toute idée de creuser des puits artésiens sur la place de Bellecour ; mais il est démontré que les sociétés de savans ne doivent pas être consultées dans une ville de commerce. Quand nous parlerons du quartier neuf de Perruche, nous verrons que l'administration permet d'y creuser une gare, sans doute pour la salubrité publique2.

» En 1561, on conçut le projet de bâtir l'Hôtel-de-Ville sur les roches de la Saône ; il fut dressé un modèle de cet édifice ; on paya à maître Etienne Genin , marchand charpentier de la ville , cent quatre-vingtquinze livres douze sous neuf deniers , pour les journées, salaires et dépenses par lui fournies aux ouvriers qui ont besoigné et travaillé le modèle de la maison que le consulat entendait faire édifier et bâtir sur les roches du pont de la Saune, comme appert en un registre sur lequel les journées sont écrites. Actes consulaires, 11e registre , le 19 décembre 1561.

- A moins qu'on n'établisse une communication directe entre le Rhône et la Saône , cette gare pourrait être nuisible ; nous en dirons plus tard

Enfin, pour compléter cet le notice sur le Pontde-Pierre ou du Change, nous ajouterons que dans cette entreprise du moyen âge, on mit à profit les débris de plusieurs ouvrages romains. Il est facile de s'en convaincre en examinant les piles de ce pont : on \ voit des morceaux d'anciens édifices, des corniches, des moulures, des inscriptions défigurées ; la nature, pour rendre ces ruines plus pittoresques , les a couvertes en partie avec des mousses et des arbrisseaux. Les antiquaires parlent surtout d'une inscription romaine placée sous l'arc merveilleux, ainsi nommé parce que c'était là que passait tous les ans, en bateaux, la célèbre procession de la fête des Merveilles. Des tours, semblables à celles qui fortifiaient les maisons des bourgeois dans l'intérieur de la cité, s'élevaient aux deux extrémités du pont avec les armoiries de la commune1 et celles du

la raison , quand nous parlerons des moyens de rendre la ville de Lyon plus salubre.

1 Les armoiries de la ville de Lyon , telles qu'on les Irouve dans les plus anciens manuscrits, sont : « Un lion d'argent rampant , armé et « lampassé de même , sur un champ de gueules, au chef d'azur chargé « de trois tteurs-de-lis d'or. » Les trois lleurs-de-lis d'or furent incorporées dans le moyen âge comme un signe de patronage exercé par les rois de France envers la ville. (Voyez ce que nous avons dit sur le lion dans le quatrième livre du premier volume ; Archives du Rhône ; Me Destrier, Histoire consulaire et Méthode du blason ; J. Picrii ValeHani Hierogljrph.; Fodéré, ÏSarration historique et topographique des couuens de l'ordre de Saint-François, etc.) — On trouve le lion ainsi représenté sur le frontispice d'un opuscule intitule Hièroglyfique de la vertu soubs la figure du lion , dédie à d'Alin-

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