TROISIÈME PARTIE
« delaine près Lyon». Mais pour remplir le vide que faisaient clans la caisse de l'octroi tous ces privilégiés, on prononçait un ou deux sermons, le dimanche des Rameaux, sur le pré au delà du pont, pour faire sortir les habitans et recevoir le droit de barrage. Il y avait de plus des servis et lentes appartenant à la fabrique dudit pont : une grange avec prés, terres et dépendances; un brotteau devant la rue Neuve; des maisons devant Saint-Nicolas, et plusieurs métairies aux environs dont les fermiers étaient tenus de faire chanter des messes dans l'église de Saint-Nicolas. Les anciens tarifs ne parlaient ni de charrettes ni de chars : il parait que tous les transports de marchandises se faisaient à dos de cheval ou de mulet, ou par eau; ce n'est que dans un acte du commencement du seizième siècle que nous avons trouvé qu'on payait trois deniers par roue. Mais un document qu'il faut conserver est l'ordonnance ' suivante du bailli de Maçon , sénéchal de Lyon : Nous entendons ne devoir pas être soumis au « barrage les habitans de la ville qui seraient mate lades ou qui auraient besoin de prendre l'air « pour leur santé, et qui iraient sur ledit pont « ou environ icelui; non plus ceux qui de ladite a ville iraient aux lièvres et voler à l'esperviel , « qui auraient avec eux leurs chiens ou oiseaux « à non autrement; non plus les bourgeois qui,
a » Del année 1379.
« dans une lieue ou plus loin, auraient leurs mai- « sons près du pont, et y iraient une ou deux « fois l'an , ou aux moissons une ou deux fois ; « les prélats, nobles et officiers du roi, passant « sur ledit pont pour aller en Avignon ; leurs « chapelains, écuyers et varlets; le notaire du roi « en sa cour de Roanne; les bouchers pour leurs « bêles qui sont ordinairement en grands trou- « peaux et en pâturages. »
Plusieurs événemens extraordinaires ont eu lieu sur le pont de La Guillotière, depuis sa chute à l'époque de Philippe-Auguste, jusqu'au passage de Napoléon Bonaparte à son retour de l'île d'Elbe ; de nos jours il s'en est fallu de peu que l'explosion d'un bateau à vapeur1 n'ait fait sauter une partie de ce pont : ces événemens trouveront leur place dans la suite de la narration. Nous dirons seulement que la vogue de Bron occasiona* une catastrophe épouvantable. La retraite, on ne sait par quel motif, fut sonnée à Lyon avant l'heure ordinaire pour la fermeture des portes. Chacun se hâte de rentrer : deux voitures s'étaient croisées sur le pont, auprès du corps-de-garde ; elles obstruent le passage de manière à ne laisser qu'un couloir très étroit et insuffisant pour faire évacuer le grand nombre de personnes qui se présentent ; l'engoûment s'ef-
1 Le » mars I8H7.
■ In 171 1.