TROISIÈME PARTIE
du pont du Rhône, et peut-être quelquefois dans la tour qui se trouvait au milieu. 11 était si ancien, qu'on ne trouve clans les archives de la municipalité aucun vestige de son origine. In acte consulaire r dit qu'il n'en est point fait mention de mémoire d'homme, et que ce droit a cessé sans qu'on ait su comment il avait commencé. Le plus ancien titre que nous ayons trouvé à lHùtel-de-Ville sur cette espèce d'octroi du moyen âge, sont les lettres patentes de Philippe de Valois \ de Charles v '% de Charles vi , au hois de Yineennes4, ou données à Senlis?, qui permettaient aux citoyens de Lyon de lever pendant cinq ans, six ans et plus, un droit de barrage sur ceux qui traverseraient ledit pont , « afin de « soutenir le pont de la ville de Lyon par devers « l'empire sur la rivière du Rhône, pont dont « deux tiers ou environ sont de bois ». Charles vu6, Louis xi7, et Charles vin8, par d'autres lettres patentes , disent « qu'en considération des services « que les bourgeois, habitans de la ville, leur a avaient rendus, ainsi qu'aux rois leurs prédé- « cesseurs, leur accordent entre autre octroi à
« Du 19 juin 1534.
i 26 février 1319, 20 mars 1352, el 20 avril 1335.
5 En 1364.
4 Le I S lepti ml.ro 1366'.
5 Le 3 avril 1378.
• En I 123.
B En décembre 1495.
I f G HISTOIRE DE LYON.
« perpétuité , le droit de barrage du pont du « Rhône dont ils avaient joui de toute antiquité».
Le consulat fut confirmé dans ce droit par les rois successeurs de ceux que nous avons nommés, et surtout par Louis xv, à l'époque de la régence, et plus tard1.
On trouve plusieurs tarifs de barrage. Le consulat , presque toujours attentif à favoriser le commerce, faisait lever ce droit avec modération, et pour le rendre plus supportable, il finit par y assujettir tous les citoyens, nobles ou roturiers. Plusieurs ordres de personnages prétendaient en effet en être exempts , ce qui donnait lieu à de fréquentes contestations. Le roi Charles vi, par ses lettres patentes2, avait déclaré que son intention , en accordant le droit de barrage , avait été que toute personne le paierait, à l'exception seulement des prélats qui en recueillaient une grande portion, ainsi que l'abbesse de Saint- Pierre et le prieur de la Platière, les gens nobles, « notoirement ceux de Saint-Jean-de-Jérusalem , « les maîtres et pauvres écoliers des universités « de Paris et d'Orléans, les officiers en chef avec « leurs domestiques passant sur ledit pont, en « leurs compagnies et non autres, les moisson- « neurs , depuis la Saint -Jean jusqu'à la Madère laine , ceux qui allaient en pèlerinage à la Ma-
1 En décembre 1717, et novembre I77!>.
- Du Irr septembre 1 il<>.