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TROISIÈME PARTIE

raient « qu'il fallait attendre la fin de l'épiscopat « de Renaud, que certainement ce lion du Forez < (inirait par user ses griffes dans ses chasses « périlleuses ; que si d'ailleurs on l'attaquait à « présent au milieu de toute sa puissance, les « pauvres bourgeois de Lyon auraient bientôt « sur le dos tous les vassaux pillards et toute la « parenté seigneuriale de Forez ». On dissimula donc le profond ressentiment causé par les injures des chanoines.

Pendant ce temps-là, les actions toutes belliqueuses de Renaud excitèrent d'autres murmures1 : le pape Innocent ni en ayant été informé , commit l'archevêque de Vienne et l'évêque de Genève pour vérifier les rapports qu'on lui avait faits*. Les trésors de Renaud corrompirent les commissaires de la cour de Rome, et suspendirent les censures pontificales. Rien plus, l'année suivante, le même pape Innocent, désabusé en apparence sur la conduite scandaleuse du prélat de Lyon , le chargea, ainsi que Guillaume de Colonges , doyen, d'examiner les différens survenus entre l'abbé de Cluny et les moines du monastère de Murât en Auvergne5.

Les jours de tranquillité que la puissance et le courage de Renaud donnèrent à son diocèse après ces événemens, lui permirent de s'occuper de

> années V2u6 , 1207, 1208- * année 12 i Année 1209.

plusieurs grands travaux. Nous avons de lui une infinité d'actes de fondations d'églises et de monastères particuliers. Son génie suffisait à tout. Outre le gouvernement du grand fief de l'église, il se trouvait chargé de celui des états de son neveu Guy iv, pendant son bas âge, après la mort de son frère Guy ni, décédé à Acre en Palestine. 11 les administra avec tant de générosité, que la princesse Marie , dame de Sémur , douairière d'Eudes ni duc de Bourgogne, n'hésita point à le prendre pour arbitre1 du différent qu'elle avait eu avec son pupille au sujet des limites de la seigneurie de Sémur et du Roannais. Le prélat lyonnais prononça sur leurs prétentions réciproques avec une grande impartialité qui satisfit les deux parties. Dans le même temps, l'évêché d'Autun étant venu à vaquer par le décès de Gauthier, évèque de cette ville, la régale fut confirmée à Renaud , qui accorda à Durand , évèque de Châlons, l'administration de l'église d'Autun. Renaud obtint du roi de France le péage de Givors. Il acquit, pour le prix de mille sous d'or, les terres que le chapitre a possédées jusqu'à la révolution dans le Roannais ; il joignit aussi aux domaines de l'église la quatrième partie de la seigneurie d'ïseron, engagée à Jaucerand de Lavieu, et la seigneurie du château de Rochefort. Il fit également paraître sa magnificence dans la grande

« Année \¥2Z.

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