TROISIÈME PARTIE
où les bourgeois de Lyon commencèrent à jouir de quelque tranquillité et d'un peu d'aisance, les actes sont très multipliés : plusieurs citoyens opulens contribuèrent de leurs deniers à la continuation de cet édifice; des archevêques et des papes se réunirent à eux; le prélat Renaud de Forez donna' cent marcs d'argent ; Dalmace Morel, doyen de l'église de Beaujeu, légua, au commencement du treizième siècle , le tiers de ses biens pour cette belle entreprise; Innocent rv, par une bulle spéciale3 accorda un an et quarante jours d'indulgence à ceux qui contribueraient par des dons à bâtir la cathédrale; il fut sans doute scandalisé durant son séjour, de la lenteur des travaux et de l'irrégularité de ceux que l'on faisait provisoirement pour pouvoir célébrer les saints mystères. Le cardinal de Talaru , l'archevêque Philippe de Thurey et le chapitre fournirent 3 chacun cent florins pour l'achèvement de la voûte, à laquelle le cardinal de Saluées faisait aussi travailler. L'archevêque Pierre de Savoie et le chapitre avaient statué quelques années auparavant4 que les revenus des bénéfices qui vaqueraient dans le diocèse pendant trois ans, seraient employés pour maintenir la fabrique et refaire le clocher, qui parait en effet plus neuf que le sanctuaire de l'église,
i En 1226.
2 En 1251.
S En IT'I.
t En 1323.
au coté septentrional duquel il est placé. Les travaux furent continués jusqu'au règne de Louis xj, sous lequel la superbe façade de l'église de Saint- Jean fut construite.
Pour avoir une idée complète de cet imposant édifice, il faut pénétrer en quelque sorte dans ses entrailles, et parcourir les nombreuses galeries qui l'entourent en dedans, en dehors, de tout coté. On admire d'abord son agréable position sur le bord d'une rivière tranquille, à l'extrémité occidentale d'un beau pont construit dans les temps modernes , tout près d'une colline ombragée de mille bosquets. La vue dont on jouit de ses terrasses est ravissante ; toute la ville , les deux fleuves qui arrosent son territoire , la plaine immense du Dauphiné , les Alpes et leur horizon remarquable, s'offrent aux regards ; mais ce panorama , quelque riche qu'il soit , frappe moins le spectateur que les détails d'architecture, le choix des pierres, leur liaison admirable, leurs flèches et leurs festons qui se détachent sur le ciel. Dans le premier cas, c'est l'œuvre de la nature; ici, c'est l'ouvrage de l'homme : on est étonné de ce qu'il ait pu faire de ce vaste édifice un ensemble aussi régulier, malgré tant (Tinter* ruptions et de reprises différentes. C'est la seule exception , parmi les monumens gothiques de Lyon, à la règle générale que nous avons établie plus haut. Le palais archiépiscopal, les maisons de particulier, et même la nouvelle Mané-