‹ Histoire de LyonChapitre 79 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

parler. La peinture4 de leurs vitraux, surtout celle des vitraux du chœur, ne laisse pénétrer qu'une lumière mystérieuse qui convient parfaitement à l'auguste sacrifice que l'on répète chaque jour dans le temple saint. Le sanctuaire est la partie la plus ancienne de l'édifice; il est facile de s'en apercevoir quand on l'examine dans sa partie supérieure et du haut des tribunes : la construction en est tout entière, depuis la base jusqu'aux vitraux , en pierres magnifiques de Fay ou de ( lioin , qui avaient ser\i jadis au superbe forum de Trajan ; on y remarque aussi des blocs de marbre d'une grande beauté. La pierre de Choin et ces blocs ont été polis dans tout le sanctuaire ; mais ils sont cachés , jusqu'à une certaine hauteur, par une boiserie qui ornait autrefois le chœur de l'église de Cluny , et que l'on a gâtée par une peinture de très mauvais goût : la couleur naturelle du bois de chêne ou de noyer convient seule aux stalles et à ces sortes de boiseries. Le maîtreautel s'élève presque au centre de l'embranchement de la croisée qui forme l'intérieur de la cathédrale ; il n'est remarquable que par deux croix que l'on commença à y placer, comme monument historique, à l'époque du concile où mourut saint Bonaventure , et où fut célébrée la réunion momentanée des églises grecque et latine. Une riche balustrade de fer termine le chœur devant et sur les cotés. Les chapelles qui se trouvent le long des petites nefs ont été fondées à diverses époques

par les archevêques et les chanoines. La première à droite en entrant , éclairée par un petit dôme en vitrage , est disposée pour la célébration de

l'office canonial pendant l'hiver. La chapelle de Charles de Bourbon vient ensuite ; on l'a mise de nos jours sous l'invocation de saint Louis; c'est un des derniers et des plus beaux ouvrages de l'architecture gothique. Suivant l'expression de Colonia, on dirait presque qu'elle voulut se signaler avant de disparaître et de céder la place à l'architecture antique , que l'on rétablissait avec enthousiasme. Les ornemens y sont en effet d'une richesse et d'une élégance inouïes. On voit partout la devise du cardinal de Bourbon: c'est un bras revêtu d'un fanon avec l'épée flamboyante, et ces mots sur un ruban : «N'espoir ne « peur. » Le cardinal étant mort avant que sa chapelle pût être finie, son frère le duc Pierre de Bourbon prit soin de la faire achever. 11 y grava aussi sa devise particulière; c'est un cerf ailé avec les mêmes paroles, « n'espoir ne peur ». Son chiffre, souvent répété, rappelle son nom de baptême et celui de sa femme , la célèbre princesse Anne, fille de Louis m, qui donna des preuves de son habileté dans les affaires durant la minorité de Charles vin. Les chardons qui accompagnent ce chiffre sont une espèce de rébus ou de figure emblématique cl parlante que Pierre de Bourbon adopta, suivant le marnais goût de son siècle, en épousant celle princesse. Il vou-

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