TROISIEME PARTIE
lait témoigner par là que le roi lui avait fait «un ■ cher don » en lui donnant sa fille en mariage. Il n\ a de bien clans ce rébus que la manière dont il est sculpte. La première année de la restauration, les neuf chanoines titulaires, les douze chapelains , et sans doute les vingt-deux chanoines d'honneur qui composent aujourd'hui le chapitre, ainsi que le curé et les deux vicaires, votèrent à l'unanimité une messe des lundis de l'année pour célébrer, dans la chapelle du cardinal de Bourbon , l'heureux retour de la famille royale. On a trouvé dans la crypte qui est sous l'autel, le corps du fondateur. Les autres chapelles qui viennent après sont peu remarquables. L'archevêque titulaire, aujourd'hui résidant à Rome, y a fait placer, sous le règne de son neveu , quelques tableaux dont les maîtres nous sont inconnus. Mais l'horloge placée dans le bras gauche de la croisée mérite quelque attention1.
C'est un chef-d'œuvre de mécanique pour son temps, et un système complet d'astronomie en mouvement. Le nom de l'inventeur est écrit sur l'une des parties latérales et sur le piédestal. L'horloge , construite en forme de tour avec les ornemens de mauvais goût du dix-septième et du dix-huitième siècle, est terminée par un dôme. Un coq en cuivre, placé au sommet, annonce
1 Elle fut construite en LVJ8 , par Nicolas Lippius de Bàle ; Guillaume Nourrisson , qui est seul mentionné , y fit des additions considérables en 1660, et Charmy en ajouta de nouvelles vers l'année 1780.
l'heure par le battement de ses ailes et par son
chant. Au dessous, on aperçoit plusieurs petites
figures qui se remplacent à minuit, et dont les jeux mécaniques se répètent toutes les heures au
bruit d'un carillon qui joue l'air de l'hymne de saint Jean : Dieu, Jésus-Christ, le Saint-Esprit, la sainte Vierge, les anges, rien n'est oublié dans cette représentation mécanique des mystères sacrés. Au dessous encore est un astrolabe qui sert à faire connaître la position du soleil dans les signes du zodiaque et les phases de la lune. Toutà-fait en bas est un calendrier perpétuel qui marque le siècle, l'année, le jour, les heures, les minutes, les cérémonies et le saint du jour, les fêtes mobiles et immobiles durant soixante -six ans. Sur le coté gauche de cette horloge est une inscription qui rappelle l'époque de sa construction ; sur le côté droit est un cadran de forme ovale, marquant les minutes, dont l'aiguille s'allonge et se raccourcit en suivant de la pointe la ligne elliptique du cadran.
Ces objets, d'un intérêt secondaire, sont peu de chose à coté des grands souvenirs que fait naître dans la mémoire l'édifice tout entier : une simple notice sur les événemens qui s'y sont passés serait une histoire très instructive et complète. 11 est impossible de parcourir les tribunes et les galeries qui séparent la partie inférieure du sanctuaire et de la nef principale , de leur partie supérieure , sans éprouver mille sensations di-