I. C'était un marin
il ail jamais été fait mention sur le Pont- Royal.
Celte intacte Lucrèce rentra dans les bras de M. son époux comme elle en était sortie, et retrouva dans lui-même un amant aussi tendre, mais moins furieux que le défunt. C'est ce qui a fait intituler cette histoire véritable de Qui perd gagne, par laquelle les dames voient que la fidélité est toujours bonne à avoir, et qu'un amour qui n'est pas en règle touine mal à son auteur. On ne doute pas cependant qu'après les explications indispensables entre eux, leurs premiers soins n'aient été de faire secourir le malheureux qui s'était noyé à leur sujet.
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LETTRE PERSAXE
d'un Monsieur de Paris
A UN Gentilhomme Tvrc
de ses amis
Monsieur et très cher,
PAR rhonneur de la vôtre, j'ai appris ce que vous me faites la civilité de me mander, dont J'ai l'honneur de vous remercier; car il est toujours gracieux d'être instruit de nouvelles pour un quelqu'un qui va souvent en compagnie.
Votre nouveau visir me paraît un fort joli homme, et il ne l'entend pas trop mal : je m'étais bien douté 'car je sais un peu l'allure que les femmes l'avaient porté, car c'est tout de même chez nous ; elles pous-
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sent leurs amis tant qu'elles peuvent, et finalement il n'y a rien de meilleur que d'être favorisé du beau sexe. Je prends la liberté de dire cela, en passant, à vous qui êtes un seigneur des plus accomplis, et qui ne tombez pas dans beaucoup d'inconvénients fort communs chez vous comme ailleurs et partout. Par exemple, nous sommes ici en carême, c'est comme qui dirait parmasan chez vous ; cela a fait un cas dont voici l'occasion :
Une jeune personne de bonne maison, dont le mari était maître d'hôtel chez un sous-fermier, avait, depuis quelque temps, conçu la plus violente passion pour le fils d'un charcutier c'est à peu près comme qui dirait chez vous un marchand de cochonsj. Le jeune homme avait accoutumé quelquefois souvent de porter, en allant donner son mémoire pour compte, un cervelas par dessus le marché, qu'il portait sous son tablier, et qu'il donnait en cachette à la femme, qui était fort sensible à ces petites attentions. Il y a huit jours que le mari, rentrant chez lui plus matin qu'à l'ordinaire, monte à sa chambre ; ce qu'ayant entendu le charcutier ensemble et l'épouse
ACETJES DIVERSE<
turent fort consternés, dont le mari, augurant quelque chose, demanda sur quoi c'était que le monsieur était là-haut ; lequel, sans se déférer du tout, repartit :
M Monsieur, j'avais pris la liberté d'apporter à Mademoiselle une petite douceur pour son déjeuner, > et tout de suite descendit l'escalier quatre à quatre.
Mais, la jeune personne étant hors d'ellemême par son émotion secrète :
« Qu'est-ce que cette petite douceur? dit-il.
— Hélas ! dit-elle, c'est un cervelas.
— Un cervelas! Où est-il ?
— Il l'a remporté, ce dit-elle, car je n'en ai fait que tàter.
— Un cervelas, répondit-il, quand on n'est pas en charnage? On m'en repousse.
— Vous me pardonnerez, mon rils, répondit-elle alors gracieusement ; on en fait pour les personnes dégoûtées. »
Cette fausse monnaie fut prise par le mari pour de l'argent comptant. Il faut conclure de là que l'habileté des femmes est partout d'une grande adresse.
L'autre fois que je me donnerai l'honneur de vous écrire en premier, j'aurai celui de vous faire réponse.
j b 2 FA CE TIES Dl VERSES
Je vous envoie des écrits nouveaux, fort curieux et intéressants pour une personne de votre mérite, dont j'ai l'honneur de me dire, en baisant la main, le...
Réponse par le Gentilhomme Turc
à la lettre persane de Paris
Monsieur et cher ami,
QUOIQUE je ne sois pas connu de vous, n'étant point le gentilhomme turc à qui s"adresse l'honneur de la vôtre, je ne laisserai pas que de vous tirer de l'embarras où vous aurait mis de n'avoir aucune réponse, parce qu'en Turquie les gentilshommes turcs ignorent souvent d'avoir appris à lire ; ce qui fait qu'avec votre permission, je vous participerai quelques pen-
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sées que j'ai faites, en manière de remarques, sur l'ignorance indécrottable de votre lettre. Vous avez pris la bonté de me dire car posez le cas que je suis le gentilhomme turc qui parle , vous nous glissez donc, sans faire semblant de rien, qu'il y a des marchands de cochons chqz nous, dont il y a à cela beaucoup de malice ; car nous voyons bien que vous êtes un critique qui déchire la réputation du beau sexe par un cervelas : vous m'entendez du reste. Or, sachez donc que ce n'est pas ici comme qui dirait à Londres ; car , puisque vous êtes Persan et mauvaise langue à l'endroit du prochain, que ne dites-vous plutôt la vérité du fait? C'est à savoir que dans aucune ville qu'il y a, il y a si peu de police, qu'on voit les jeunes demoiselles dans les rues qui s'amusent à jouer à la fossette avec de petits libertins, malgré père et mère, comme des orphelins abandonnés, et qui, à faute de ce qui en peut arriver de là, ne trouvent plus la leçon de s'établir ; car, pour nous affrioler, il faut faire les saintes nitouches ; et, tout au rebours, elles vous ont l'air d'avaleuses de pois gris : d'où qu'on a bien raison de dire que les parents sont de vrais
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Judas, quand ils ne mettent pas la paille et le blé pour donner une belle éducation à leurs enfants ; car il n'y a que cela qui tourne les filles et qui pousse les garçons.
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