BATAILLE DE CHIENS
dont un mariage est devenu rompu
JE ne sais pas d'où vient qu'on considère tant les chiens, après ce qui en vient d'arriver de nos Jours à un repas sur la paroisse de Bonnes-Nouvelles, le propre jour de la noce, ainsi qu'il s'ensuit. Comme on y mangeait beaucoup, et qu'un chacun, par mégarde, jetait les os sous la table, deux chiens les rongeaient, comme on voit souvent que c'est d'ordinaire la coutume dans les festins, si bien que la chienne, se disputant avec Médor, faisait un diable à quatre, qu'on avait bien de la peine à s'entendre, et qu'on donnait ditîérents coups de pieds pour les faire taire ; ce qui tit que
Suitane marcha imprudemment sur le pied du marié, qui, prenant ça pour un autre, sentit d'atîreuses jalousies qui lui entrèrent dans le cœur. La mariée innocente, qui n'avait marché sur personne, et qui n'en savait pas les conséquences, faisait comme si de rien n'était. Pendant tout ce temps-là, les yeux du fiancé tombaient avec fureur sur son cousin du côté de la mariée, qui, sur ces entrefaites, but par malheur à sa santé, qui le lui rendit, ainsi que la civilité le permet, sans qu'il y eût rien là-dessous. A cet outrage, le sieur Dorimène, je veux dire le marié, que nous nommerons dorénavant de la manière, se jeta sur sa prétendue, lui arrachant sa belle garniture. Sur cette vivacité, voilà tous les garçons de la noce et Madame la belle-mère qui retira sa parole, dont le mariage ne se fit plus. Voyez, après cela, si vous devez mener vos chiens en compagnie.