Histoire de ma vie. Tome 2
La jeunesse allemande, en lTBi, était beaucoup plus malade sous ce rapport truc la jeunesse française. Rallies autour de Voltaire et de Jean-Jactrues Rousseau , nos pistes, enfants alors, créaient la résolution dans leure rCïes, sons avoir conscience de sa marche et de ses résultats, mais poussés par cette fatalité de notre logique nationale. Or, Voltaire et Rousseau ne convenaient point encore à l'Aile-
magne, et c'esl en vain qu'elle se persuade aujourd'hui qu'ils lui cou viennent. Outre que revenir a eux est, dans l'ordre du progrès, tm anachronisme, eet esprit positif de Voltaire, cette iune ardente et troublée de J eau- Jacques n'ont pas ce qui peut satisl.ii.-e la lemlariic a ];i ibis plus enth .-■il si n --le cl plus froide des Allemands '. Te jeune Schiller révéla leur mal , la grandeur et la faiblesse de cette génération, qu'il peignit et agita dans le drame des Urigandi avec tant de puissance et de naïveté. Cette révélation r'nt i-lie/. lui si spor.lam'f qu'il ne s'en rendit pns compte et qu'il ne comprit point son œuvre. Témoin la préface qu'il écrivit en 1781, et qui n'est qu'un mensonge de bonne foi.
Dans cette prtifair. il veut prouver que sa piiaip est fort morale et que le monde officiel doit l'accepte comme une leçon édifiante. Sans doute sa pitre est murait comme tn.it i.v qui t^t sinli vivement, comme tout ce qui est uneride l'âme, plainte ou action de grâce, reproche ou bénéditioii , blasphème Ou priéie - quelle que soi! IV motion aiucre ou tendre de l'âme ainsi agitée, de l'esprit ainsi frappé, le poète rend des oracles où, comme dans ceux des sibylles antiques, l'erreur est vérité relative, et la révélation lietirai leiat.iye, é^altmtnl;
1 La ftiisia: île-; Ml, a.,: ;r.ds va |:ia, loin i|ui 11 r.i ii.. Dan.! l'action il* restent fa .LSTii'-r.-- .1; ■ mis r;ne leur esprit a plus de portée , leur caractère moins de grmfatr.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France