‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 22 sur 85 · CHANTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHANTRE HUITIÈME

bonté de me tirer de ses griffes eu acquittant mon mémoire. Je suis maintenant chez un bon bourgeois on je ne fois pas grund 'chère; mais on vit, et c'est tout ce qu'il faut. Je m'habitue à la bière de Flandre, qui, malgré sa réputation , est détestable. La cuisine allemande ne vaut pas le diable non plus ; nous sommes en France des enfants gâtés pour tout ce qui tient à la vie physique.

,1'ïii L'cimm'ir à la i;o:i]f'-Uïc. ur. rapitaim: iktavalerie qui s'appelle M. l'Ieury. C'est celui que j'ai vu û la Cliàlie élu printemps . rl avec qui j'ai fait dis ur.ni'S. C'est lr Meilleur dira homme.;. ISau.s nous sommes embrassés comme de vieux amis. On a tant de plaisir a retrouver les gens de son pays sur la terri! ctraiiiu'ire! Il c s : cantuiiisé à Mulheim , sur Ta rive droite du Rhin. Il m'a engagé â l'aller voir, et j'irai dés que mou cheval sera arrivé. Je n'ai jn-

per ensemble, et boire a la santé du Berry deui bouteilles de vin du Rhin. Je t'en prie, ma bonne mère, fais savoir a loua ses parents cette agréable rencontre. Dis-leur qu'il est bien perlant , et toujours Tort comme un Turc. — Et si brave homme! — Mais cette rencontre m'a tant fait penser ù toi, que je ine croyais chez nous, et me voilà tout triste !

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Le capitaine Fleury, dont il est ici question, fut en effet un digne homme et un excellent Tnim.r.itr. Soldat volontaire à seize ans, 1] avait Tait déjà tontes les campagnes de l'armée du Rhin en 9S. Il se distingua en as , lors du passade du Danube par Morcau. C'est l'année même, où mon pore l'avait rencontré a Cologne, — A la tète de son escadron, il soutint le choc de quatre escadrons de cuirassiers autrichiens. Cette hrile rtsistaucs donna à son régiment le temps de passer le fleuve. Il fut décoré en 1807, et quitta le service avec le grade de major au dixième régiment de cuirassiers. Snn fils Alphonse Fleury est mon ami d'enfance'.

Ici se place dans le recueil de ces lettres, précieusement conservées par ma grand'mère, une lettre du général d'Harville assez curieuse. Il y parle « ma grand'raére d'une manière toute paternelle de son jeune cliasseur, et lui révèle les dangers dont il faut le préserver. Le premier est le manque d'économie, et il touchait la fort juste, car mon père, avec les plus belles résolutions du monde, avec la naïve conviction qn'll était sage et rangé, n'avait

i Celui-ci a été «ils pnur musc d'opinion , au 3 décembre , aptes l.i .■iiniluiif: la [i .la l i:i.-.:t iHi ■! 'a plus miusre'JSf -on.

CHAPITRE HUITIÈME. 63 aucune prévoyance , et, s* laissant aller a toutes choses et a to'.'.te- peus llvcc u:lc fucijt» u'anisti?, trouva toute sa vie le moyen de laisser des dettes à ilr'rr i- l„i. Je ..Miserai If ilO'.uLl de i" lliii:Uli('S S'.iUS sildiCf , ILij:j[;[:.- t 11 : s 'leeni'ilt lM'!r.-.i!(]lip [le plfef [iniis -e. U-ttrts. i: nV.il poinl (le ('tus qui, en termes de soldai , (.t£«( rfrs :'i leurs pa-

rents. Toujours sincère avec sa mère chérie, toujours désespère :1c nr pouvoir la faire vivre nu lieu eede di : rïa\c par elle, il eatre dans (;e pru mis détails, il fait (le pénildes efforts pour Ici répliquer ce qu'est devenu ce rare et diabolique arj-ent, qui fond dans ses mains sans qu'il sache comment. La crainte de ne pas faire honneur 6 sa parole le décide à se nmfe-er nu (îles li'e, et ses einiiVs-iens sont touchantes. En somme, l'amour filial, la douleur de voir sa nier? s'impo-^: des privations pour lui, la conscience de son honneur livrent de tels ivi-'iluils a-.i Ci'.iseieie i 1 1 - uuc. ï;.i i : il 1 ilu r.i : qu'il tenait :1c sou pére, i:u'i' parvient à être sacr autan', qu'il lui est donne de l'être. En somme, toute sa >ic aventureuse et agitée ne creusa pas un dèfleit hic.:] er?i\i.' dans l'aVance inudesle ils: '.a famille.

Le second avis du général d'Harville est moins fonde fl se livmve souligné d.'i:is -il lMtrc car rn.i ^minière, qc.i prohahlom eut ic trouva fort et muge. . f ui-: 1 : !■<""'? .<">! y-nu? >■/ i<ur<. t,<ut peut ITOpaittrii'i'l h li<:r?rii !a miiuv/iiie compagnie, a

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dl HISTOIKE DE MA VIE.

Quel barbare que ce bon gpnêrnl 1 Aux yeux de ma m-aud'mére, comme à ceux de son fils, il n'était point, j'en suis srtre, de plus rîsible blasphème. Mois clic s'abstint vroi semblable ment de le rapporter à son cher Maurice, et ne lui en envoya pas moins son violon.

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