‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 29 sur 85 · CHAPITRE XlilfVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE XlilfVIÈME

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fin trainosu. — Li-s li.n.miM allemande!.. — la rlwnni- Ili'ssi'. - I.il rt\ <■••. — glace* du lllliu. l.f- l'anuial — [in ilnd burk-»jii>:. — Lo lui=iii.i v.jiiiw. - l'ortraW (il! moi) péri-.— ipprtit ies danif* ùllfninmluS. - I.cbillM Je logrnwnt. — Graw* occupaliiwiî il'S jnmts s™* 'k' lVtrt-miJnr:

LETTRE XXIi

Cologne, l» jaiwiw 1 7î>9 (nivflsf M VIT).

Voila la première fois de ma vie, ma bonne mère , que je passe ce jnur sans l'embrasser! Je vois tous ces bons Allemands , pleins d'allégresse , se réunir, s'embrasser, se réjouir en famille, et moi je sens mon cœur se serrer! J'ai été aujourd'hui chez de riches tu'jiuuiiints q„i sont de la société du général. J'y suis resté une partie de la soirée. Le père était entouré de ses huit enfants. Le fils aine 1 a des talents. Il avait donné le matin une jolie gouache que le hon père me montra avec ravissement. Ln sceur joua assez bien une sonate do Pleyel. La joie et le bonheur

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CHAPITRE NEUVIÈME. 77 lignaient parmi eux. Moi seul j'étais triste. Ils s'en aperçurent et cuni|jritvrii qu'ils nr.r; pp, '■'i ' n I. d'Injreux moments. Ils m'ont regardé avec plus d'intérêt et m'ont témoigne pins d'amitié. Moi aussi, je ne sais commiTit je me. suis trouvé pii.s à l'aise »■« eux. C'était pourtant la seconde fois que je les

Ou a dans ce p-iys-ci 1:11e sorti' de. galanterie inconnue eheinons. Elle ironsisii' . au premier de l'an , a tirer forée coups de fusil sous la fenêtre de In personne a qui l'on veut donner une preuve d'attachement. On lui montre, en l'empêchant de dormir, qu'on ne dort pas soi-même et qu'on s'occupe d'elle en se morfondant dons In rue. Tant pis pour les voisinai J'ai été toute la nuit sur le mjl-vlve, on ne m avait prévenu de rien et j'ai cru les brigands Lin ivés. Mou hôtesse ayant une sœur assez. Jolie, ses adorateurs ont fait toute ta nuit feu de file sous sa fenêtre. D'heure en heure c'était une pétarade qui nif réveillait en sursaut. J'avais cependant grande envie de dormir, car j'avais été ù pied à Mulheim , dans la matinée, po:ir voir rom uniment. J'ai été trouver le quartier-maître, qui m'a reçu on ne peut nv.-:' \ 1 1 m'a mené ehey. ];■ .'lu iM'i .ivnlun. Ci' (Minier m'a comblé de politesses, et m'u reconduit jusque dans in rue. Ils vont venir ù Dust, qui n'est séfaré S.

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:s ilTSïnilli; LIE MA ME.

de Cologne que par le Rhin , et m'ont engagé à y venir souvent dîner avec eux. Le reste du régiment va arriver ces jours-ci, Il est retenu encore par les glaces qui couvrent le fleuve (lu côté rte Dusseldorf. Yn:li-.irt's-tii pas le hasard heureux qui me ramené, nu moment où je m'y attendais le moins, dans la division de Cologne? On n'aura pas à me reprocher d'avoir toujours été ubsent de mou régiment.

Tu es tout émerveillée, ma lionne mère, rie la considération que te donne auprès de certaine? gens le titre de mère d'un défenseur de la patrie. Mnis tu as pénétré le vérilabte motif. Ils voient que Je puis revenir avec armes et bagages, et qu'il ne faut

Tu m'as fait bien plaisir en me disant que la limonade te réussissait. Voilà donc enlîa quelque chose de lion pour toi I En ce cas, que le diable emporte imite la pariétaire, In doradillr fit Vui-u tirri, et que le ciel nous envoie des citrons ! Adieu ! ma bonne mère, sois confiante et heureuse, ne souffre pas : voilà le vœu que Je fais pour toi tous les Jours de mu vie. Je t'embrasse de tonte mon

Je snuhaile au virtuose Deschartres des amateurs sourds et muets qui ne puissi-nl ni l'enti mire ni le critiquer, et a la citoyenne Roumier, ma respectable

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CHAPITRE NEUVIÈME. 79 bonne, des sentiments un peu plus rèpvhlkaim. Bis-leur à tous deux que je les aime.

LETTRE Xxm

Colorie, m nivôse sa VII (janvier 179;.),

I* général m'a fait inviter à clincr par

M. de Caula incourt. Il m'a fait parler de Jean- Jacques Boosseaa , de ses aventures avec mon pire, et m'a écouté de façon ù me tourner la tête si J'étais un sot. Mais Je nie tenais sur mes gardes pour ne

M. D];r-i-snt:[ rriuitiH'i'nt i:n traîneau nuuiLi-

flque représentant un dragon or et vert, traîné par deux chevaux charmants. Je montai dans un autre avec Caulainctmrt ; mon camarade lehussard rouge , me voyant sortir de table et monter dans lea traîneaux du général , ouvrait des jeux gros comme le piiitiÇ. Il croyait rfvpr. Le gênera! ciuirnit la -ville en traîneau pour faire ses invitations a une grande partie qui devait avoir lieu le lendemain. Il voulut que je le suivisse dans toutes ses visites, et cher, madame Herstadt, en la priant de laisser sa fille venir à cette partie, il se mil en plaisantant à ses

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genoux en lui disant: Souffrirez-vous, madame, que je reste longtemps dans cette posture, en présence de mes aides de camp et de mon ordonnance le petit-fils du maréchal de Saxeï — Les dames (invitent de grands veux, lie comprenant urohiiblement pas que je ne fusse lias t migré.

Le lendemain il y eut ane course superbe. On l.virlit i. ■ In iii.iii.'n iln L'i'iitTu! à 'i.v lit ir< • 'I '. snir. Tous les plqueurs étaient à cheval avec des flambeau! de sis pieds, Il y avait quinze traineaui. La musique du 23" régiment, habillée tout en rouge et galonnée en or , courait devant en jouant la charge. C'était vraiment beau. J'étais dans la cour a. regarder les traîneau* et les chevaux : le général vint les inspecter et me dit : a Vous allez venir avec nous, et de 14 vous viendrez au bal qui suivra, u Jl est vraiment très-aimable avec moi, et il le serait encore plus s'il n'était flanqué de son Caulaincourt. Mais celui-là est un intermédiaire qui refroidit tout. Monsieur u ses petites intrigues dans la ville, et monsieur est jalous. L'autre jour je m'étais avisé de dire que mademoiselle P... est fort jolie. Et voilà qu'à l'instant même Je vois sur sa ligure qu'il est Inquiet, et le soir mfmc je vis qu'il lui avait donné la consigne de ne pas danser avec moi. Il n'est pas généralement aimé, il s'en faut de beaucoup. Je ne le crois pourtant ni sot ni méchant, mais il est im-

CHAPIIHE NEUVIÈME.

possible de vair un homme plus cassant, ni d'entendre une voix plus sèche et plus désagréable. Lorsqu'il travaille avec les secrétaires, il reste seul avec eux des journées entières sans leur rien dire. Arrive-t-il un chat, il affecte de leur donner ordre, sur ordre et de les réprimander comme des galopins. Depuis deux jours il me fait pourtant beaucoup d'amitiés at 11 m'appelle Dupln tout court. Mais cela ne durera pas, Il a l'humeur trop fantasque.

Adieu, bonne mère, que ta dernière lettre est charmante I

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