CHAPITRE SEPTIÈME
un grade on dans un ('tj'. -iuiij il 1 i;iiî (Lui- les rangs uveutdes du sinifile soldat. — Eh bien, a-t-il dit, c'est vrai , et il faut parvenir a un poste honorable. Cependant tl faut commencer par etra soldat, et voilà ee que j'imagine pour que voua le soyez le moins longtemps et le moins durement possible. J'ai un nmi intime, eolonel du 10 e régiment de chasseurs ;i liu'i.d. Il liL-t enli'U' dans Sun ■■tp'incnl. il sera enchanta de vous avilir. C'est un homme (l'une riiii-saiicc aMreftiii il'uitrr. Il mus L'u i : , IiIiit. d'amitié. Vous resterez simple chasseur le temps li.'ici'Sh.iïiT |i. ■m vi-'UK ['■"■!■ l'i ■ ll'iinci dans réqui talion. Ce colonel est sur lu liste des généraux. S'il est nommé, à ma recommanda tien il vous appnic'imi de su personne; s'il ne '.'o-t lias, je ™ L . fuis cuircr il uns le çcuie. Mr,i$, quoi qu'il p.v.s-r r.rrivrr, voi:s ne devez aspirer à aucun i;-ide que vous ii'aiCi rempli les conditions prescrites , c'est dans l'ordre. Nous saurons allier la gïoiro et le devoir, le plaisir de sciv ir tn natrir livre eehit et :rs luis de In justice et de In raison, a — Voilà à peu près mot pour mot son discours.
Eh bien, maman, qu'en d s-tu? Il n'y a rien à répondre à cela ! n'est-ce ;ms beau d'être un homme, un brave comme la Tuur d'Auvergne! ?ie fant-ll pas acheter cet honneur-là par quelques sacrillces , et voudrals-tu qu'on dit que ton fils, le pctlt-flls de Ion père Maurice de Soie, eut peur de faire une
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f:uii[Ki^]n .' L:i carrière fit e,,ner(i\ l'aut- I préfère-
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devoir? Et puis, Il n'y a pas que crin. Son^c, maman, que J'ai vingt uhs, que nous sommes rui. iilIs, qua j'ai une lançuc carrière à parcourir, lui aussi, Dieu merci! et que je puis, en démunit i|iu:]qiu' chose, :.f rendre a!) peu (;e l"r.isi:nfr. •(; as perdue. C'est mon devoir, c'est mon ambition. Jit-aurnoijt est conte rit (1: nie iu: t C.-.n> ce., idets-]:'i. Il dit qu'il faut en pienilre son parti. Il est bien évident qu'un homme qui n'attend pas qu'on l'in-
de droits ii la bienveillance et à l'avancement que celui qui s'y fait traîner de force. Cette cunduite ne
M.TÏ1 (in. ji;)]iri:U'.i.: par lr.. por..ne.Mes ce J n>: 1 1 rlîl'R'?
elles auront grand tort, et moi je désapprouvera] leur désapprobation. T.aiswiis-les iiire, elles feraient mieux de m'imiter. J'en vols d'autres qui font plus que moi les patriotes et le» beaux Titui, et qui ne te sentent pas du tout presses d'aller rejoindre le drapeau.
On croit peu ici à la paix, et Benumont ne me laiiîtille. pas rlu tout d'y compter. M. de In Tour d'Auvergne m*» di/'i pris en arai-ie. Il o dit a Beaumont qu'il aimait mon air calme, et qu'à la manière dont je lui avilis répondu il avait senti en moi
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CIIATOHE SEPTIÈME.
vu dans mon bcriu moment I mais enfin on peut i-.wiir mi; il de mor-if-r 1 s-1 ='i ; il ne faut que l'occasion, Sotro fortune est renversée : fuut-il pour crin, nous laisser iibiittre? N'est-il pas plus beau de s'élever sur ses propres rêver.; que de tomber par su faute du faite des hauteurs où le hasard voua avait
mais toi, tu n'auras pas honte d'être la mère d'un Insu- ?i.il:Hil. Lii-nifcs sr:l iri's-l/fii Oi-ii/ip.ir.réi rr,n;nl.-nav.t , I..* i>J"Jj..-ji:i-s wi.t Ions ui'jis île ciérilr . n'aie donc pas peur. Il ne s'agit pas d'aller se battre fout de suite, mais de passer quelque temps au* études du manège. Ce sera d'autant moins désagréable que tu m'en ,is fait apprendre plus peut-être qu'on n'en a à me montrer. Je n'ai pas besoin de me vanter (le rein, mnis V ne Forni point un i.ppmitissage qui compromette mes OS ni qui prèle a rire but assistants. Tu peux , du moins, être bien tranquille là-dessus.
Adieu, maman, donne-moi ton avis sur toutes mes réflexions, et songe que du ehagrln de notre séparation peut résulter un grand bien pour nous deux. Adieu encore, ma bonne mère, je t'embrasse de toute mon Ame.... — Ahi voilà le jambon qui arrive dans un état admirable. Non» allons l'entamer a dtner : il sera parfait. J'ai été hier aux Ita-
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;n ;i.?roinr m; ma vif-:.
Liens , j'allais oubliée de te le dire ; on donnait Zoraimeet Gulnare, sujet imité de Gâtante* de Cor Joue, La musique est d'un goftt très-nouveau. C'est de l'arabe vu a travers M. deFlorian. En somme, e'est très-joli. Martin et Ellevlou y chantent admirable, ment. Chenard fuit un ge.ltler mulâtre, il est épouvantable, et, comme toujours, il fait pouffer de
l'cntr'acte, ayant vu Rodier et fo famille arriver ù la gnlerle , j'ai été , sans faire semblant de lien , mu planter derrière eux, et pendant qu'ils causaient je me suis mêlé de leur conversation. Ils furent bien étonnés, et se retournant, lia me virent. Ce furent îles rires et des c\trfivagauees pour tout le reste de la soirée. En sortant , je sens dans le vestibule quelqu'un qui me saute sur les épaules. C'était d'Aubajun. a Ehl bonjour! Eh! bonsoir! Ehl mon omil Eh ! mon camarade ! » N'ous nous sommes aperçus que nous donnions le spectacle aux spectateurs, et nous avons été prendre une bavaroise ensemble.
— Je présente mes hommages à ces dames. Incessammeat je mettrai la "tain à la plume pour
témoigner ti madame de la Mnrllére combien
d'.iiiînnt pliJi q.:e fiilin suffit 1 elle- verra l'.e
mon style. Je fais des vaux pour que mademoiselle Fnnny Fasse au reversi de plus grands progrès
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CHAPITHE SEPTIÈ31E. 17
que moi. Je fn-s miser ma Ijome, j'crc,lv\-ssc llcschnrtres et je l'engage. a mettre un peu plus de colophane A son ;ue'::et pour piid-r les roiiœcj et les riquiquit. Allons, ris donc, mn bonne mère !
I.n vr ries çi-aiL.Js iif)îi:nicK modestes est inédit:' en grande, partie. Combien de mouvements admirables n'ont en pour témoins que Dieu et la conscience I La lettre qu'on vient de lire cri offre un qui me pénètre profondément. Yoiln ce In Tour d'Auvergne, le premier grenadier de France, ce héros de bravoure et de simplicité, qui, peu de temps après, parti; lui -mène carmin sinise soldat quoique ses cheveux hlanes ne lui rend: -seul pes la nouvelle loi applicable. Il faut rappeler cette aventure, que plusieurs permîmes on" peut-être oubliée.
line faveur spéciale du gouvernement, en récompense d'une vie glorieuse, de partir comme simple soldat pour remplacer l'entent de son ami. Il part, il se couvre d'une gloire nouvelle, il meurt sur le champ d'honneur, suris avoir jnniais voulu accepter aeenne rOfo-ipeusc, aut'.ine diLnire!... Kh hier,! \nil;ï cri homme, avec de tels sentiments, avec le
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ïi HI.-TnlKJ-; liiî M\ ViE
projet arrêté déjà peut-être de se fnlre conscrit {à cinquante -cinq ans) à la place d'un pnavre jeune bnmme. , qui se tvonve eu présence d'un autre jeune homme , lequel lim ite devjnL lu. nécessité de se faire soldat. Il examine attentivement cet enfant gâté qu'une mère craintive vomirait soustraire aux rll^uîMir^ de la d.scip.iri'j cl mit dan^eri ■.!( la in-. Il interroge son regard, son attitude. On sent que s'il découvre en lui un lâche cœur il ne s'v intéressera pas et le fera rougir d'être le petit-fils d'un illustre mililn'iv. Mu .'s un mol. r.n retard rie ivt enfant lui suffisent pour pressentir en lui un homme, et tout aussitôt il le prend en amitié, il lui porte avec dnueeur, il condescend, par de généreuses promesses, à la sollicitude de sa mère. Il sait que toutes les mères ne sont pas des héroïnes; il devine que celle-là ne peut pas adorer la république, que ce jeune homme a été élevé avec des délicatesses infinies, qu'on a de l'ambition pour lui, et qu'on nu saurait prendre pour modèle l'antique dévouement d'nn la Tour d'Auvergne ; mais ce la Tour d'Auvergne semble ignorer la sublimité de son propre vole. [[ m lirï si peu de vanité qu'il ne h: rappelle, pas aux autres ; il n'exige de personne le même degré de vertu. Il peut aimer, eslimer encore ceux qui aspirent au bien-être et aux honneurs qu'il méprise. Il entre dans leurs projets, il caresse leurs espérances, il travui lera n les réaliser, tout comme
CHAPITRE SEIT1ÈÏIE. 29 ïr i.nil -.m ho mr-t- uiiliiuiri' i|ui app-ttifrait les doncrurs de la vie cl sourires Je la fortune ; et, comme s'il se parlait a lui-même, pour amoindrir son mérite à ses propres yeut r-t pour si- préserver de l'orgueil , il se résume en disant : Ou peul caur-'ier t'a tjloirc ff rïi-i/m'j', pkiiir de servir sa patrie avec éclate! les !:::! la jus'.[;e ci de la tii.'Sùi:.
Pour moi, ce langage bienveillant et simple est trois fois grand, trois fols saint, dans la boucle d'un héros. Ce qu'on voit, ce qu'on suit d'une vie éclatante peut toujours être imputé à un secret raffinement de l'or^ic-il. (Vc si dans- le détail, c'est dans les faits insignifiants en apparence qu'on saisit le secret de la conscience humaine.
Si j'avais jamais doute de la naïveté dans l'héroïsme, j'en verrais une preuve dans cette douceur du premier grenadier de France. Tout antre a sa place eut fort bien pu dire à mon pere : a Mon enfant, vous êtes du sang de Maurice de Saie, moi je suis du sang île Turennc ; vous sortez du nid où une tendre mère voua h doucement couvé, moi j'ai blanchi sur les cliam;n <!;■. liaTailU: et je compte plus île ireiiïe ans de services ciïretirs ; je crois dmie quimon existence est aussi plieuse t|ue la votre; pourtant vous craignez d'être forcé de devenir soldat, et mai je vji; l'éirc i':v r::on piùpiv innm i-nu'iil . Dites cela a votre mère, e' réfléi'liiswz-ji un peu pour votre compte. »
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HISTOIRE m MA VIE.
'.'.<'. ianaice eut utë fut! s;t«, I' ' r t k"iL'.iirie el Siiv.i réplique. Eh bien ! Il ne vint pas il l'esprit lie la Tour d'Auvergne de se proposer en exempte et d'établir une corn pa roi son qui pût foire rougir la jeune liomme. Délicat et généreux, Il devina ce qui se passait au fond dn cœur de ce pauvre enfant ; il vit lu lutte que son ardeur juvénile livrait a l'amour filial, à la crainte de désoler une mère adorée. Le vieux soldat eut lui-même un instant le cœur d'une mere pour cunsoler et encourager cet enfant auquel il semble qu'il eût voulu pouvoir oter les épines du
Mon père n'analysa point cette conduite touchante, du moins il ne le fit pas en la rapportant à sa mère. Mais il est certain que son entrevue avec cet homme qui avait commandé la colonne infernale, et qui avait un coeur si tendre et uu langage si doux, lui Ht une impression profonde. Dès ce jour son parti fut pris, et il trouva en lui-même un certain art pour tromper sa mère sur les dangers qui allaient environner sa nouvelle existence. On voit déjà qu'en lui parlant d'études de manège , il cherche û détailles. Par la suite, on le verra plus ingénieux encore à lui épargner les tourments de l'iiquii'iuik'., jusqu'au moment où, blasé lui-même sur lïmotion du péril, il semble croire qu'elle se soit habituée aux chances de la guerre. Mais elle n'en prit jamais son
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