CHAPITRE SKI
<m y trouvera dos circonstance» sb^ilicros et qui révèlent une époque unique daus l'histoire :
j Près île l'église des Carmes , â la Châtre (actucl- » lement le théâtre de la Mairie), s'élevait, au min lieu du jardin des Carmes, le logement de ces » i-elLiM'iix, bilmicut vaste et gritnJiosfi (liélrnil » entièrement en 1816). A l'époque de la révoluo tion, longtcnip. aprts la 'V ni: c" tire ils: l'église, la » SmitU populaire, eorrespon liant sue la Société » des jacobins , choisit pour le lieu de ses séances le
» solives, ex de lïmlrfs di.rnant SJ r k jar-
» ..lin avec poil;: riVr.tr..> à prsui; di::iï. Ilniis iVAv ■> salle ou construisit dos gradins pour asseoir les as- » sistnnts, probablement :i.-ssi pruir ligurtr Ni Mon- » ti^in'. .Mnis l'^niplavemnit de ers !!;-ariius i:c. d-éb passait pas le tiers de la salle. On apporta la chaire a de l'église des Carmes et elle fut placée au fond h du la salin pour smir de l-lbum; ai;x ]]rirai:g:irs, n Le populaire envahissait le reste de l'espace, se » tenant debout, et les jours de décade ou y dansait, n La réaction tb-niiUoricniii arriva, puis le Di- » rectoiit. On respirait, on je mariait, on voulait » rire et s'amuser. Une société dramatique se cona stitna. Ij salle du réfectoire des moines, c'est -âs dire le club avec ses gradins, fut choisie pour la o construction du théâtre. On enleva la chaire, et o le théâtre s'avança à la place; en face, derrière le
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lii M.ijKMKli W. VA ML-
» mur auquel s'adossaient les gradins, un immense » escalier conduisait nuï dortoirs, qui étaient dc- « venus les bureau* de différentes administrations, u Sur le premier palier de cet escalier, on perça une » porte qui entrait directement sur le haut des gr,i- ■ dins. Ce /ut l'nitrir des /îruniiVTÈS. Le parterre et ,i l'oivlicatre uca. pen '.! r.iLtun.l!t"':iT.t l'en['f.n' li'-lr o libre entre les gradins et le théâtre.
A côté du réfectoire s'étendait l'immense cuisine » des carmes. Ce fut ie foyer et en même temps In o loge des acteurs ; des tapisseries suspendues sépa-
j Pendant le cours des représen talion s, M. Lrso Chartres demandai venir s'adjoindre à l'orchestre o avec son élève SI. Maurice Dupin , alors âgé de dixa huit a dix-neuf ans. L'année suivante M. Dupin dr- » sira quittrr l'orchestre et faire partie de la troupe, a 11 y eut grand débat, et, chose étonnante, ce o furent les dames qui se montrèrent réaù. irivmLe?. o M. Duv émet était, comme ami, le partisan naturel » du postulant, et la majorité des hommes se rangea « à son avis. La foelion féminine fit beaucoup de » bruit, se récriant contre le grand scigncar : mais , » quand on fut au scrutin, ou s'aperçut que celle o répulsion n'avait pas influencé les votes. On voj) tal rive-;: dit luniunts lila::.v> ;iu hji.sio.
d M. Ilupin, admis, apporta sa fougue de jeub nesse, ijui déroula plus d'une fois les traditions
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CHAP1THH SEPTIÈME. 17
I li<ssu[ia-.. du dmvtnn'. M. IjL'I.il-.iniilie pérc. TLufiii
de la difficulté du principal raie et (le la mise en scène fut adoptée. C'était Robert, chef de brigands. M. T>upin se charge» du rôle de Robert, et dirigea la mise en scène. On fit de non veaux décors, nn i nrégimenta des comparses, et les soldats de Robert furent des Hongrois -Croates qui étaient en
l'r.irci- curliiie [1 ri •(:■>■. nii/i'-iili 'Pierre et CjV.i -\ J.iui! <'■'.(■ cntit.iriiifï ii la Châtre. On [n;r fiiisait simuler lin eoi"li;.l. Ou le 1 :- lie r'.i:n p:-.-n 1 1 :t ,]u':i eiés lu lia'.iiiUe [s di'iainii paraître blessés; ils se coneerli'ivr.t si bien et ils y mirent tant de conscience , qu'à la représentation on les lit sortir de la mêlée boitant tous du même, pied.
II I.:: e.j.-tuine de \U>:ii-n nnnsislaiL l'ii une. pelisse de hussard attachée au eou par une agrafe de
iliiie Is. un |i:ii]t:i[i:i! eipll.iul rouée, .im- eî'nttire
en laine remplie d'une effroyable garniture de pistolets et de poignards, des holles Louis XIII, un : 1 1 1 1 1 :■ I manteau ci lui ne ruuge bordé de martre, un bonnet de fourrure. Maurice du Mold.i ( le
M. Delatouehe père, était revêtu d'un habillement uni moins i'iu i?.i\ : l:;ib".t Louis W. , 1 u un H-;,i] de satin blanc bradé d'argent. id:me courte, bas de soie, échorpe et chapeau à la Henri TV. Madame llnve-nel. (Sophie; avait une robe à ipieiio son-
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if. iiih][iini[ h; ma vu;.
» long voile blanc tombant jusqu'à terre. »
Ainsi mon père, chef de hrigauds sur les planches d'un théâtre où les rouines avaient fait chère
mondait à des Hongrois et à des Croate prisonniers. Deus ans plus tard il était fait prisonnier luimSme par des Croates et des Hongrois, qui ne lui faisaient pas jouer la comédie et qui le traitaient plus rudement. La vie est un roman que chacun de nnns porte en soi , passé et avenir.
Mais au milieu des irrésolutions de ma grand'-
meuse loi du -2 vendémiaire an VIT (î3 septembre iTPflJ , proposée par Jourdau, et qui déclarait tout Français suldat par droit et par devoir pendant une épocrue déterminée de sa vie.
La guerre, endormie un moment, menaçait d'é- (dater de nouveau sur tous pnints. La Prusse liésitait dans sa neutralité, la Hussie et l'Àutriehe armaient avec ardeur. Noples enrôlait toule sa population. I/armée française était décimée par les
mit à exécution sur-le-champ eu ordonnant une levée ir d.'„\ cuiit niU" rimsi'i-its. M»:i prre avait vingt aos.
Depuis kn «temps son nrur lmnili.wil il'irrpn-
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LilAHIÎlE ^Fl'IlKiiE. i" tience; l'iimciion lui pesait., le jnmo ht>i:'.oic s'agitait et faisait des vœux pour qu'un gouvernement jiuiïe, comme disait sa mère, lui permit de servir. Il faisait bon marché, lui, de la stabilité des choses.
son unique cheval , il frappait du pied eu disaut : u Si j'étais militaire, j'aurais k droit d'être cavalier; je prendrais a l'ennemi des chevaux pour la France, au lieu de me voir mettre à pied comme un être, inutile cl faible. » Sait iiisiirkt aventureux et e'-.evaleres.nie. scil sé.'uethii .les idées tieiivclles, soit insouciance de tempérament, soit plutôt, comme
tachait à lui prouver qu'il n'y a pas de gloire vérilalili à survir une msiirai'jc ™«, il n'iisr.il pas discuter, mais il soupirait profondément et m: disait lilut lias mie tniiti'. eause est. [mii-ie pourvu (ju'oil lit
son pays à défendre et le joug étranger k repousser. Probablement mil graud'mcre le sentait aussi, fur elle O'.bi irait beaui'.mip les grands (kits d'armes de l'armée rcp'.iblietiine , et i lie e'iiie.aissait Jemmapes et Vahny sur le bout du doigt, tout aussi bien queFontenoy et l'ancien Fleuras : mais elle, r e pouvait ironrilier sa logique avec l'effroi de perdre son
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unique enfant. Elle l'aurait bien voulu voir pourvu d'un régiment, à condition qu'il n'y fuirait jamais do guerre. L'idée qu'il pût un jour manger à la gamelle et coucher en plein champ lui faisait dresser
très; si calme dans les dangers personnels, -i pusillanime pour les dangers de ceux qu'elle aimait. Quand j'étais enfant, elle m'endoctrinait si bien au stoïcisme, que j'aurais eu honte de crier devant elle eu me faisant du mal ; mais si elle en était témoin, c'était elle alors, la chère femme, qui jetait les hauts cris. Tout* sa vie s'écoula dans cette contradiction touchante; et comme tout ce qui est bon produit quelque chose de bon , comme ce qui vient tin cttur agit toujours sur le cceur, sa tendre fiti- !■: iïc vjiv (liii'iii* si" i- fit?=. i-v fi.nlï. u:i i'.ïct contraire à celui ou tendaient ses enseignement». On puisait plus de courage dans la volonté de lui épargner de la douleur et de l'effroi en lui cachant de petites souffrances, qu'on n'eu aurait peut-être eu si elle n'en eût pas manqué en les voyant. Ma mère i ii.iL iuiit 'm ! . - r i > :■ : m - . - . Iludc ;ï rllr-iiii'un: -.-t jin ;r.itns, clic iniji: le fii-édcux sanf-fraid, l'admirable présence d'esprit qui apportent le secours et inspiinit. In [\infiimc.'. f>3 ik'i.x fretins d'.i^.r son! htmn"« :,]-.;i:ri.'im(>itf['.ir.:.-ritr .l'r m^irslerrifru opposas
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CHAPITRE SEPTIÈME. Si D'où l'on pourra «inclure tout ce qu'on voudra. Quant â moi , je n'ai pas trouvé In théories applicables dans l'éducation des enfants. Ce sont des crfatures si mobites , que si on ne sf fait pas mobile comme rites (quand ou le peut), elles vous édiapjj'.'iiï à chaque lic.ne <lo Imr i!..'n']ri[!]»'rin'nt.
Mon père avait été appelé a Paris dans les der-
fl . dans les prcniei'ï jours ii<: l'an \ Il . t:u 1 Lu U:: , : , i- 1:<!i l"i ir la roiisnipllun liut If àa ]■■.■■:■[■ .l'un dir.e fl.vlriqu? Pl. tlfi'Mf:" de sa vh\ J di [ a^iv. imlif u-/. Ifr^italitiiis Jf :a niLTf [:'. Wi srvrct.s désirs (If l"f iii'inil. Je le laisserai maintenant parler lui-même.
LETTRE PREAUERE
?;irn ilrit-: (.■■('■■ d„:-.s l.-.i iliTr,[i :s j.ir.r- .1* l'an VI (septembre (79s). Parts.
A LA CITOYKÏM (il.PIS , \ MflrMÏT.
J'ai enfin «eu une lettre de toi , ma bontio wrrr, Klle a mi, li-.ilt jours à faire la rente , ça ne laisse pas que d'être expéditif. Que tu es bonne de me regretter I Ainsi tu crains que je réussisse et que Je ne réussisse pas? l'alternative est singulière. Quant ù moi. Je suis assez tranquille sur les affai-
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i£ ]i:-Ttl]liL. V.K VlK.
rcs de iamille que nous avons sur les bras. De cela je m'occupe avec Beaumoiit, ne le tourmente pas. Nous nous en tirerons. Mais quant aux événements, h'- iiif[iii''U,..leri :■;(.■ cl-.iis ri lient ; ma pauvre maman, sois courageuse, je t'en prie. Il est impossible, sous aueun préteste, de s'esempler de la dernière loi , et
irnr (Tendre 1 1 " = i : 1 1 1-.= c.c ennip ijiir (Uns l;i diisse Jcs officiers. Les institutions publiques, telles que l'École polj technique, le Conservatoire du niiisiqiii', et*., ont rei-ii ordre ile iTinl rnt- 1 Li« juii-mi clèvc c-;j— ipris dans la première classe. Ainsi, tu le vols, il faut servir, et il n'y a aucun moyen de n'être pas soldat. Br;iu::u>nt a lii.ppt il toires 1rs prirtis , et partout OU! : Il (' 'i'piili-1'. Ou m 1 r:iiii:r.--:iei' puis pi'.r l'Ire officier, on Unit par la, si on ]>eut. Beaumont eonnait tout Paris, il est particulièrement lié avec Barras et Bewbdl. Il m'a présenté au brave M. (le In Tour d'Auvergne, qui par sou intrépidité, ses tacs temps ci. Après m'avoir examiné quelque temps avec beaucoup d'attention , il m'a dit : Ett-cs que le pelit-filt du maréchal tic Saxe aurait peur défaire une campagne? Ce mot-là ne m'a fait ni pâlir ni rougir, et je lui si refondu : .Vmi etrtainemmt , en l<! regard lit. t !>Lkii ra I'iiit. Et puis j'ai ajouté : « Mais j'ai fait quclqnts c" t.i i c : e- - . je [mis acquérir quelques talents, et je croirais servir mieux mon pays dans
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