‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 47 sur 85 · LETTRE XXXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXV

Cologne, le * OoiV-al.

Enfin, ma bonne mere, j'ai revu les murs et les remparts de Cologne. Ce n'est pas sans peine, vu] Ils août pour moi ce qu'est la terre pour le pilote après une longue et difficile navigation. J'aurais autant aimé avoir une Cette à ramener au pnrt, fine ce chcviil de malheur à l'écurie. Eniin l'y voici ,

me voila à pied comme au départ, possédant cent francs lie moins et une douleur de plus au genou. Je crois que c'est un rhumatisme, c'est comme si j'avais une jambe de bois; mais Je serai bientôt remis et guéri aux bons poêles de Cologne. Parli de ayee mes douze livres, j'ai réussi a arriver à Cologne, après soixante-trois lieuesde marche, avec vingt-quatre sous dans ma poche. J'ai logé par billets de losemeut , tantôt passablement, tantôt moinj /■l'.a. J'iilï.-iis eiitivLor men l'i.ui'rviïe il;ir,s les rna-

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gasins, Je le rapportai» sur mes épaules, Je pansais mon cheval, Je te soignais comme un petit enfant; je me nourrissais à la hussarde avec du pain, du fromage et de la bière; je dormais par li-dcsu» du sommeil des anges, et tout cela n'était pas le diable.

Au reste, le bonheur, mon compagnon fidèle, m'a fait tomber surquelques bons giles. A Saint-Trond, j'ai couché dans le lit du général Lacroix. Mes hôtes, gens riches et aimables, m'oot offert un excellent souper, que j'ai eu la philosophie d'accepter. A Ai* et à Bergbem, j'ai rencontré des habitants de Cclogue qui m'ont fait les honneurs de leurs villes. Enlln les plus méchants grabats et les plus dures fatigues m'ont fait encore moins de peine que ne m'eût fait de plaisir l'argent de ce bon M. *". Il me semblait que je me serais ovill eu l'acceptant.

Il 6ût ici un temps superbe; je passe subitement de l'hiver a l'été, de la misère à l'opulence, de l'écurie au salon; et, quoi que tu en dises, ma bonne mère, je ne sens pas trop l'écurie. Panser un cheval est la moindre des choses. Il ne s'agit que d'avoir un vttement ad hue, et, ma foi, si un peu de ce parfum-là s'attache a notre personne, nos belles n'ont pas trop l'air de s'en apercevoir. D'ailleurs il faudra bien qu'elles s'y accoutument. Si nous fai^m? campagne pour tout de bon, nous sentirions encore plus mauvais. Permets-moi de te dire, ma bonne mère, que ton idée d'augmenter ma pension pour que je

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