‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 53 sur 85 · La ban · texte numérisé non relu

La ban

* fut ensuite

visiter le cliatcou. C'est une imitation de Versailles. Les nppartements délabré* ont encore de beaux plafonds peints 4 fresqne. L'escalier, très-vaste et trèsclair, est soutenu par des cariatides et orné de basreliefs. Mais tout cela, maigre sa richesse, porte l'empreinte inefficace du mauvais goût allamand. Ils ne peuvent pas se défendre, eu lous copiant, de nous surcharger, et s'ils ne font c[uc nous imiter ils nous singent. J'errai longtemps dans ce palais avec l'oflkiec de chasseurs, qui est, ainsi que moi, passionne pour 1rs arts.

Puis nous «mes rejoindre la société dans leparc, et, après l'avoir parcouru dans fous les sens on proposa une partie de ballon, \011s étions sur une belle pslouse entourée d'une futaie magnifique. If faisait un temps admirable. Chaton, habit bas le nei on Pair, l'œtl line sur le ballon, fanalmtlx h runvi, lorsque les préparatifs, du banquet arrivèrent du fomj d'une ■ombre allée. La partie est abandon-

. '.. Les petits piiés sont dévot* avant d'eue posés sur la table. 4 la lin du cite, qui fut entremêlé de Mes et de te

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cm me chargea de graver sur récurée du gros arbre n.ui avait ombrage notre festin un cor de chasse et un sobre avec mon chiffre au milieu. A peine eus-je fini, qu'ils vinrent tous mettre leurs noms autour avec cette, devise : o II emporte nos regrets, e On forma un cercle autour de l'arbre, on l'arrosa de vin, et on but à la ronde dans la forme de mon schako, qu'on intitula la coupe de l'amitié,

Comme il sa faisait tord , ou m'amena mon cheval, on m'embrassa avant de m'y laisser monter, on m'embrassa encore quand je fus dessus, et nous nous quittâmes les larmes ani yeui. Je m'éloignai au grand trot, et bientôt je les eus perdus de vue.

Me voila donc seul, cheminant tristement sur la route de Bonn , perdant à la fols amis et maîtresse, aussi sombre à la fin de ma Journée que j'avais été brillant au commencement. Décidément cette manière de se quitter en s'étuurdissant est la plus douloureuse que je connaisse. On n'y tait point provision de courage, on chasse la réflexion, qui vous en donnerait. On s'assied pour un banquet, image d'une association éternelle, et tout * coup on se trouve seul et consterné comme au sortir d'un rêve....

En arrivant a Bonn, je trouvai un jeune homme, secrétaire d'un commissaire des guerres, que j'avais connu â Cologne, il me mena promener le lendemain a Popeldorf, autre ebâtenu de rélecteur, et aux eaux de Gottcsberg. C'est nn paradis terrestre.

ciuriraE ONZIÈME. , S j Tic retour tt Bonn , nous visitâmes le palais que l'ileeleur abati dons (rite jolie petite ville. Les jardins sont délicieux : des eaux limpides, des allées d'orangers, d'où l'on découvre le Hhfn et les montagnet clunt il baigne Je pied. Ces beau* aspects ne me consolèrent pas, mais Ils adoucirent l'amertume de mes pensées. Le lendemain, pour me rendre à Coblentz, je côtoyai le Rhin , bordé dons toute cette partie du rochers menaçants et de montagnes coupées à pie. Plusieurs jolies Iles sortent du sein des eaui comme de* bouquets. La route est varice et offre des tableaux imprévus k chaque pas. Ici un monastère , là un village, puis des troupeaux, des flottes de gros bateaus à voiles, plus loin des retranchements et îles redoutes.

Arrivé à Coblentz, j'errais au hasard dans les rues, lorsque je rencontrai le frère du commissaire des guerres chargé du service d'Ehrenbreitstein. Belle occasion pour voir cette fameuse forteresse dont on parle tant aujourd'hui. Bons renouvelâmes connaissance, il m'emmena dîner cheï lui, et au coucher du soleil nous montâmes ou fort. Figure -toi, ma bonne mère, Pélu» entassé sur Ossa, l'ouvrage des Titans, en un mol. Jj 'énormes rochers couvert..; rie bastions hérissés .le deux cents bouches à feu ; des magasins de bombes et de boulets, des quartiers de pierre placés à toutes les pentes, et destinés a écraser les assaillants. Sur le plateau du rocher est une

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)5i HISTÛTRB DH HA VIF.

tour entourée de huit rangées de remparts d'où l'on découvre Collent! & vol d' oiseau, et le Rhin comme un ruban qui entoure le rocher. Jamaia cette place n'avait changé de maître. Nous sommes les premiers qui nous en soyons emparés. Je me suis détourné de quatre lieues pour la voir, et je n'y ai pas regret.

Tu es étonnés de la quantité de gens qui me connaissent ; ma foi , je le fus aussi hier soir. En traversant une de ces gorges de Hunsruck où l'on descend comme dans des précipices, Il faisait presque nuit : l'épaisseur de la fort* augmentait l'obscurité, lorsque, passant è cote d'une birouchte, je m'entendis appeler. Je me retourne et je voia, à coté d'une jeune femme, un officier que j'avais rencontré plusieurs lois au bal a Cologne. Nous voila d'entrer en conversation et d'admirer le hasard qui nous fait foire connaissance au milieu des hais, pour nous réunir ensuite dans ce séjour épouvantable, car tous les enfers de l'Opéra ne sont rien en comparaison de ces gorges. Ce ne sont que forêts il pic, noirs torrents ou plaines arides. Enfin, après nous être souhaité mutuellement un bon voyage, nous nous séparâmes, et j'arrivai fort tard à un ramassis de chaumières appelé Kaiserlich. Oh ! c'est bien là, ma rhere mére, que je t'ai bénie encore de m'avoir fait apprendre l"allemand! Je frappe à tontes les portes Les habitants mettent le nei a leurs lucarnes; mais,

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CI1AHÏHJ! OKZIËJJË. w,r> à la vue de mou uniforme, ils se renferment et se biimeadent en toute bâte. Ils ne noua logent que quand ils ne peuvent faire autrement , et ont peur dd nous comme du dUble. Quant i mol, J'aurais autant aimé coueher en plein air que dans ces baraques. Mais mim pauvre cheval, qui n'est pas encore parfaitement remis de sa maladie, était à m,ii- '.ir. [juirt de (,ii[[t et île. f;.:i. J'imaginai iliiii'.' r;e me fstre passer pour un hulan , et , gagnant l'autre irv.mml.' [lu vil'up.', j'y niiiiuni'c l'iirrir..' (1rs f : - 1 ■ l: pea impériales. Jo forge des noms allemands, je pu ii- (if M. {■:. i'ol ■iii l bai'uink'SlioiniiC] <;■, i;u j,H je ne sais plus qui, et un bon paysan m'ouvre sa lir.rre cl nous rwoit , mon ctieval et moi , avec braucoup de respect. Il se sert détrompé ensuite si bon lui semble, c'est sou affaire. Je suis parti à la pointe du jour. Je l'écris de Leuchstrat , je serai demain h Tirèves. Je verrai dans peu le général Harvilla. Il doit venir à Tbionvllle passer sa revue. Il m'a fait Isa adieni les plus aimables, m'a Indiqué où je devais lui écrire, et m'a promis d'écrire pour mol nu quartier-maltra et au commandant du dépôt. Adieu, ma bonne mère, je t'embrasse , et je me remets en. route.

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(55 HISTOIRE DE Mi VIE.

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