‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 58 sur 85 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

flikm ville, S') supssiiior .m VII (juillet <isi)

Si j'avais su lire, «lit Montaudcl, il y a dis ans que je serais brigadier. Moi qui sais lire et écrire, me voilà, ma bonne mère, exerçant met tanctioaa après avoir été promu a ce grade éclatant par les ordres du général, et a la tète de ma compagnie, qui, alignée et le sabre en main, a reçu Injonction dem'obéiren tout ce que je lui commanderais. Depuis ce jour fameux je porte deux galons en chevrons sur 'es laïincheï. ,);■ suis clief rlV-riiiuiIe, :.'>.t-:i-:lii c de vingt-quatre hommes, Ct Inspecteur général de leur tenue et de leur coiffure. En revanche , je n'ai plus un moment a mol. Depuis six heures du matlu jusqu'à neuf heures du soir je n'ai pas le temps d'éternuer. A six heures le pansement jusqu'à sept heures et demie. A huit heures la manrein rejusqt'S onze heures et demie. A midi l'on dinc. A deux lucres m ciisiïsii.t: aux rnnscrlts il seller efà bride:'. A lr;>is l-.euivï ir |mii. 5 ciui iiI jii-ii'.ià ..juaît-r lieures et demie. A cinq heures la manœuvre à pied jusqu'à sept heures et demie. A huit heures on soupe. A neuf heures Je dernier appel, A dix heures

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CHAPITRE ONZIEME. K.3 1e très-fatigué, et le lendemain on re- ■l. I . ;i i . us le iiiiJi i'hr. je Mii. ,],■ ,! : ,■■.,],. ^ c'est-à-dire qu'il me faut aller au magasin des quatre heures du maliu pour foire distribuer l'avoine aux chevaux el le jiain nux hommes. Enfin, depuis neuf Jours que j'ai l'honneur d'être brigadier, je n'ai pas eu un seul instant pour t'écrfre. Heureusement voilà ma décade qui finit, et je ne serai plus si écrasé. J'ai (ni m Mpfj a la tète de .si. cha.sseu-.s l'omi'.iiir [II-, conscrits (|ui sV'iiicnt fâches jiuur se so.istrafce a li'ii:- *■■!■[. .1. m ',irv,!aui I Vs e'n,, ■

traîner par les oreilles. Mais tes pauvres diahles à pied , dans la poussière , par une chaleur affreuse , mu faisaient peine. [Vous les conduisions devant nous comme un troupeau lie moutons , et ils étaient si tristes I Je leur ni rendu le trajet le moins dur possible , en les menant au petit pas et en les laissant s'arrêter quand Us étaient fatigués.

le ne te dirai rien de Metz; les fortifications sont superbes, tti les connais. Mais ee que tu ne «on-

nous. Mes chasseurs étaient logés dans une grande et belle maison. Pendant qu'ils mangtaieui leur pain et leur viande du magasin , Us demandèrent h boire. On leur apporta un seau d'eau au milieu de la chambre, et on ne voulut pas leur donner un

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comme des animaux. Le pins ancien des cl pril le seau et le Jeta au nei du cuisinier de la maison, qui l'avait apporté et qui n'en perdit pas une goutte. J'arrivai au milieu du tapage. Le cuisinier y o dirait et me porta sa plainte, mais, les deux parties entendues , je lui donnai tort pour sa grossièi-clé cl t'engagcE! à sp.dcr son eau ou fi chauler de vêtements.

Il parait que le général se compromettrait en m? donnant un plus rapide avancement, et malgré les instances de Beurnonville , il a eu bien de la peine à se décider à me fairenommer brigadier. 11 a écrit au commandant Dupré de lui en faire la demande, et Il m'écrit fl moi que c'est sur cette demande qu'il m'a nommé. Qu'il veuille faire croire nui autres que ce n'est pas lui qui m'avance, a la bonne heure; mais qu'il veuille me le persuader à moimême, quand je tiens la lettre de Beurnonvllle qui me l'annonce, c'est un peu fort. N'importe , je suis brigadier. Mais tu vois que ce n'es! pas encore s. IVciSiî de fair.- le [irrnie- ras. l.a humpftif. sonne , adieu bien vite, ma bonne mère. Ici on n'attend

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