LETTRE XLI1I
rhionville, 55 Hiermîdnr (aoOl 05).
Je crois, ma bonne mère, que je ne t'ai rien tlit de la cliétive ville de TMouville. Les fortifications sont très-bel!; 1 ; et tris- savantes. L'intérieur tic la ville est assez bien liàli : mnis c'est d'un petit! Ou l'ai", le leur dus ri'iiiijiirls en srpt mi-unis. La -oeié'i' s'aasETiilile tous tes dimsnche; (liez un M. Guiot, parent du coniniLinànnt. C'est ee qu'on opin-lle ici, comme a la Cnûtre, la première société. On y volt quatre ou cinq h ■urnes assez plies, force vieilles ixn'.nles , tri.il-? mi i[-.;j'.re ■j-iii debili urs île r tavelles, et dcn\ jeunes gens a tournure provinciale, qui, depuis le jour de leur naissance, ne. sont im sortis des murs de leur cité. Je leur conte des M- :ines et il::s i \ \ -.: i ri i ■. ■ ^ ij-j'ils uva en: fie Icut leur
Il j a ici une coutume fort bizarre. Lorsqu'il meurt dans une fi. mille ur. gmvun ou une flllo au- ■ les^olls de seize ,i) : ? , <j ■;>•,:; :»e n.nrlout fiLI>u:-s no l'enilerre ; mais ici c'est en riant. Puis ou asser.ljle tous les aoi-s el: par: on leur donne un. griind dîner où L'on boit tant qu'on peut. C'est liien comme cela
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iOS HISTOIRE DE MA V1Ë.
chez doî paysans du Berry, mais ce repas opris l'enterrement s'explique par la nécessité de faire manger ceux qui viennent de loin, et a quelque chose di jiatiijrcal. li.'i l.i M-.itnmc a quelque l'hiise lIl- sauvage; on est gai, il faut l'être, et après le repas on danse toute la nuit ; Je ne l'aurais pas cru si Je ne Lavais *:i mes t'em jt.;n liif. C'était ilnus la fami'ili: (l'un «urûutnicr. I' y a eu Lui et autrui ilfl bruit et de gaieté que pour une noce.
Les officiers île la garnison ont donné dernièrement un bol fort joli auquel j'Eii élu invité par toril. Comme j'y ai fait quelques entrechats et gambades, je passe ici pour un Vestris, et j'ai donné du pied apparemment dans l'œil d'une très-jolie dame que je lorgnais déjà depuis quelque temps et qui ne faisait point attention à moi. J'ai ouvert auprès d'elle la tranchée durant ce bal , à la laveur de l'estime que mes rigodons m'avaient acquise. Mail eureusemeut je n'ai nus un instant de loisir pour faire l'agréable , je suis toujours après mes chevaux et mes soldats. Le peu de liberté qui me reste, je l'emploie à étudier la théorie des manœuvres et à apprendre lus commandements, afin de ne pas faire de bévues quand j'ai un peloton à commander. Penser à autre chose ne vaudrait pas le diable, et, par nature, je ne suis que trop distrait. L'autre jour, par exemple, on me dit d'aller me placer à la droite de l'escadron , je ne sais quel diable j'avais dans l'esprit , je vais
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CH.iPITI'.lî [JNZTfaTE. IM directement me pl;ioer a la gauche. Heureusement l'officier était occupé de wd coté, ou distrait pour son compte, je m'upiT- Ui avant lui île n:;i sottise, et J'eus le temps du la r£[ircr.
Mou grade de brigadier m'exempte de panser mon cheval, mai; ju n'j uagne rien pour mes bi-
ble pourtant qu'on devrait se faire -vite à celles qu'on est i'oree :l'!;]i|:ieu(lrr. La ilisnplis-.u i-sl tirs-sévère , et malgré la douceur de nos officiers, la subordiiiliI .ou est piivluUo. L'esprit c'e corps est excellent. Oc déteste les bai finis H. les laiseurs de motions, Le service se fait nie: 1 oliélssance , promptitude et respect. Sous les armes, nous sommes maintenant i-iiii-.im: de.- l'rjtsii.iis. \ |:roj:oi lits Pi'asSk-iis , so.i.;tu qu'il n'y a pusile cupirul Srkitiij qui Bit une plus
une fausse, attachée a«c de fausses nattes; mais rocs cheveux ont repoussé, et aujourd'hui ma queue m'appartient. Je porte toujours les cheveux coupés par-dessus l'oreille, poudrés a blanc, la queue à .1. niv pou.c- :l< I. '.Me ; a::r.ifn. hontinrié imhi;]'..' un porte- manteau , et la canne à la main , c'est un des «tliibuts et avantages île ma charte. Qui m'eût dit,
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il j a un an, que je serais un cporalSeMij.MI y a un an j'étais prés de loi, ma bonne mère, il )■ n presque un an que nous sommes sépares I A cette
dresse que Je nr letnis c:-.: ud je sue l.iis.u:? el.Iif eomme un grand en fui. t. rr >i'-|.^:-,îi ii-n est douloureuse, mais je me devais .1 moi-même de faire ijuclqws efforls pour sortir de cette vie de déliées où mon insouciance et un peu de paresse tiutureile m'auraient rendu existe. Tu m'niraislant que lune t'en serais peut-être pas aperçue. Tu aurais eru , en me voyant accepter le bonheur que tu me donnais, qui. 1 1.1 il ");irjli.' ii ri lui était 1111,11 (.■ [■, r;i^e . el 'nv.rr.is
voir. 11 a fallu que je fussï arraché h ma nullité p.-Tdrs c:ri'oi:ïlarif.os e\VriexTs t -: iinjin ii n..'. . il y a eu duos tout ce'a un peu de la destinée. Cette fatalité qui brise les Aines faibles et eraiulives, est le salot de. m:.t :jui l'am'nleiit . Christine lie Suéde avait pris pour devise : Fata viam inventant, s Le s .i".>tim ijiiiMi\t issrale. n Moi j 'aime eiieuru oiieux l'urtu-le de Rabelais: fiuatnt cok>.ttmfata, noknlem Irahunt. a Le; destins conduisent cevx qui nu- 1ml, et ttiiimr,! ceux qii: rùistexi. :> l':i verra- .|iie celte crinière est la mienne. Dans une révolution ,
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CHAPITRE ONZIÈME. ™ ce sont les sahres qui tranchent le! difficultés, et
]li:< ^ \f;'lfi. ;.1K [iriJCS S' -'CI! 1 : ï: 111 (: m i pOU - ilOfltllllT
les conquêtes pnllosoptlqncs; nos sabres auront raison. Voltaire et Bon. Beau, tes omis, ma bonne mère, ont besoin maintenant de nos lames; qnieût dit a mon pe.re , lorsqu'il causait avec Jean -Jacques, qu'il Buvait un Jour un Dis qui lie serait ni fermier général, ni receveur des finances, ni riche, ni bel esprit, ni même très- philo 50 plie, mais qui, degré autant que de force, serait soldat d'une république,
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je m'en vais faire il;>n:i;r l'uvaiiie et enlever ce qui en résulte.