‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 69 sur 85 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

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- Passage du Saint-Bernard. — le fort de Dard,

LKTTUE XLVII

Année itu Danube, 4< division.

Changement de face dans mes affaires. Heureux hasard ! Fortune fait souvent plus que prudence, ■voilà mon refrain , ma bonne mere, et le sommaire de ce que je vois te raconter. Il y fl huit ou dix jours (lue lï liiisiin'i ri't- fit l'tre d'orduniHiiK-e [>n's du général de brigade Brunei. Je fus avec lui au quartier (î!'ii(-r:il iii' Sùl.l!, iiil .111 i.liln' i.i..;in[ me lil rCI'.i'Diltrer le général Mortier, que j'avais vu à Cologne chez le général Har ville. H me reconnut, quoique de fort loin et à travers une fenêtre. Maulnolr, qui

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CHAPITBE TFEIZIÈME. 10G était alors au quartier général avec un détachement de son régiment, Jut dit que j'étais depuis deux jours pris du général llrunet, et lui raconta comment j'avais desobéi au général Harville. De sorte que, pendant le diner, on parla de moi, et le gé- ])('■!"! I M.ii ! : ..-[- j ;>[):■:! au km: i-.il Hnuto qui j'elitisct

appuya eu ban camarade sur mon éloge, dit que je possédais parfaitement l'allemand , et fitst bien qu'eu sortant de table le général Brunet me fit demander et me dit que nous ferions la campagne ensemble, que je n'aurais pas d'autre table que [a sienne, qu'il me demanderait au chef de brigade, et qu'en eas de refns de sa part, il lui signifierait impérativement qu'il me gardait près de lui ; que ma cou naissance de la langue allemande lui serait très-utile, et que s'il avait su plus tût qui j'étais et comment je m'étais conduit, il m'aurait traite tuut d'ahord comme je le méritais. Enfin, après force remerciments de ma part et discours honnêtes de la sienne, nous remontâmes Unis a clip val ft.rt cm i toits les uns des autres. 11 fit en effet au chef de brigade la demande de ma personne, et celui-ci s'y étant refusé sous prétexte que l'ordre du régiment exigeait qu'on relevât tous les di*. jours les hommes détachés, le général lui écrivit assez sèchement qu'il ne connaissait dans sa brigade d'autres ordres que ceux qu'il donnait, et qu'il me gardait. Je suis fâché que les

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choses ne se soient pis arrangées j l'amiable : i ai' si le général changeait lie division, peut-être, par pique, le chef de ligule me l'ivli.meraît-il. Je ne. doute pourtant pas que sou refus ne vienne de l'intérêt qu'il me porte, à cause des recommandations dout je suis l'objet auprès de lui. C'est le cas de dire : Chargei-i-ous de mes amis, car il serait fort que, par la protection de deux généraux de division, je fusse forcé de rester daus la compagnie, centre, de toutes les misères et de toutes les fatigues. Je ferai mon possible, je t'assure, pour n'y pas rentrer; car, malgré ma résolution de tout souffrir plutôt que de manquer il mon devoir, je préférerais beaucoup faire la guerre avec un général. Je me moque après tout de la table et des douceurs de la vie ; mais la guerre, quand on est ainsi au courant de toutes les opérations de l'armée et de tous les mouvements de 1 " h.- i ■ c i 1 1 1 ■ , ilevii'ul iUr osante comme un art , comme uno science , et vous donne des émo- Ikms qu'on L'L.ci-d i.i:.it t-n vain ilstii v.u nia iitif r.t où l'on est transformé en machine iiiinlelllgente. Enfin , je voudrais la fleur du métier , je ne suis pas difficile.

J'ai été avant-hier en parlementaire chez les Autrichiens avec l'aide de camp du générale! un trompette. Sous nous sommes avancés sur les bords du llliin en sonnant des appels pour éviter qu'on ne nous campât quelques coups rte canon. L'officier du

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