Histoire de Madame Barat
sont pas les principaux titres qui recommandent sa mémoire. L'ouvrière nous a paru encore plus grande que l'œuvre; et ce qui témoigne pour elle, ce qui attire vers elle, c'est le reflet de sainteté forte, simple et tout aimable, dont cette figure a laissé l'ineffaçable souvenir.
Aujourd'hui de nouveaux signes de cette sainteté éminente ont changé ce souvenir en une sorte de culte. A peine M™^ Barat eut-elle disparu qu'on étudia sa vie, on s'attacha à ses traces, on recueillit ses paroles, on retrouva son âme dans d'innombrables lettres qui la faisaient revivre. La piété filiale entourait déjà sa tombe, et consacrait religieusement tout ce qui venait d'elle; des grâces multipliées , des bienfaits de tout ordre, des interventions extraordinaires redoublèrent la confiance. L'Église s'en est émue. Elle s'est demandé alors si cette lueur blanchissante n'était pas le lever d'un de ces astres bienfaisants que « Dieu, dit l'Écriture, a placés dans dans le ciel pour éclairer la terre* »; et voici que, procédant aux premières informations , elle a commencé de recueillir, à Paris et à Rome, les plus précieux témoignages, en attendant qu'un jour, peut-être, il lui plaise de composer, de tous ces rayons épars, une auréole de sainte pour l'épouse de Jésus-Christ.
Grâces soient donc à Dieu! Notre siècle si égaré n'est pas déshérité de la première de toutes les gloires : celle do produire des saints. Le Père
1 <i l'osuil stellns in (iriuamoiilo ul lucerenl suiier krraiii. ■> Goii. i, 17.)